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Quant à M. Poiré, il était curé de Saint-Joseph de Lévis, et ne remontait, que pour peu de jours, notre rivière. On avait recours à lui à cause de sa connaissance des langues sauvages qu'il avait apprises au Nord-Ouest.
Nos deux voyageurs partirent donc ensemble pour leur premier voyage au Témiscamingue, le 22 mai 1839 ; et ils rentrèrent à Montréal, le 10 septembre suivant, après des travaux couronnés de succès.
L'année suivante (juillet 1840,) M. J.-B. Bourassa fut adjoint à sos deux missionnaires, et il monta avec eux jusqu’au Grand- Lac.
En 1841, M. Moreau eut pour compagnon un prêtre de Québec, M. Payment, lequel était chargé d’une mission impor-" tante. En effet, après que nos missionnaires eurent remonté ensemble jusqu’au lac Témiscamingue, ils se séparèrent ; et tandis que M. Moreau redescendait l’Ottawa, M. Payment, accompagné d'un jeune sous-diacre, M. Olscamps, poursuivit sa route par le nord-est, explora successivement les sources de l’Ottawa, de la Lièvre, de la Gatineau et du Saint-Maurice, visitant les sauvages qu’il rencontra, et alla par ce dernier cours d’eau, débarquer aux Trois-Rivières.
L'année 1842, les sauvages furent visités par MM. Moreau, Poiré et Olscamps.
En 1843, M. Moreau emmena avec lui, dans le haut de la rivière, le Père Duranquet, un des jésuites récemment arrivés au pays. Quel était l’objet de son voyage? Nous l’ignorons. Ce qui est certain c’est que Mgr. Bourget comprenait mieux que jamais l’urgence qu’il y avait de confier ces missions à quelque congrégation religieuse. Il s’adressa alors aux Oblats, qui acceptèrent, comme on sait,la triple charge des sauvages, des chantiers et de Bytown.
L'année suivante (1844,) fut la dernière année des missions de M. Moreau. Ce vaillant missionnaire allait être, (1845,) nommé curé des Cèdres. Il partit accompagné de M. Môrrisson, futur curé de Saint-Cyprien, et sans doute du Père Laverlochère, (4 mai 29 août,) lequel venait, au nom de sa congrégation, visiter, pour la
première fois, ces missions qu'on lui confiait et dans lesquelles il allait user sa vie,
Le 12 mai 1845, le Père Laverlochère partit avec le Père Garin* pour le Témiscamingue et l’Abbitibi. C’est de cette époque que datent ces grands et fructueux voyages qui ont rendu son nom si célèbre, dans les annales des missions catholiques contemporaines. En 1846, le Père Laverlochère, accompagné, cette fois, du Père Clément, construisit une chapelle au lac Abbitibi; il rentra à Montréal, le 25 août, après deux longs mois d'absence.
En 1847, l'intrépide missionnaire, laissant au Térniscamingue le Père Clément son compagnon, s’aventura, pour la première fois, jusqu’à la baie d'Hudson et visita les deux forts de Moose et d’Albany où les commis de la compagnie lui firent un bon accueil. Il revint triomphant, mais écrasé sous le poids des fatigues.
La création du diocèse de Bytown allait donner à ces missions, comme à tout le reste, une organisation définitive.