‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 5)Chapitre 162 sur 199 · SAINT COLOMBA DE PEMBROKE · texte numérisé non relu

SAINT COLOMBA DE PEMBROKE

Nous avons laissé, en 1860, la paroisse de Pembroke sous la direction du Rév. M. Gillie, marchant paisiblement à un brillant avenir. Pendant l'hiver de 1865, Mgr. Guigues visita de nouveau cette paroisse et constata avec une joyeuse surprise que c'était déjà une ville naissante. Tout y prospérait, le presbytère était complètement achevé. Deux ans plus tard, (février 1865) le village de Pembroke comptait déjà à lui seul soixante-quinze familles catholiques. En 1867, Pembroke est qualifié ville par Mgr. Guigues qui autorise l'achat d'un terrain pour un nouveau cimetière.

Cependant, M. Gillie méditait le projet de fonder un couvent dans sa paroisse. Sur ses instances, les sœurs-grises d'Ottawa lui envoyèrent (3 mai 1868) trois religieuses de mérite, les SS. Kirby, Whelan et Louise. M. William O'Meara avait acheté en leur nom l'ancienne résidence d'un ministre anglican qui se trouvait en face de l'église catholique où elles s'installèrent. Elles commencèrent aussitôt à faire la classe dans l'école séparée qui

avait été bâtie en 1864 sur un terrain de trois arpents acheté à cet effet, et ne tardèrent point à s'attirer les sympathies de toute al population catholique.

L'œuvre prospérant, trois autres sœurs vinrent s'adjoindre aux premières et le pensionnat de Pembroke fut ouvert.

Sur ces entrefaites, M. Gillie mourut (15 juillet 1868) Le corps de ce premier pasteur repose maintenant dans la cathédrale et une inscription témoig'ne du profond souvenir qu'il laissa.

Après sa mort, un jeune prêtre, M. Thomas Caron, fut envoyé temporairement à Pembroke (28 juillet— 22 septembre) jusqu'à la nomination de M. Olivier Boucher, ancien curé de Ripon (ler octobre 1868).

A cette époque, un grand changement se faisait à Pembroke. La population affluait mais elle se portait toute de l'autre côté du Musk-Rat River, dans la haute-ville ou upper-town, si bien que sur un total de six cent soixante-dix catholiques on n'en comptait plus que soixante-cinq dans le vieux quartier. D'un autre côté, le temps était venu de construire la grande église de pierre si longtemps projetée. Dans ces conjectures, on se détermina sagement à suivre le mouvement général et à abandonner l'emplacement de la vieille chapelle. Un vaste terrain dans la plus belle partie de la haute-ville fut donc acheté et dès l'automne de 1872 on jeta les fondements du nouveau temple.

Ce ne fut point M. Boucher qui présida à cette grande entreprise, il n'en vit que les commencements. Parti pour les Etats-Unis, il fut remplacé, le 21 septembre 1872, par M. Jouvent, curé de Buckingham. L'église fut livrée au culte au mois de mai 1874, mais en 1876 seulement on put faire les enduits de ce bel édifice.

Un jeune prêtre irlandais, M. Stenson fut envoyé pendant quelque temps (1872) vicaire à Pembroke.

Les religieuses comme c'est naturel, avaient suivi l'entraînement général. Un généreux citoyen leur donna, à côté de l'église future, deux lots de ville. Elles en achetèrent 4 autres (12 avril 1871) et dès 1872, elles purent s'installer dans un

couvent magnifique qui leur a coûté dix-sept mille piastres et qui est certainement un des plus beaux de leur communauté.

Nous verrons plus tard comment leur ancienne résidence fut transformée en hôpital.

C'est ainsi qu'à Pembroke la paroisse et la ville marchaient de pair dans la voie du progrès.

Il y avait, en février 1872, à. Pembroke deux cent quatrevingts familles catholiques sans compter la petite mission des Joachims fondée à 30 milles en haut de la rivière qui en possédait déjà cinquante-huit. Les zélés catholiques de la paroisse voulant contribuer de tout leur pouvoir à la construction du nouvel édifice avaient fait monter la vente des bancs, cette année, à la somme considérable de douze cent trente-neuf piastres.

Pendant l'administration de M. Boucher, M. Ryan, propriétaire de la grande ferme de Rocklifîe sur le haut de l'Ottawa, avait construit une petite chapelle fort convenable pour l'usage de quelques familles catholiques de cette localité. Lorsque M. Ryan vendit sa propriété il eut soin de bien spécifier que sa chapelle resterait réservée au culte catholique. Le prêtre y est toujours bien reçu, mais on a regretté longtemps, néanmoins le départ de cette excellente famille.

Les deux missions de RockliflFe et des Joachims sont desservies depuis longtemps par les RR. PP. Oblats de Mattawa.

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