LES MISSIONS DES CHANTIERS
Monseigneur Bourget, dont la sollicitude pastorale s'étendait à tous les besoins de son diocèse, v'oyait avec douleur qu'une foule de voyageurs et de bûcherons restaient, pendant des années, au tond des forêts, dénués de tout secours religisux. Dès la fin de de 1841, il écrivait à M. Désautels pour le prier d'aller passer quelques semaines, chaque hiver, dans les chantiers de l'Ottawa, et d'y visiter les catholiques. M. Désautels lui répondit, par une lettre du 10 janvier, que cela était impossible. Les chantiers occuperaient, dit-il, non pas un prêtre pendant quelques semaines, mais deux missionnaires pendant l'hiver tout entier, et encore faudrait-il que l'un de ces missionnaires fut anglais.
Le 14 février de la même année, M. Truteau, secrétaire de Mgr. Bourget, lui fit savoir que, puisqu'il lui était impossible de visiter cette année, les chantiers, il eut soin, tout au moins, lors-
* Le P. Telmon naquit en i8o7, à Barcelonnette, France. Ordonné en 1830, il fut l'un des pionniers de sa cong-régration au Canada. Son talent supérieur le désigna pour la fondation de Bytown. Après l'installation de Mgr. Guigfues, il partit pour les Etats-Unis où il visita successivement les maisons de sa congrégation à Pittsburg et au Texas. Rentré en Europe en 1850, il fut attaché, en 1863, à la maison de Viviers. Son nom est reste en vénération parmi nous.
que le printemps viendrait, d'aller voir les draveurs qui descendaient en radeaux la rivière et de leur prodiguer les soins de son ministère.
Toutefois, Mgr. Bourget comprit la justesse des observations de M. Désautels, et là encore, comme pour les missions sauvages, il s'adressa au provincial des Oblats.
A partir de 1845, nous voyons deux de ces religieux employés à ce fructueux ministère. Le chef de ces premiers missionnaires était le P. Durocher. Il eut en 1845, pour compagnon dans sa première visite, le P. Brunet.f
L'année suivante (1846) son assistant fut le P. Médard Bourassa dont nous aurons souvent l'occasion de parler et qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme, M. J. B. Bourassa. Le P. Fitzhenry i l'accompagna en 1847.
On le voit, si Mgr. Bourget fut l'initiateur des misssions des chantiers, celui à qui revient la gloire de leur organisation fut, sans contredit, Mgr. Gui^ues. Il convient donc d'attendre au livre suivant pour étudier avec plus de développement cette œuvre qui fut, pour notre diocèse, d'une importance capitale.