LES ÉCOLES. — LES FRÈRES
Les frères des écoles chrétiennes, dont nous n'avons point ici à faire l'éloge parce que leur renommée est répandue dans tout l'univers, arrivèrent au Canada le 7 novembre 1837. Dès 1846, le Père Dandurand, curé de la cathédrale, écrivait à Montréal pour avoir des frères, mais sa requête renouvelée ensuite presque chaque année, restait toujours sans effet, faute de sujets, tant était grande la demande de ces religieux dans la province de Québec.
Enfin, en 1864, Mgr. Guignes et le Rév. John O'Connor, alors président des commissaires d'école, obtinrent qu'on leur envoyât sept frètes pour prendre la direction de l'école de la rue Murray (5 novembre 1864). Le supérieur de la petite communauté était le frère André qui continua à la diriger jusqu'en 1880. L'évéque avait fait bâtir sur la rue Saint-Patrice, à l'extrémité du jardin de l'évêché, un petit logement en pierre pour ces religieux.
En 1870, l'ancien édifice du collège, coin des rues Sussex et de l'Eglise, que Mgr. avait loué à la garnison, fut organisé en école, sous le nom d'école de la Salle, et les frères vinrent y établir leur résidence. L'école de la Salle fut achetée en 1890, par les commissaires, pour la somme de huit mille piastres.
En 1873, fut fondée l'académie, école supérieure et payante, qui était destinée à réunir les meilleurs élèves des autres écoles de la ville Le cours d'études commerciales donné dans cet établissement était très estimé. En 1878, cette académie fut transférée de l'école la Salle, dans une maison de la rue Queen. Il est grandement à regretter qu'elle ait été abolie en 1882.
Le 10 septembre 1877, fut fondée l'école Sainte-Anne. Le 17 septembre de la même année, fut établie l'école de la paroisse Saint-Patrice. On ne saurait exprimer les services que les bons frères ont rendu à la jeunesse d'Ottawa, Nous raconterons plus tard par quelle ingratitude leur dévouement a été récompensé.
Pendant que les écoles de garçons s'org-anisaient et prospéraient ainsi sous la direction des frères, les sœurs-g'rises poursuivaient, parallèlement et avec le même succès, la tâche difficile de l'éducation des filles, et se chargeaient successivement des écoles, chaque année plus nombreuses, que l'accroissement de la population obligeait à fonder. Elles en ont onze actuellement sous leur conduite.