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PAROISSES ET MISSIONS DE LA VALLÉE DE L'OTTAWA

Nos renseignements sur cette partie de notre histoire, sont: extrêmement confus ; les documents nombreux que nous possédons sont souvent contradictoires et peu dignes de foi. On ne saurait croire avec quelle facilité varient les récits des témoins oculaires, et se forment les légendes, dans un pays et dans un temps où les hommes étaient plus soucieux ‘d’agir que d’écrire. Les premiers missionnaires n'avaient point de registres, ou les tenaient peu régulièrement. Toujours en course, plein de zèle pour le salut des âmes, ils manquaient un peu d’exactitude administrative. Nous ne leur en ferons point un reproche, et nous passerons rapidement sur cette période de huit années.

* A.-Marie Garin, Oblat, né le 7 mai 1822 à Côte-Saint-André, Isère, France ; arrivé en Canada le 10 août 1844 ; ordonné à Longueil le 27 avril 1845 ; missionnaire du Saguenay et de la baie d Hudson : mort supérieur de la maison de Lowell, le 16 février 1895.

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En Ontario, de 1840 à 1848, il faut noter tout d’abord, les progrès accomplis dans les missions du Rév. M. McNuity. Pendant les années 1843, 1844 et 1845, ce missionnaire, voyant l'immigration irlandaise affluer dans le comté actuel de Renfrew, se mit à visiter les familles disséminées sur cet immense territoire, et construisit, en troncs équarris, les premières chapelles de Mount Saint-Patrick, de Renfrew, de Douglas, d'Osceola et d'Eganville. La chapelle de Sand-Point date de la même époque.

Osceola, alors Snake River, avait été visitée pour la première fois, en 1842, par Mgr. Phelan qui marqua lui-même l’emplacement de la chapelle que, tôt après, le P. McNulty éleva. Ce prêtre eut vraiment pendant neuf ans, de 1843 à 1852, une tâche prodigieuse à accomplir et tout-à-fait au-dessus des forces d’un seul homme.

La mission de l’Orignal prenait aussi rapidement de l’importance. Les canadiens des comtés voisins, de Soulanges et de Vaudreuil, envahissaient le bord de la rivière, depuis la Pointe- Fortune, en passant par les moulins des Hamilton, jusqu’à la baie de l’Orignal. Les catholiques commençaient même à s’enfoncer dans l’intérieur des terres et formaient d'importants noyaux de population dans les cantons de Caledonia et de Plantagenet.

Le comté de Russell n’était encore que légèrement entamé. C'était par Cumberland que se faisait la trouée.

Dans la province de Québec, la mission de Grenville avançait lentement. Les catholiques de ce canton et de Chatham (Saint- Philippe) avaient à lutter contre une active colonisation protestante, et ne gagnaient que pas à pas du terrain.

À Montebello, les côtes de la seigneurie de la Petite-Nation commençaient à s'ouvrir, et les colons montaient dans cette partie qui devait former, bientôt, la paroisse de Saint-André-Avellin.

A Buckingham, M. Brady ne donne qu’une fois de ses nouvelles. Il écrit à l’évêque de Montréal* mars 1842, ‘‘qu'il y a dans sa mission six cents communiants, occupés, l'hiver aux chantiers, l’été aux moulins et aux coupes de bois de MM. Bigelow et

* Archives de l'archevêché de Montréal.

Bigelow et Bowman, soit à Buckingham, soit au Bassin. Il fait, deux fois l'an, la mission à Lochaber (Thurso) chez un M. Galipeau, et à quinze lieues environ sur le haut de la rivière aux Lièvres (Notre-Dame de la Garde). Chacune de ces localités comptaient une dizaine de familles.

L'èglise de Buckingham était située près de l’ancien cimetière, de l’autre côté de la voie ferrée. M. Brady habitait un peu plus bas, dans une maison achetée à ses frais, mais trop éloignée du village.

Le curé d’Aylmer était M. Désautels. Il eut pendant quelque temps un compagnon, M. Boisvert, mort curé de Roxton, en 1854, qui ne fit que passer (1841.) 11 desservait régulièrement les églises d’'Aylmer, de Chelsea, de la Gatineau, et visitait les fidèles disséminés dans la vallée de la Gatineau et dans celle de l’Ottawa jusqu'aux Chenaux, où commençait la mission de M. Moreau.

En décembre 1841 il écrivait à Montréal* que la chapelle du Portage-du-Fort n'était point encore commencée. Quelques semaines après, le 10 janvier 1842, il ajoutait : ‘‘ J'apprends que l'on compte de trente-cinq à quarante familles catholiques dans les cantons réunis de Bristol et d'Onslow. J'espère que bientôt une chapelle s’y construira. J'ai fait crépir l’église d'Aylmer ; je vais y faire placer des bancs. Je pense entrer, la semaine prochaine, dans mon presbytère. L’addition commandée par Votre Grandeur à la chapelle de Hull (la Gatineau ou Chelsea?) avance lentement.” Quand: il est présent le bon ordre y règne. Malheureusement,

pendant son absence, on y voit se renouveler les exploits de :

Bytown. Le canton de Masham commençait à se peupler à cette époque. Le premier colon de Sainte-Cécile de la Pêche fut un jeune homme, Ovide Bélanger, qui s’y établit avec sa mère et sa sœur. D'autres le suivirent, Pendant quatre ans, de 1841 à 1845, M. Désautels donna, de temps en temps, la mission dans la maison de ce M. Bélanger, qui devint son factotum et son remplaçant. Il reçut même le consentement de mariage de Magloire Morrissette et de Zoé Racine, mariage que M. Désautels bénit plus tard.

* Archives de l'archevêché de Montréal.

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