SAINT-ANTOINE DE PERKIN S MILLS
OMME nous l'avons vu dans divers chapitres précédents, la mission de Perkins' avait été desservie successivement par les RR. MM. Ginguet, Chaine, Dusserre, Trinquier et Charbonnier, curés de la Pointe-Gatineau, de Saint-Joseph d'Orléans et de l'Ange-Gardien.
A partir du 21 octobre 1881, la desserte de cette mission fut confiée par Mgr. Duhamel au Rév. M. Champagne, curé de la Gatineau, qui s'y rendit désormais, une fois tous les trois dimanches, jusqu'en 1887.
A cette époque, Perkins' avait pris assez d'importance pour que monseigneur jugeât à propos de lui donner un curé résidant. Le Rév. M. Joseph Pilon, vicaire à Saint-Eugène, y fut donc envoyé en cette qualité (15 octobre 1887) à la grande joie des habitants.
Ce prêtre ne fit d'ailleurs que passer à Perkin's. Dès le 14 juillet de l'année suivante, il était transféré à la cure de Wendover, et le Rév. J. U. Forget, vicaire à Thurso, était nommé à sa place.
M. Forget, homme actif, s'efforça de tirer le meilleur parti de
la situation qui lui était faite dans cette pauvre et petite paroisse.
A peine installé, il obtint de monseigneur (3 octobre 1888) la
permission de restaurer l'intérieur et l'extérieur de la chapelle. Ces
restaurations, il faut l'avouer, ne comportaient point d'importants travaux, car l'édifice ne vaut point la peine qu'on y dépense une somme considérable, somme qui serait mieux employée à la construction d'une ég^lise définitive.
Quelques événements méritent d'être mentionnés ici. Le 15 octobre 1887, jour de l'installation de M. Forget, le Rév. M Champagne, curé de la Gatineau, vint bénir une magnifique croix en fer, de dix-huit pieds de hauteur, dont il avait fait présent à son ancienne mission, et qu'il planta sur un haut rocher, à un mille environ de l'église.
Le 25 février 1889, le même M. Champagne, délégué par monseigneur, bénit trois statues et une croix pour la chapelle.
Au mois de septembre de la même année, M. Forget fit placer un aqueduc qui amena au presbytère l'eau de la montagne voisine. A la même date (26 septembre 1889) il bénit un autel et six statuettes.
Mais le grand désir de curé de Perkin's Mills était d'avoir un presbytère où il pût décemment habiter. La pauvreté des paroissiens semblait un obstacle insurmontable à l'exécution de ce plan. Heureusement, si les habitants étaient pauvres, les mines de phosphate et de mica, aujourd'hui abandonnées, étaient alors en pleine prospérité. M. Forget eut donc recours à tous les moyens usités en de telles circonstances : quêtes, bazars, etc., etc., si bien que, grâce à la bonne volonté combinée des fermiers et des mineurs, il vint à bout de son entreprise, et commença (26 avril 1890) la construction d'un beau presbytère en bois, dans lequel il entra, le 19 septembre de la même année. La vieille maison fut transportée de l'autre côté de la chapelle. Le 7 octobre 1891, une petite sacristie de 20 pieds sur 18 fut ajoutée à l'église. Le 15 juillet 1894, une statue de sainte Anne fut bénite. Le 17 mars 1895, une statue de saint Patrice fut achetée et placée dans la chapelle pour servir de pendant à celle de sainte Anne.
Telle est l'histoire peu mouvementée de la paroisse de Perkin's Mills.
Une retraite a été prêchée dans cette paroisse en 1891, par les Pères rédemptoristes. Il y existe plusieurs écoles catholiques :
,es deux premières, fondées en 1865, au village et dans la concession Saint- Antoine ; la troisième, ouverte en 1880, dans la concession Saint-Patrice, pour les irlandais ; la quatrième, créée en 1889 aux Lacs ; la cinquième et dernière, établie en juin 1892, dans la concession Saint-Jean-Baptiste.
La paroisse de Perkins' Mills compte environ 152 familles dont 64 irlandaises.
Le Rév. M. Forget vient d'être chargé (12 octobre 1896) de la paroisse importante d'Embrun ; 11 a pour successeur à Perkins le Rév. M. D. Bélanger, vicaire à Saint-Philippe d'Argenteuil (19 octobre 1896).*