V'II
de copier en les démarquant, des pages ou des chapitres entiers, il nous a paru, à la fois plus délicat et plus prudent de les citer textuellement. Aussi bien, aurait-on mauvaise grâce de nous demander un travail personnel sur les chantiers, les voyageurs et les colons.
Voici en quels termes Mgr Duhamel, dans la circulaire citée plus haut, avait demandé ces renseignements.
"J'espère que vous êtes bien disposés à lui rendre sa tâche aussi facile que possible. C'est pourquoi je vous prie de vouloir m'envoyer, sur papier grand format, en bonne écriture, et le plus tôt qne vous le pourrez : —
T. Copie des Actes du premier baptême, mariage et sépulture du plus vieux registre de vos paroisses et missfons.
2. Noms et prénoms, par ordre chronologique, des curés et vicaires, avec indication du jour de l'arrivée et du départ de chacun d'eux, si possible, ou au moins indication de la date du premier acte de baptême, ou mariage, ou sépulture, signé par eux, ou encore la date du dimanche où se lisent, dans le cahier ad hoc, leurs premières annonces.
3. Copie des Actes de bénédictions de chapelle, église, cloche, presbytère, de l'érection du chemin de la croix, de congrégations, de confréries, de croix sur la voie publique, etc., etc., etc.
4. Date et noms des prédicateurs de retraites, missions, etc., etc., etc.
5. Date de l'établissement de chacune des écoles catholiques de vos paroisses et missions.
6. Tout ce que vous pourrez, en outre, donner de faits, de dates, de traditions qui pourraient entrer dans une notice sur vos paroisses et missions."
Un reproche plus grave que pourrait nous faire, dans l'avenir, quelque archiviste, si nous ne nous hâtions de le prévenir, serait de n'avoir pas toujours cité textuellement nos vieux missionnaires. A ce reproche nous répondons que ces apôtres n'étaient pas des littérateurs, que plusieurs même étaient anglais, et qu'aucun d'eux n'écrivait pour la publicité. Nous avons donc cru bon, pour Tinté-
rêt du récit, et l'honneur de leur mémoire, de faire quelques corrections dans leur correspondance, quelques modifications de forme, et surtout des omissions de passage^ trop longs ou d'allusions inutiles. Nous avons, peut-être, poussé trop loin les scrupules dans le sens contraire, en insérant des lettres trop incorrectes et remplies de répétitions. Quoiqu'il en soit, nous n'avons jamais rien omis d'essentiel dans ces documents ni dénaturé leur portée.
Nous sentons le besoin d'expliquer dans quel sens sont employés, ici, les mots de paroisses et missions. Il n'y a, à proprement parler, qu'un tout petit nombre de paroisses dans la Province d'Ottawa, et elles appartiennent au Bas-Canada.
En voici la liste : —
Saint-Alphonse des Allumettes.
Sainte-Anne du Grand Calumet.
Saint-Alexandre de Clarendon.
Saint-Paul d'Aylmer.
Saint-François de Sales de la Pointe-Gatineau. Saint-Etienne de Chelsea.
Sainte-Cjécile de Masham.
L'Ang-e-Gardien d'Angers.
Saint-Grégoire de Buckingham.
Sainte-Angélique de Papineauville.
Notre-Dame du Bon-Secours de Montebello. Saint-André Avellin.
Saint-Casimir de Ripon.
Saint-Félix de Valois de Chèneville.
Saint-Philippe d'Argenteuil.
Sainte-Agathe des Monts.
Toutefois, pour suivre le langage courant et pour être compris, nous avons donné le nom de paroisse à toute église possédant
un prêtre résidant, et celui de mission k toute chapelle desservie par un prêtre voisin, c'est-à-dire à toute annexe.
On remarquera, sans doute, que nous nous sommes étendu assez long-uement sur certaines paroisses et que nous avons été trop court, peut-être, pour d'autres. La raison de ces difTérences provient de l'abondance ou de la pénurie de nos notes.
Malgré notre bonne volonté il nous est impossible d'inventer l'histoire, et nous renvoyons à d'autres la responsabilité d'une lacune que nous sommes le premier à constater.
Peut-être*, quelques-uns, pour une raison ou pour une autre, éprouveront du chagrin au sujet de ce livre ; on y verra des allusions, des omissions, des intentions fâcheuses. Nous supplions nos chers confrères et nos lecteurs de repousser bien vite de tels sentiments. Ce serait mal nous connaître et mal nous payer de nos peines que de nous croire coupable d'aucun mauvais vouloir. Nous avons écrit sous l'œil de Dieu, avec l'intention de faire du bien, et nous répudions ici bien haut toute interprétation malveillante. Nous avons évité soigneusement de louer ou de blâmer les personnes, laissant ce soin à nos arrière-neveux, s'ils daignent jamais penser à nous. Nous avons même évité toute espèce de jugement. Excepté dans les manuels k l'usage des écoles, il convient de laisser au lecteur le soin de conclure lui-même, et ne pas lui imposer une opinion.
Nous dirons maintenant un mot sur la forme littéraire de cet ouvrage. On la trouvera sans doute bien inférieure. Nous sommes le premier, hélas, à convenir de ce défaut. Un livre de documents est toujours d'une rédaction difficile ; nous avouons, d'ailleurs, humblement, notre incompétence. Puis, le temps nous a manqué. Nous tremblons à la pensée de recommencer jamais une si gigantesque entreprise, menée, tant bien que mal, à benne fin, en deux années, malgré des prédications continuelles, et sous la crainte, qu'a tout religieux, d'être appelé à d'autres fonctions ou en d'autres lieux, avant de l'avoir terminée. Puisse cette hâte, dont nous ne sommes point responsable, nous servir d'excuse.
Il nous reste, en terminant, à former le voeu de voir les autres diocèses du Canada suivre notre exemple, et publier leurs
annales. Quel magnifique présent ne serait-ce pas faire au Saint Père que de lui offrir l'histoire complète de la jeune et florissante église canadienne ! Ce serait un monument unique au monde, monument que tous les peuples nous envieraient. La France, pour en posséder un semblable, donnerait des trésors.
Ottawa, ler Janvier 1897.