SAINT-ANDRÉ-AVELLIN
M. Guillaume, curé de Saint-André, après bien de démarches et des efforts, parvint enfin (1863) à terminer son presbytère, commencé depuis si longtemps. C'était une maison en bois, assez vaste et convenable qui subsiste encore aujourd'hui quoique elle ait changé d'usage.
Dans sa visite du 11 juin 1864, Mgr. Guignes ordonna d'agrandir la chapelle en y ajoutant la sacristie, et de se servir de l'étage supérieur de celle-ci comme sacristie.
En 1866 (12 juin) Mgr. recommande d'économiser afin de se préparer à construire une nouvelle ég-lise dont le besoin se fait de plus en plus sentir.
Comme la terre de la paroisse ne rapportait presque rien et était devenue une charge plutôt qu'une source de revenu, Mgr. permit qu'on la vendît, ce qui fut fait, en 187 1, pour la somme de deux cent cinquante piastres. A cette même époque la discorde qui, depuis quelques années, se fomentait en secret, à propos de l'emplacement de la nouvelle église, éclata ouvertement. Une partie de la paroisse désirait que l'église fût bâtie de l'autre côté de la rivière, tandis que d'autres voulaient qu'elle fût construite à la place de l'ancienne, sur le site qu'elle occupe effectivement aujourd'hui. Mgr. Guigues recula devant le règlement de cette question épineuse, et renvoya l'affaire au Père Tabaret qu'il délégua à ce sujet. Celui-ci étant venu sur les lieux décida en faveur de l'ancien emplacement. Sa décision, qui prévalut finalement, resta, pour le moment lettre morte. M. Guillaume voyant que les esprits étaient de plus en plus excités et qu'il était impossible de rien entreprendre, demanda son changement et fut nommé curé d'Embrun (15 juillet 1873). L'année précédente (12 mars 1872) avait eu lieu la troisième érection canonique de la paroisse, suivie, cette fois de l'érection civile.
M. Guillaume eut pour successeur un prêtre récemment arrivé de France, M. AUeau. Ce monsieur ne resta que quelques jours dans cette paroisse dont l'indiscipline lui déplut ; le 15 août 1873 il quitta Saint-André-Avellin pour Ottawa où il ne tarda pas à être nommé curé de l'église Sainte-Anne.
M. Alleau fut remplacé (ler septembre 1873) par un ancien religieux de la congrégation des clercs de saint Viateur, M. Rivet, qui depuis quelque mois, résidait à Aylmer en qualité d'assistant de M. Michel.
M, Rivet ne fit, comme son prédécesseur, que passer à Saint- André. Le 12 octobre 1874, il f"t nommé curé de l'Ange-Gardien. Un jeune prêtre de Montréal, M. Bélanger, vicaire à Laprairie, fut alors appelé dans le diocèse par Mgr. Duhamel et mis à la tête de l'importante et difficile paroisse de Saint-André.