L. J. Papineau
J. B. DUMOUCHELLE.
P. A. xArchambault, Prêtre.
F. X. Baillargé, Clerc.
J. Dessaulles.
M. A. Fortier, Viger.
J. J. GiROUARD.
J. Bruneau Papineau.
R. Ch. Papineau.
R. j. KiMBERT, Chirurgien.
Joseph Papineau.
J. Roupe, Prêtre-missionyiaire.
Voici ce que nous dit le Répertoire du Clergé sur le premier missionnaire de Bonsecours : J. B. Roupe, né à Montréal, le 9 janvier 1782, fils de Samuel Roupe et de Marie Josephte Clocher, ordonné prêtre le 27 janvier 1805, agrégé à la Compagnie de Saint-Sulpice, le 21 juillet 1813 ; mort à Montréal le 4 septembre 1854, à l'âge de 72 ans et 7 mois.
En 1827, M. Roupe reçut de Mgr Lartigue, administrateur du district de Montréal, la mission de visiter tous les catholiques du Haut-Ottawa et de donner l'instruction religieuse à toutes les familles qu'il découvrirait. Ce fut pendant ce grand voyage qu'il planta des croix à Buckingham, à Aylmer et à l'île des Allumettes, marquant les emplacements des nouvelles chapelles. Il s'arrêta aussi sur la place des Rideaux.
A son retour, il fit un rapport détaillé de son voyage, auquel ses contemporains font allusion, mais que, malheureusement, nous
n'avons pu retrouver. Le ministère de M. Roupe à Bonsecours prit fin l'année suivante. Nous voyons, en effet, en date du 12 octobre 1828, au bas d'un acte de baptême, la signature d'un nouveau missionnaire ; M. H. Paisley.
" Hugh Paisley, né en Ecosse, le 16 avril 1795 ! ordonné le 3 octobre 1824 ; chapelain de Saint-Roch de Québec ; vicaire à Québec 1825 ; curé de la Petite-Nation 1828 ; fait le premier baptême enregistré à Bytown, 21 mai 1829; missionnaire de Drummondville, 1831 ; curé de Sainte-Catherine, 1832 ; appelé auprès des émigrés de la Grosse-Ile, il mourut victime du devoir et de charité, le 14 août 1847, à l'âge de cinquante-deux ans. Inhumé dans l'église de l'hôpital général de Québec*
M. Paisley fut le premier missionnaire résidant à Bonsecours. Il faisait des missions dans toute la vallée de l'Ottawa, et laissa une grande renommée de sainteté. Nous aurons l'occasion de reparler de lui. C'est sous son administration qu'eut lieu l'érection canonique de la mission de Bonsecours : 2Ô septembre 183 1. L'érection civile fut retardée jusqu'au 30 mars 1883.
Le troisième missionnaire de Bonsecours fut M. Michael Power. Il signa au bas d'un acte de sépulture, le 23 octobre 183 1. Mgr. Michael Power, né le 7 octobre 1804 à Halifax, fut ordonné à Montréal, le 7 août 1827, par Mgr Dubois. Après auoir été missionnaire à Drummondville, il fut nommé, en 1831, curé de la Petite-Nation, en 1833 curé de Sainte-Martine, en 1839 curé de de Laprairie. Le 8 mai 1842, il fut consacré premier évêque de Toronto. Il mourut le premier octobre 1847, victime de son zèle pour les malades attaqués du typhus."*
Il ne convient pas de faire ici l'éloge de ce grand prélat : sa mémoire est restée en vénération dans tout le Haut-Canada ; mais nous dirons que sa correspondance, lorsqu'il était encore humble curé de Bonsecours, annonçait déjà les dons supérieurs d'esprit et de cœur dont il a donné tant de preuves dnns la suite.
Au départ de M. Power et pendant deux ans, d'octobre 1833 à octobre 1835, Bonsecours fut desservi par M. Moore, qui visitait en même temps l'Orignal. Jacques Moore, né en Irlande,
* Répert. Génér. du Clergé can.
1799» ordonné le 20 septembre 1828 ; chaplaîn de l'ég-lise Saint- Jacques de Montréal ; curé de Saint-Anicet, 1832 ; curé de la Petite-Nation, 1833 ; entré chez les Jésuites aux Etats-Unis, 1839.*
Le cinquième curé de Bonsecours fut M. Brunet, qui signa le II octobre 1835, ^^ ^^^^ '^^ baptême.
** Pascal Brunet, né à Sainte-Geneviève, le 10 janvier 1808 ; ordonné à Montréal, le 26 août 1832 ; vicaire à Saint-Eustache ; à Long-ueuil, 1834 ; curé de la Petite-Nation, 1835 ; curé de Sainte-Rose, 1838, où il décède le 9 avril 1864."*
C'est à M. Brunet qu'est due, paraît-il, la première chapelle d'Aylmer. Il eut avec lui deux vicaires ou assistants, missionnaires ambulants de la vallée de l'Ottawa, comme on les appelait. Le premier, M, William Dolan, ne fit que passer. Né en Irlande en 1810, il fut ordonné à Montréal, en 1835, vint aussitôt à la Petite-Nation, puis partit pour les Etats-Unis.
Le second, au contraire, mérite d'ête appelé le pionnier des missionnaires et des curés de l'Ottawa, puisqu'il passa sa vie dans notre vallée. Il s'appelle le Rév. M. Brady.
"John Brady, né en Irlande, au diocèse d'Ardagh, le 12 juin 1798 ; ordonné par Mgr. Bourget, le 30 juillet 1837 ; missionnaire des cantons du nord de Montréal avec B. Bourassa ; missionnaire de Buckingham, 1840, où il mourut en 1889."*
Nous aurons maintes fois l'occasion de reparler de ce vénérable prêtre.
Le sixième curé de la Petite-Nation fut le Rév. J. B. Bourassa qui signa son premier acte le 18 septembre 1838.
" J. B. Bourassa, né à Montréal le 14 février 1809 ; ordonné le 15 janvier 1837 ; missionnaire des cantons de l'Ottawa ; vicaire à Chambly, 1830 ; curé, à partir de 1840, des paroisses de Châteauguay, de Sainte-Philomène, de Saint-Hermas et de Saint- Martin ; décédé le 14 mars 185 1."*
Le septième missionnaire ne résida point à Bonsecours ; ce fut le Rév. D. Charland, de Saint-André d'Argenteuil. Son premier acte est daté du 29 décembre 1839.
* Répert. Génr. du Clerg-é Can.
" Louis David Charland, né à Saint-Luc le 14 septembre 1809 ; ordonné le 6 septembre 1835 ; vicaire à Sainte-Marie de Monnoir ; curé de Saint-André d'Argenteuil, 1839 î ^^^^ ^^ Saint- Clément de Beauharnois, 1847."* *
Le huitième curé de Bonsecours fut le Rév. J. Sterkendries qui sig-na pour la première fois le 20 octobre 1841. Il demeura à Bonsecours jusqu'en 185 1, à laquelle époque il passa à Saint- André-Avellin.
" Joseph Sterkendries, né en Belgique le 24 octobre 1804 ; ordonné le 27 août 1837 ; vicaire à Montréal et à Saint-Jacques l'Achig-an ; curé de Bonsecours, 184 . . ; curé de Saint-André-Avellin, 1851 ; assistant à Plantagenet, 1855 ; décédé à l'hôpital d'Ottawa, 1867, et inhumé dans la cathédrale."!
Arrêtons-nous, pour le moment à cette date.
IL — Bytown.
Après la paroisse de Montebello vient celle de Bytown (Ottawa) dont nous allons maintenant raconter l'histoire.
Nous avons vu que la fondation de Bytown date de l'ouverture des travaux du canal Rideau, c'est-à-dire de 1827. Dès cette époque, un prêtre, M. Haran, qui desservait Richmond et les lieux environnants, fit à Bytown des visites régulières.
L'année suivante, 7 septembre 1828, fut tenue la première assemblée publique des catholiques dans la future capitale du Canada.!
Etaient présents : Mgr. Alexander MacDonell, évêque de Kingston, et le Rév. P. Haran, missionnaire de Bytown.
Un comité chargé de la construction d'une église k Bytown, fut formé, et les membres suivants furent élus à l'unanimité des voix : Rév. M. Haran, prêtre missionnaire de Bytown, Charles
* Id.
t Archives de l'archevêché d'Ottawa. Les premiers reg-istres de la paroisse de Bytown n'existent plus. Heureusement, nous possédons une copie des actes d'assemblée, de vente de bancs qui fournit toutes les garanties d'authenticité.
Rainville, Chs. Friel, Wm. Northgraves, Dan. O'Connor, Maurice Dupuis, McBurke, J. B. Saint-Louis, John Joyce, William Tormay, John Pennyfather, Thomas Hickey, John Mcinnis, Sam. Kipp.
L'assemblée adopta ensuite, également à l'unanimité, les résolutions suivantes . i^. — Charles Rainville est nommé trésorier et John Pennyfather secrétaire du dit comité.
2*^. — Les syndics de l'église de Bytown seront : le Rév. P. Haran, M. Burke, Dan. O'Connor, J. B. Saint-Louis, John Pennyfather.
3^. — Il sera ouvert une liste de souscriptions pour obtenir les signatures des personnes désireuses de contribuer à la construction d'une église dans cette ville naissante. Seront chargés de recueillir les souscriptions : MM. Dan. O'Connor dans la haute-ville ; Northgraves et Dupuis dans le nord de la basse-ville, depuis la rue Rideau jusqu'à l'Ottawa ; Joyce et Kipp dans le sud de la basse-ville, de la rue Rideau au canal.
Huit jours plus tard, le 13 septembre 1828, le comité de l'église tint sa première réunion. Une somme annuelle de centvingt louis,* payable par trimestres ou par mensualités, fut votée pour l'entretien du prêtre. Un tarif fut établi, de consentement mutuel entre le prêtre et le comité, sauf confirmation de l'évêque. Il fut également réglé que quiconque aurait besoin du missionnaire, à une distance de plus de trois milles de Bytown, serait tenu de lui fournir une monture et de solder tous ses frais ; car, dit le comité, quiconque refuse de payer le prêtre n'est pas digne de ses services.
L,e compte-rendu de la réunion du 6 octobre 1828, est fort intéressant. On y lit les résolutions suivantes : 1° MM. Kipp et Saint-Louis sont chargés de veiller à la construction d'un four à chaux pour servir à la bâtisse de l'église. 2° L'entreprise du creusement des fondations de l'église est donnée à John McDonald au prix de 5^- pences la verge. 3"" Les fondations de l'église monteront à trois pieds au-dessus du sol, et les murs s'élèveront à vingt pieds au-dessus des fondements. 4° Ce comité approuvé le choix fait par le colonel By d'un emplacement, dans la haute-ville,
propre à la construction de l'église catholique. Enfin dans sa réunion du 13 octobre 1828, le comité accepte les offres de William Fechan pour la construction des fondations de la première église de Bytown.
Comme on le voit, tout semblait marcher parfaitement, et l'église était sur le point d'être construite. Pourtant elle ne le fut jamais, nous ne savons trop pourquoi ; sans doute faute d'argent ou d'entente entre les intéressés, comme cela arrive si souvent.
Le Rév. M. Haran que Mgr. MacDonell avait envoyé à Richmond en 1822, semble s'être établi à Bytown en 1827. En tout cas, c'est certainement à cette époque que la première messe y fut célébrée. Pendant les deux ans qu'il demeura à Bytown il offrit le saint sacrifice dans une maison de la haute-ville.
La paroisse acheta aussi un lot dans la haute-ville pour y bâtir l'église ; mais ce lot n'ayant point été pioperly securedy c'està-dire, sans doute, payé, fut perdu et tomba aux mains de l'hon. Thos. McKay, l'entrepreneur du canal. C'est ainsi que la hauteville perdit l'avantage de posséder l'église.
M. Haran quitta Bytown en 182g, et l'on ignore ce qu'il devint. Il n'a point laissé de registres. Le premier baptême enregistré fut fait par le Rév. M. Paisley, 21 mai 1829. M. Paisley ne fut point, proprement, missionnaire à Bytown ; il était de résidence à la Petite-Nation, et il ne vint ici qu'en passant. La tradition rapporte que le premier enfant baptisé à Bytown fut une fille de Dan. O'Connor, 1827. Elle vit encore aujourd'hui et s'appelle Mme Friel.
Le successeur de M. Haran fut le Rév. Angus MacDonell ; du mois de juin 1829 à la mi-juillet 1831. Il était neveu de Mgr. MacDonell. Né à Glengarry en 1791, il fut ordonné à Saint-André, le 27 octobre 1822, devint plus tard, curé de Saint-Raphaël et vicaire général de Kingston où il mourut, en 1875.
A lui revient l'honneur d'avoir bâti la premièree église d'Ottawa. Il choisit dans la basse-ville un emplacement qui lui parut favorable et qui l'était en effet, comme on peut s'en convaincre. Mais il ne suflfisait pas de choisir un terrain, il fallait encore s'en rendre maître. Or toute cette partie de la ville
appartenait au gouvernement. M. MacDonell s'adressa donc au colonel By, administrateur des biens de l'ordonnance militaire, et le pria de lui céder trois lots pour l'église catholique, aux meilleures conditions possibles, en tenant compte de la pauvreté des catholiques. Celui-ci acquiesça gracieusement à sa demande et lui octroya les lots demandés, pour une somme nominale, comme le montre le contrat suivant :
Le louis colonial ou livre de Halifax valait quatre piastres.
Contrat entre le Gouvernement et l'Église de Bvtown.
Bytown, ler Mai 1831.
Par ordre de Son Excellence le comte de Dalhousie, Commandeur des Forces, &c., &c.
Le T.-Rév. Alexander MacDonell, Evêque de Rheasina,le Rév. Angus MacDonell, Messieurs Ch. Rainville, William Tormay, Maurice Dupuis, Dan. O'Connor et John Mcinnis, leurs héritiers et ayant droit, recevront et détiendront, en syndicat, pour l'usage de l'Eglise Romaine Catholique de Bytown, la pièce de terrain située dans la ville de Bytown, district de Bathurst, province du Haut-Canada, contenant, sur mesure, 190 pieds carrés et marquée comme suit dans le plan :
" Lot No. I, côté nord de la rue Saint-Patrice ; lot lettre L, sur le front de la rue Sussex ; et lot No. i, côté sud de la rue de l'Église " :
Aussi longtemps qu'eux, leurs héritiers ou ayant droit, paieront la somme de deux shellings et six deniers annuellement, au ler mai, au lieutenant-colonel John By, R. E., ou aux personnes autorisées à cet eflfet.
John By, Lient. -Col., Royal Engineers.