‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 5)Chapitre 108 sur 199 · SAINTE-MALACHIE DE M.\YO · texte numérisé non relu

SAINTE-MALACHIE DE M.\YO

Le nord du canton de Lochaber faisait partie de ces concessions montagneuses de l'intérieur dont parle Mgr. Guigues, dans son rapport sur Buckingham. Les premiers colons qui s'établirent sur ces terres arrivèrent d'Irlande en 1827. Leur nombre s'accrut lentement, jusqu'à ce qu'enfin, une vingtaine de familles allemandes fussent venues s'adjoindre à eux. Quoique, pendant de longues années, insuffisamment desservies, ces familles ont parfaitement conservé l'intégrité de leur foi, jusqu'à nos jours. Leur première chapelle date, paraît-il, de 1854. Ce n'était sans doute qu'un hangar, puisque, dès le 3 mai 1855, ils envoyaient à Mgr. Guigues la pétition suivante: "Nous sommes cent familles — ils exagéraient — dont la moitié ne parlent que l'irlandais (le gaélique). Le P. Brady ne vient chez nous qu'une fois l'an ; notre chapelle ne

vaut rien, nous demandons à en construire une nouvelle et à recevoir la visite du missionnaire tous les mois. Nous sommes prêts à supporter les frais nécessaires."

Une telle demande ne pouvait qu'être ag'rée. Le 30 juin 1857, eut lieu la bénédiction solennelle de la nouvelle chapelle par Mgr. Guignes accompagné des MM. Brady et Michel, et du secrétaire, M. O'Connor. Le patron de la mission tut l'irlandais saint Malachie, si cher à ses compatriotes. L'église était longue de 60 pieds sur 36, et n'avait coûté que 130 louis, payés comptants. L'évêque ordonna de marquer et de clôturer un cimetière, et se retira en formant des vœux pour le prompt peuplement du canton voisin de Derry. Les fermiers (85 familles) se formaient d'année en année, mais ils n'étaient encore desservis que trois ou quatre fois par an.

Ce ne fut que lorsque Thurso eut un curé résidant, que lelir sort s'améliora. Mgr. fait la judicieuse remarque qu'un curé eut été mieux à tous les points de vue à Saint-Malachie qu'à Thurso ; mais le bien des âmes, qui exigeait dans ce dernier village la présence du prêtre l'emporta sur toute autre considération. Ajoutons que la résidence de Saint-Malachie, trop solitaire, ressemble à une Chartreuse.

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