MISSION DE SAINT-EDOUARD DE BRISTOL
L'histoire de cette mission est fort courte. Voici en quels terms Mgr. Guignes en parlait, dans sa visite de 1849.
" En me rendant, de chez M. MacDonnell à Bristol, j'ai eu la douleur de voir 5 ou 6 maisons de canadiens mariés à des protestantes et qui ont eu le malheur d'abandonner, à peu près, la religion. Qu'il serait à désirer qu'on pût donner une bonne mission en cet endroit pour ramener ces brebis égarées et raffermir celles qui chancellent ! J'ai été reçu a Bristol chez un bon canadien qui se trouve au centre du canton. Un charpentier nommé Roy offre, dit-on, un emplacement pour bâtir une chapelle. Cette offre nous paraît devoir être acceptée, car cette chapelle se trouverait dans le centre du canton, à 3 milles de la rivière, sur le chemin du roi qui se rend au Calumet, et sur une petite élévation. Louis Roy se chargerait lui-même de faire une partie du travail. J'aurais bien voulu le voir et l'entretenir, mais malheureusement il n'était point
sur les lieux. Une trentaine de familles pourraient se rendre à cette chapelle."
Les choses se passèrent comme cette note le faisait prévoir. M. Roy donna trois arpents de terre, dont un pour le cimetière, et le Père Bouvier, qui desservait la mission, y construisit une petite chapelle. Cette église ne fut toutefois terminée que bien des années plus tard.*
QUYON. SAINTE-BRIGITTE d'oNSLOW ET PONTIAC.
Les cantons d'Onslow et de Bristol furent longtemps visités par les premiers missionnaires de l'Ottawa et, plus tard, par MM, Saint-Aubin, Lynch, McNulty et Molloy. Enfin, en 1852, le Rév. M. McFeely fut nommé curé de Fitzroy et d'Onslow. Ce pays appartenait en grande partie à l'honorable John Egan, M. P. bourgeois de chantier, célèbre à l'époque, qui cherchait à placer des colons sur ses terres. Là, comme partout, les protestants, plus avisés ou plus heureux, s'emparèrent des bonnes places du bord de la rivière, et les catholiques se contentèrent des sables de l'intérieur.
Le 22 avril 1846, M. Egan fit don à la oorporation épiscopale, d'un lot de cens arpents sur lequel on commença à bâtir une chapelle. Voici en quels termes Monseigneur Guigues s'exprimait sur Onslow, dans sa première visite pastorale 1849 •
" Les deux grands chev^aux de M. McDonell nous ont conduits le soir à Onslow. La famille qui nous a reçus habite à trois milles de la chapelle et à sept milles de la rivière. Environ 70 familles irlandaises sont établies dans ce canton qui se peuple rapidement. La terre n'est point de première qualité, mais elle est unie, et j'espère que ce canton pourra former à lui seul une mission. M. Egan nous a fait un don de cent arpents de terre et de vingt louis pour la chapelle. Celle-ci n'est point encore terminée, pour deux motifs : parce que les gens n'en ont guère les moyens, et surtout parce qu'ils la trouvent mal située. Je leur ai dit de ne point pen-
* Cette donation fut, dans la suite, partiellement révoquée, car dans l'acte qui s'en fit, long-temps après, il n'est plus fait mention que d'un arpent. En 1882, le Rév. M. Brunet dut acheter pour le cimetière un autre arpent, d'un certain Thomas Elliot, à deux milles en dessous de la chapelle.
ser maintenant à en élever ailleurs, ce qui leur serait impossible, mais d'achever celle qui existe ponr s'assurer la donation de M. Egan. Plus tard, lorsqu'ils seront plus nombreux et plus forts, ils pourront en bâtir une autre au centre du canton. Après un temps trop court passé à Onslow, je me suis dirigé à Bytown ou l'on m'attendait pour la Saint-Patrice."
M. McFeely, à peine nommé curé de Fitzroz et d'Onslow, se hâta de terminer la chapelle dont nous venons de parler. Malheureusement, cette église eut le même sort que celle de Fitzroz, elle fut incendiée le g août 1854, par une bande d'orangistes qui, pendant un mois, terrorisèrent le pays.
M. McFeely ne se découragea point. Il entreprit la construction d'une nouvelle chapelle, laquelle fut bénite en 1858. Seulement, cédant au vœu de la population, il fit choix d'un emplacement plus central et plus convenable à tous égards et obtint d'un M. McDonagh, en échange de la moitié des cent arpents de M. Egan, la concession d'un bon lopin de terre, sur lequel furent bâtis la chapelle et plus tard le presbytère.
M. McFeely n'eut point le temps d'achever son ouvrage. L'extérieur seul était construit lorsqu'il transporta sa demeure à Pakenham. Dans ces circonstances les gens d'Onslow supplièrent l'évêque de leur permettre d'élever un presbytère pour avoir un curé résidant, se faisant tort de l'entretenir. Mgr. y consentit avec peine, car il connaissait leur pauvreté. Le presbytère fut commencé et le R. M. McDonagh vint à Onslow (1860.) Cette paroisse comprenait les cantons d'Onslow 3 familles, Aldfield 12 et Bristol 37. Une partie de Bristol, 40 familles, restait attachée au Portage-du-Fort. Le presbytère fut terminé en 1863 ; mais l'église resta dans un si grand état d'abandon, que le précieux sang y gelait pendant la messe, et que l'évêque fut obligé, en 1863, de retirer le missionnaire, dont le successeur s'établit à Pontiac.
Le petit village de Pontiac ou des Chats était une mission d'Onslow. Lorsque, en 1856, un certain nombre de journaliers irlandais étaient occupés au percement du canal des Chats, M. Wright fit don de l'emplacement d'une chapelle. Grâce au zèle de ces ouvriers, M. McFealy commença une grande église de 80 pieds
sur 40, qui devait suffire lono^temps aux besoins de cette localité. Malheureusement, les travaux du canal ayant été interrompus, la plupart des catholiques s'en allèrent, et la chapelle demeura inachevée jusqu'en 1867.
M. Egan avait également fait don (2 novembre 1852) de deux arpents de terre, dans une magnifique situation, au village naissant de Quyon. Or il arriva que par suite d'une erreur involontaire, les protestants s'emparèrent d'une partie de ce terrain, pour leur église et leur cimetière. Les catholiques, toutefois, n'y perdirent rien, car les héritiers de M. Egan. voulant les consoler, leur donnèrent en compensation un autre terrain dans un site au moins aussi beau que le premier.
Ce village, admirablement placé sur l'Ottawa, a grandi et est devenu dans le cours des années, la résidence du prêtre catholique qui se trouve ainsi à la portée de Pontiac, de la rivière et du chemin de fer.
En 1861, le comté de Pontiac, étant crée, parut pour la première fois dans le recensement que nous donnons ci-dessous :
Canadiens Irlandais Total Protestants Population,
catholiques. catholiques. totale.