SAINT-JOACHIM DE LA CHUTE-A-BLONDEAU
Sur les bords de l'Ottawa, à cinq milles ouest de la Pointe- Fortune, s'élève dans la plus belle situation du monde, le petit villag-e de la Chute-à-Blondeau. Les habitants de ce village, presque tous occupés à la drave* sur la rivière, étaient en majorité catholique. M. Collins y allait, de temps en temps, faire mission dans la maison d'un M. Félix Baudrillard. En 1857, les catholiques de Saint-Joachim demandèrent à Mg-r. Guigues l'autorisation de bâtir une chapelle. Ils donnaient pour raison la distance de Saint-Eugène et leur nombre considérable (70 familles). Ils espéraient que la perspective d'un service religieux plus régulier attireraient promptement de nouveaux colons. L'évêque les autorisa dès lors à construire une maison de 40 pieds sur 24 qui servit de chapelle-presbytère, et à acquérir un terrain de huit arpents.
A cette même époque, les catholiques du Grand-Chantier, (Sainte-Anne de Prescott), au nombre de cinquante familles, firent une pétition analogue à monseigneur. L'évêque d'Ottawa suivit toujours avec intérêt les progrès de Saint-Joachim, qu'il semble avoir affectionné, à cause de la beauté de son site et de la piété des fiabitants. Le 21 juillet 1860, dans la première visite pastorale qu'il y fit, il constata qu'on bâtissait une grande maison en pierre, sur les plans de M. Collins, et que la paroisse possédait six arpents de terre, dons de M. Deslauriers et quelques autres catholiques. Ceux-ci demandèrent un prêtre résidant, mais Mgr. Guigues qui était la prudence et la bonté même, leur répondit, selon son habitude, que pour pouvoir suffire à une si lourde charge la population devait doubler de nombre. Toutefois, à partir de ce temps, M. Collins les déservit régulièrement.
Nous trouvons, à plusieurs reprises, dans les papiers de l'évêque d'Ottawa, un souvenir bienveillant pour la mission de Saint-Joachim, et des regrets de la voir si longtemps végéter.
* Au flottage des radeaux de bois.