ANNÉE
\ fs Irlandais Total k Population Canadiens, Catholiques. Catholiques. Protestanta, totale. 3,438. 1,989. 5,427. 5,060. 10,487.
Comme on le voit, en 1851, les protestants formaient à peu près la moitié, les canadiens le tiers, et les irlandais le cinquième de la population de Prescott ; nous verrons avec quelle rapidité ces proportions se modifient au profit des catholiques.
Le comté de Prescott, voisin des comtés français de Vaudreuil et de Soulanges, dans le Bas-Canada, était, d’ailleurs, admirablement situé pour recevoir le trop plein de leur population. Ses terres fertiles, couvertes encore en grande partie, de forêts, invitaient les çolons à s’y porter. Les moulins d'Hamilton, à Hawkesbury et le commerce de la potasse, aidèrent beaucoup les premiers défricheurs. (
Pour faciliter au lecteur l'intelligence de ce qui va suivre, nous diviserons les missions du comté de Prescott en deux groupes : le groupe de l’est avec l’Orignal pour centre et le groupe de l’ouest, autour de Plantagenet. Maïs auparavant, examinons rapidement quel était l’état du pays en 1848 à l’époque de la première visite de Mgr. Guigues à l’Orignal.
Un seul prêtre, missionnaire pour tout le comté de Prescott, et même pour une partie du comté de Russell, résidait au village de l’Orignal, Les villages et les concessions établies se succédaient en étapes, de l’est à l’ouest, dans l’ordre suivant : *
1° Pointe-Fortune.—Ce village servait de frontière au diocèse. Les dépendances de la maison du juge McDonnell, dans le Bas-
* Nous avons puisé nos documents aux sources les plus abondantes : rapports des curés à l'evêque, à l'époque de sa prise de possession : rapports des visites pastorales ; correspondance entre l'évêque et son clergé, et parfois, pétitions des paroissiens ; enfin les notes de messieurs les curés du diocèse,
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Canada appartenait au diocèse de Montréal, tandis que son habitation, située dans le Haut-Canada, se trouvait sous la juridiction de l’évêque de Bytown. De la Pointe-Fortune aux moulins de M. Hamilton, aujourd'hui Hawkesbury, on comptait une centaine de familles catholiques, répandues dans la campagne, à.Saint-Eugène, et près du lieu appelé la Chute-à-Blondeau.
2° Hamilton ou Hawkesbury formait un village fort ancien, peuplé d’une centaine de familles catholiques, au service de M. Hamilton. Cet industriel, riche et généreux, était à la tête d’une des plus importantes scieries du Canada, qui donnait de l’ouvrage en été, à huit ou neuf cents ouvriers.
3° L'Orignal.—Ce village également fort ancien relativement, comptait une cinquantaine de familles catholiques, plus pauvres en général que les protestants. Le commerce du bois, après avoir fait sa fortune, était tombé, et semblait avoir entraîné l’Orignal dans sa décadence. Les terres des environs se vendaient trop cher pour encourager l'immigration. Toutefois la plaine dite de la Baie, à peu de distance du village, où se trouvaient d’excellentes terres, étaient déjà toute entière occupée par 35 familles catholiques.
4 Caledonia.—Petit village en grande partie protestant. On y trouvait 23 familles catholiques, établies sur des terres fertiles. Ce village n’a pas prospéré.
5” Saint-Charles.—Concession à trois lieues au sud de l’Ori-
gnal et à deux lieues et demie de Caledonia ; presque exclusive-
ment catholique. Une centaine de familles.
6° Plantagenet.—Ce canton comptait également une centaine de familles catholiques, dont plusieurs possédaient de belles fermes. Il y avait à Plantagenet une chapelle et un presbytère. Les troiscinquièmes de la population de la seigneurie de l’Orignal étaient catholiques, mais les protestants, en général, étaient plus fortunés. Le juge et tous les avocats du district étaient protestants. On ne comptait que trois écoles catholiques : une à Caledonia, une autre à Saint-Charles, une troisième à la Baie.
Ces notions préliminaires exposées, étudions maintenant en
particulier chacune des paroisses ou missions, en commençant par l'Orignal.