‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 5)Chapitre 3 sur 199 · NOTIONS PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

NOTIONS PRELIMINAIRES

h Province ecclésiastique d'Ottawa, dont nous entreprenons d'écrire l'histoire, se compose du diocèse d'Ottawa et du vicariat apostolique de Pontiac. Elle est bornée, à l'est, par la préfecture apostolique du Golfe Saint-Laurent et par les diocèses de Chicoutimi, de Québec, des Trois-Rivières, de Montréal et de Valleyfield ; au sud, par les diocèses d'Alexandria, de Kingston et de Peterborough ; à l'ouest, par le diocèse de Saint-Boniface. Elle s'étend sur les deux rives de l'Ottawa, c'est-à-dire dans les deux provinces politiques de Québec et d'Ontario. Le diocèse d'Ottawa, à l'est, comprend, dans la province de Québec, le territoire inclus dans les limites suivantes : premièrement, la lig'ne de division dès comtés de Pontiac et d'Ottawa ; deuxièmement, un parallèle à partir de l'extrême nord du comté d'Ottawa dans le sens de l'est ; troisièmement, une ligne droite, tirée, par la division des cantons de Chatham et d'Argenteuil, vers le nord, jusqu'au point d'intersection avec le dit parallèle. Ce territoire renferme le comté d'Ottawa et une partie des comtés d'Argfenteuil, de Terrebonne, de Montcalm, de Joliette, de Berthier, de Maskinong"é et de St-Maurice.

Dans la province d'Ontario il comprend les comtés de Prescott, de Russell, de Carleton, et les cantons suivants du comtés de Lanark : Ramsay, Pakenham, Darling", Lavant.

Le vicariat apostolique de Pontiac, à l'ouest, comprend, dans l'Ontario, un territoire déterminé par une ligne qui suit la frontière sud des cantons suivants : North . Canongo, Mattawatchan, Denbigh, Ashby, Mayo, Dungannon, Faraday, Harcourt, Dudley, Dysard et Minden ; puis se relève, par la frontière ouest des cantons Minden, Stanhope, Sherborrie et Mac Clintock, dans une direction, à l'est du lac Nipissing, entre les lacs Tamagaming et Napoose, jusqu'à la ligne de partage des eaux ; englobant ainsi

tout le comté de Renfrew, et une partie des comtés de Frontenac, d'Adding"ton, d'Hastings, d'Haliburton et du district du Nipissing. Arrivés à la ligne de partage des eaux, elle se confond avec elle, dans la direction de l'ouest, jusqu'au 91e degré de longitude, laissant le bassin des Grands Lacs au diocèse de Peterborough. A ce point la ligne se relève directement au nord, par le 91e méridien, jusqu'au cap Tatnam, sur la baie d'Hudson. Du cap Tatnam, elle s'infléchit, à l'est, côtoyant la mer, franchit la baie James, et suit le lit de la rivière de la Grande Baleine, jusqu'au-lac Apiokacumish, par le 72e degré de longitude. Là elle tourne droit au sud, selon ce même méridien, jusqu'à la hauteur des terres, c'est-à-dire, jusqu'à la province de Québec, et au comté de Chicoutimi. Elle suit ce comté, descend avec lui jusqu'au comté de Québec ; puis, par la frontière du comté de Québec, elle touche enfin à la prolongation du parallèle qui sert de limite nord au diocèse d'Ottawa, englobant ainsi tout le comté de Pontiac, le nord des comtés de Terrebonne, de Montcalm, de Joliette, de Berthier, de Maskinongé, de St-Maurice, de Champlain et de Portneuf, et d'immenses espaces inhabités.

Comme on le voit, la partie vraiment importante de la province ecclésiastique d'Ottawa comprend le bassin de la rivière de ce nom, le seul peuplé. Quant au versant de la baie d'Hudson, il restera longtemps, sinon toujours, fermé à la colonisation. Nous ne nous en occuperons donc point, et nous tournerons toute notre attention sur la vallée de l'Ottawa, qu'il convient de décrire sommairement au commencement de cette histoire.

L'Ottawa prend sa source au nord de la province de Québec, vers le 48e degré de latitude. D'ordinaire les bassins fluviaux sont divisés par une chaîne de montagnes ou du moins de collines, à double versant bien prononcé. Tel n'est point, ici, le cas, et l'immense plateau lacustre d'où sort l'Ottawa n'accuse aucun dénivellement sensible. Sur une surperficie de moins de cinquante milles, en longueur, de nombreux cours d'eau prennent naissance, et s'écoulent dans toutes les directions : au nord, dans la baie d'Hudson, par le lac Abbitibi ; à l'est, dans le lac Saint-Jean, par la Chamouchouan ; au sud-est, dans le Saint-Laurent, par le

Saint-Maurice ; au sud et à l'ouest, par la Lièvre, la Gatineau et plusieurs autres rivières importantes, dans l'Ottawa,

Cette dernière rivière mesure, k partir de sa principale source, le lac Eshawaham, huit cent milles, environ. C'est à peu près la longfueur du Rhin, avec un débit trois fois plus considérable. On peut diviser le bassin de l'Ottawa en trois parties distinctes : le cours supérieur, trois cent soixante dix milles, depuis les sources jusqu'au lac Témiscaming-ue ; le cours moyen, trois cent milles, du Témiscamingue à nos chutes des Chaudières ; le cours inférieur, cent vingt milles, des Chaudières au Saint-Laurent.

L'Ottawa supérieur se dirige de l'est à l'ouest, à travers une région rocheuse, percée de lacs qu'il draine, et toute couverte de forêts. Les nombreuses cascades par lesquelles il descend le rendent absolument impropre à la navigation ; même on lui a donné le nom de rivière des Quinze, à cause des quinze principaux rapides qui obstruent son cours.

Quelques centaines de familles sauvages, à peine, errent dans ces forêts sans limite où le gibier abonde, partout où il n'a point été effarouché par le voisinage et le tumulte des chantiers.

Le lac Témiscamingue qui reçoit l'Ottawa supérieur, accuse un mode de formation qui lui est commun avec tous les lacs de la contrée. C'est une vallée longue et étroite, close à sa base par des endig^uements naturels, au-dessus desquels le trop plein des eaux déborde. Ce lac qui mesure soixante-quinze milles jusqu'à la chute du Long- Saut, sert de régulateur k la rivière dont le débit demeure ainsi relativement fort constant. C'est de là que partent les voyageurs qui descendent à la baie d'Hudson. Les terres, aux environs du Témiscamingue, en général fertiles, sont ouvertes depuis quelques années à la colonisation.

En sortant du lac Témiscamingue, l'Ottawa s'infléchit au sudest et forme un arc de cercle assez prononcé. Il coule, déjà puissant, entre des montagnes incultes. On l'a comparé, assez justement, à un immense chapelet dont les g^rains seraient les lacs et dont la chaîne seraient les rapides. En effet, après quelques milles d'un cours tranquille où il s'étale en vaste nappe, l'Ottawa se rétrécit tout à coup, se précipite à travers les rochers dans une course

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