MISSION DE SAINT-DECLAN
L'éloig-nement des cantons de Lavant et de Darling- et le petit nombre des catholiques qui habitent ces plateaux arides ont toujours fait de Saint-Declan une mission difficile à desservir. Mgr. Duhamel et M. Foley, voulant remédier, dans la mesure du possible, à ces inconvénients, résolurent d'y faire construire une chapelle convenable où les cathohques pourraient se réunir de temps en temps.
A cette fin, le Rév. M. Foley acquit de M. Andrew Bell, agent de la compagnie foncière du Canada, un lopin de terre de cinq arpents, dont deux à titre gracieux, dans le lot n° 4 de la première concession du canton de Darling. Sur cet emplacement il fit construire par MM. Clément, d'Almonte, une petite chapelle de trente-deux pieds de long sur vingt-deux de large, qui fut bénite par lui-même, le 7 juillet 1889. En cette solennelle circonstance si longtemps attendue par toute la population, le Père Dontenville, oblat, prêcha dans les deux langues. Ce même jour, on érigea le chemin de la croix, et trois statues, celles du Sacré-Cœur, de la sainte Vierge et de saint Joseph furent également bénites.
Le 27 septembre 1893, Mgr. Duhamel se trouvant à Almonte, en tournée pastorale, poussa jusqu'à cette région éloignée. Il donna la confirmation à une cinquantaine de personnes de tout âge, depuis quatorze jusqu'à soixante-dix ans. Sa présence consola et ranima ces pauvres catholiques.
Au mois de juin 1875, le Rév. Père Alexis, capucin, accompagna également le Rév. M. Foley à Saint-Declan et y donna quelques instructions.
On compte à Saint-Déclan environ vingt-cinq familles catholiques dont cinq irlandaises que M. Foley visite une fois tous le^ deux mois.
2l6 SAINT-CÉLESTIN DE PAKENHAM ET SAINT-MICHEL DE FITZROY.
Depuis de longues années déjà, le Rév. M. Lavin méditait de construire une belle église et un presbytère à Pakenham. Mais, à rencontre de presque tout le monde, il avait horreur des dettes et ne voulait entreprendre ces constructions que lorsqu'il aurait en caisse tout l'argent nécessaire pour payer les dépenses jusqu'à la dernière obole. Enfin le moment si longtemps préparé arriva. Un contrat fut signé avec l'entrepreneur Fauteux pour la bâtisse d'une église, d'une sacristie et d'un presbytère d'après les plans des architectes Roy et Gauthier, de Montréal. L'église et la sacristie devaient être en pierre, le presbytère en briques. La première pierre de l'édifice fut posée par Mgr. Duhamel le 31 juillet 1892 et les travaux furent poussés si vigoureusement que le 17 décembre 1893, l'archevêque d'Ottawa put en faire la bénédiction solennelle en présence d'un nombreux clergé et d'une affluence considérable de fidèles. L'église a cent vingt-six pieds de longueur sur cinquante de largeur ; la sacristie en. compte quarante-deux sur trente. x
Toutes ces constructions n'ont coûté que la somme relativement faible de vingt-deux mille piastres, dont dix-huit mille deux cents pour l'église et trois mille huit cents pour le presbytère. Nous disons que cette somme est faible relativement ; en effet, tous ceux qui ont visité l'église sont d'accord pour dire que l'entrepreneur Fauteux, pourtant si habile, a dû faire dans ses calculs quelque grave erreur à son préjudice. m
Il ne manque plus rien aujourd'hui à la paroisse de Pakenham au temporel comme au spirituel, si ce n'est peut-être un accroi: sèment de la population.
Pakenham ne compte en effet que cent familles catholiques. La mission de Fitzroy Harbor en a, de son côté, soixante-neuf. Il n'y a que six familles canadiennes, une à Pakenham et cinq à Fitzroy.
Le comté de Carleton renferme actuellement deux nouvelle^ paroisses ; Sainte-Marie de Bayswater et Saint-François d'Assis de Hintonburgh ; mais comme elles ne sont, à proprement parler.
que des faubourgs d'Ottawa, nous avons cru devoir faire leur histoire en même temps que celles des autres paroisses de la ville. Terminons ce chapitre par le tableau comparatif des deux recensements de 1881 et de 1891.