‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 4)Chapitre 94 sur 193 · COMTE D'OTTAWA · texte numérisé non relu

COMTE D'OTTAWA

OU S n'entreprendrons point de faire ici une description de l'immense comté d'Ottawa ; nous préférons noter, en passant, dans la suite de cette histoire, les choses qui nous paraîtront dig-nes de remarque, car un tableau local a toujours plus d'intérêt que des observations générales qui manquent nécessairement de précision.

Commençons ce chapitre en donnant les principaux recensements du comté d'Ottawa, depuis son origine, jusqu'en 1851 :

Années. Habitants.

Voici maintenant les détails de ce dernier recensement :

Canadiensfrançais.

Irlandais catholiques.

Total catholiques.

Protestant.

Population totale.

Comme on le voit, les protestants, quoique inférieurs en nombre aux catholiques, dépassaient néanmoins le chiffre des canadiens ou des irlandais, pris séparément ; nous verrons avec quelle rapidité ces proportions seront renversées,

SAINT-PAUL d'AYLMER.

Les origines de la paroisse d'Aylmer nous sont connues. La première église, qui était en pierre, fut bénite le 2 octobre 1840, par Mgr. Bourget, et le premier missionnaire résidant, M. Désautels, s'y établit à la même date. Ce prêtre eut deux vicaires : M. J. A. Boisvert (17 janvier 1841) et M. J. J. Leclaire (9 janvier

A l'époque de la création du diocèse de Bytown, M. Désautels demanda à rester dans le diocèse de Montréal et fut nommé curé de Rigaud. Mgr. Guigues, à court de prêtres, chargea M. Hughes, curé de Chelsea, de desservir les deux paroisses (21 octobre 1848). Ce missionnaire vint donc s'établir à Aylmer, qu'il édifia grandement par la régularité et la dignité de sa conduite. M. Hughes eut deux vicaires on assistants temporaires : le Rév. Arthur Ouellet qui chanta sa première messe à Aylmer, du 14 avril à la fin du mois de septembre suivant ; et le Rév, Joseph Bouvier, ancien curé du Calumet, qui permuta avec M. Ouellet, et qui fut nommé, dans le courant de 1852, curé de Renfrew.

Le 2 septembre 1855, M. Hugues fut déchargé d'Aylmer et rentra à Chelsea. Son successeur à Aylmer fut un jeune prêtre, M. Michael Lynch, frère du Rév. James Lynch, des Allumettes, sous la direction duquel il avait administré pendant quelques mois la mission de Pembrooke. Le Rév. Michael Lynch ne réussit point et dut partir pour les Etats-Unis. Après lui (5 septembre 1857) un jeune irlandais qui avait desservi Plantagenet pendant l'absence de M. Aimeras, M. Farrell Hand, fut nommé à Aylmer. Ce prêtre zélé ayant pris du froid dans une mission qu'il fit à la chapelle d'Onslow, mourut à la fleur de l'âge, emportant l'estime de ses paroissiens (1858). Nous trouvons, à cette époque, dans les archives de la paroisse, les noms de divers prêtres qui visitèrent Aylmer, soit pendant la maladie de M. Hand, soit après sa mort. Ce sont les PP. Trudeau, Reboul, Tabaret, Pallier, Burtin, oblats, M. Jouvent, jeune prêtre récemment arrivé de France, et le docteur Madden. Ce dernier qui appartenait au diocèse de Kingston et était neveu de M. McDonagh, de Perth, fut même nommé curé d'Aylmer (23 mars 1858), mais il n'y resta que quelques semaines et partit pour les Etats-Unis.

Enfin, le 12 septembre 1858, M. Michel, ancien vicaire de Bucking'ham, puis missionnaire de Cumberland, signa son premier acte en qualité de curé d'Aylmer. Il devait y rester quinze ans.

A peine installé, M. Michel se hâta de montrer qu'il était digne de la confiance que Mgr. Guigues avait mise en lui.

Nous avons dit qu'il y avait à Aylmer une église en pierre. La sacristie avait servi d'abord de presbytère, puis M. Désautels en avait élevé un fort convenable pour le temps. En 1854 M. Hughes voyant le village grandir et prendre de l'importance, entreprit la construction d'une nouvelle église en pierre qui pût suffire à la population. Les premiers travaux commencèrent au mois de mai, et Mgr. Guigues bénit solennellement la première pierre à la fin d'août de cette année. On choisit un emplacement immédiatement derrière l'ancienne église qui devait servir au culte jusqu'à l'achèvement de la nouvelle. Malheureusement l'argent fit défaut ; à peine avait-on changé de place le presbytère et élevé les murs de l'église à la hauteur du soubassement, qu'il fallut suspendre indéfiniment les travaux. M. Michel les reprit avec vigueur et succès et, au commencement de 1862, l'église fut bénite par l'évêque d'Ottawa. Cet édifice en pierre, simple mais vaste et convenable, a suffi jusqu'à nos jours sans que l'intérieur en ait jamais été complètement terminé.

MISSION DE SAINT-DOMINIQUE d'EARDLEY.

Entre Aylmer et Onslow s'étendent les fertiles campagnes de la Black Bay qui comptent parmi les plus belles de la vallée de l'Ottawa. Par un de ces hasards bizarres qu'on ne peut expliquer les premiers colons les négligèrent et vinrent s'établir de préférence dans les sables du canton d'Onslow. Ce n'est que dix ans plus tard que l'on s'aperçut de la valeur d'Eardley.

En février 1858, Mgr. Guigues écrivit dans ces notes la phrase suivante sur ce canton : " Des gens d'Eardley sont venus me demander de bâtir une chapelle. M. Périer oflFre 4 arpents de terre à quinze milles d'Aylmer, c'est-à-dire à mi-chemin entre ce village et celui d'Onslow. Comme il y a déjà là quelques catholiques, afin d'en attirer d'autres, j'ai bien envie de leur accorder

leur demande. J'ai chargé M. Hand de visiter les lieux et d'y donner une mission ; il m'enverra ensuite un rapport sur cette aflfaire."

On comptait à Eardley, en 1857, huit familles catholiques. Ce fut M. Michel qui bâtit la première chapelle de cette mission. Elle fut bénite en 1862.

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