MISSION DE SAINTE-ROSE-DE-LIMA DE EAST-TEMPLETON
Au sud de Perkins' Mills, sur la ligne du Pacifique et sur le bord de l'Ottawa, s'étend une région fertile occupée depuis long- ; temps par des fermiers protestants. Il y a quelques années, des • canadiens-français commencèrent à y faire apparition mais se trouvant trop éloignés des paroisses limitrophes de l' Ange-Gardien et de la Pointe-Gatineau, ils étaient comme abandonnés à euxmêmes et n'avaient aucune chance de prendre le dessus sur leurs nombreux et puissants voisins, car le canadien, pour prospérer, a besoin de la présence et des encouragements de son curé.
Dans ces conjonctures, ils s'adressèrent à monseigneur et lui firent part de l'ambition qu'ils nourrissaient de devenir une mission de Perkins' Mills et de construire une chapelle.
Monseigneur agréa leur demande. Accompagné du Rév. M. Champagne, il se rendit (30 août i889)à la station de East-Templeton et choisit, à quelques arpents de la gare, un terrain pour le fsite de la chapelle qui fut généreusement donné par un citoyen du ■lieu, M. Joseph Hurtubise.
C'était le jour de la fête de sainte Rose-de-Lima. La vierge péruvienne fut donc donnée pour patronne k la nouvelle mission, -t
* M. Forg-et vient de faire un pèlerinage en Terre-Sainte (17 octobre .; 1895—25 février 1896). Pendant son absence, la paroisse de Perkins fut confiée atix soins du Rév. M. Touchette.
Le Rév. M. Forg-et, curé de Perkins, fut charg-é de la desserte de cette congrégation.
M. Forget, sans perdre de temps, fit procéder à l'élection de trois marguillers (15 octobre 1889) MM. Léon Madore, Hormisdas Beauchamp, et John Williams, puis il convoqua (22 et 23 octobre) les habitants à des corvées pour le transport de la pierre nécessaire aux fondations de la chapelle.
Les travaux marchèrent avec une surprenante rapidité. Commencées le 30 octobre 1889, les fondations furent poussées si vivement que le 18 novembre suivant on leva la charpente et que le 6 janvier 1890, après une bénédiction privée donnée par le curé, on put chanter la première messe dans l'église. Il est vrai que les travaux de l'intérieur n'étaient rien moins qu'achevés.
Le 1 1 juin 1890, les stations du chemin de la croix furent érigées dans la chapelle par le Rév. M. Champagne, délégué ad hoc.
Le 10 août de la même année, une cloche de cinq cents livres fut bénite par Mgr. l'archevêque.
Le 8 janvier 1893, bénédiction des statues du Sacré-Cœur et de saint Joseph.
Le 8 novembre 1893, O" commença la construction de la voûte de l'église et tous les travaux qui restaient à faire à l'intérieur. Les murs extérieurs furent ensuite peinturés, de sorte que le 30 août 1895, monseigneur l'archevêque put procéder à la bénédiction solennelle de l'édifice auquel rien ne manque plus qu'une sacristie et un clocher. Le clocher se construit actuellement (octobre 1896).
La chapelle de Sainte-Rose-de-Lima est en bois, longue de 60 pieds et large de 42. Les plans ont été tracés par l'entrepreneur Fauteux ; les travaux de charpente ont été faits par M. Béland. C'est une construction fort convenable et suffisante pour la mission.
Aujourd'hui tout prospère à Sainte-Rose de Templeton. Les catholiques arrivent, non par foules sans doute, car les terres y sont fort chères, mais un à un. Un petit village commence à se
former entre l'église et la station, et rien ne manque plus au bonheur de ces braves habitants, que la présence d'un curé résidant.
Il y a deux écoles à Templeton, l'une fondée en 1865, dans le deuxième rang, l'autre qui date de 1890, dans le quatrième.
La mission comprend environ cent familles, dont onze irlandaises.
Le vœu le plus cher des paroissiens de Sainte-Rose vient enfin de s'accomplir. Le Rév. M. Chamberland, de SufFolk, a été nommé curé résident à East-Templeton, le 19 octobre 1896.
La propriété de l'église de Sainte-Rose comprend huit arpents déterre, dont un fut concédé gratuitement par M. J. Hurtubise et le reste fut acquis au prix de $350, en 1891. Le clocher a coûté $450.
Un joli presbytère en bois, lambrissé de briques a été construit, et livré à M. Chamberland dans les premiers jours de cette année (1897). Prix, environ $2,000.
Une magnifique école qui sert en même temps de mairie vient d'être édifiée presque en face de l'église. Non loin de là, une mine de feldspath a été ouverte par une compagnie américaine. Enfin, MM. McClaren et Cie montent actuellement, sur la rivière, des scieries puissantes qui attireront des ouvriers en grand nombre.
Parmi les citoyens qui ont le plus contribué au développement de la mission de Sainte-Rose par des sacrifices de toutes sortes il n'est que juste de citer les frères Beauchamp, MM. Dufresne, Madore, Williams, Campeau,
l'ange-gardien d'angers.
Le Rév. M. Charbonnier était curé de l'Ange-Gardien depuis plusieurs années, lorsqu'il fut atteint de la maladie qui devait l'emporter. Il mourut pieusement à l'hôpital- d'Ottawa, le 25 août 1884. Son succeseur fut un ancien vicaire de la Gatineau, le Rév. M. J.-B. Langlais, qui est demeuré jusqu'à nos jours à l'Ange-Gardien.
M. Langlais s'occupa tout d'abord, de conquérir l'affection de ses paroissiens qui passaient alors pour avoir une humeur difficile, mais qui démentirent promptement ce préjug-é défavorable formé contre eux. Puis, lorsqu'il se fut assuré de leurs sentiments, il n'eut aucune peine à terminer l'église.
Dans sa visite de juin 1887, Mgr. l'archevêque constata avec satisfaction que l'église était effectivement terminée à l'intérieur et décorée, et qu'un petit clocher avec une sacristie avaient été construits. Déjà même on avait creusé les fondements d'un beau presbytère.
Le besoin d'un presbytère se faisait en effet sentir, car le curé vivait dans une masure. Les paroissiens de l'Ange-Gardien voulurent faire noblement les choses. Les syndics : MM. Zotique Routhier, Charles Mongeon, Cyprien Laframboise, Louis Lahaie et Samuel Kelby, donnèrent donc à M. Cyrias Ouellet, de Kamouraska, l'entreprise d'une magnifique résidence, en pierres bosselées, de 40 pieds sur 36, avec un étage et toit français, pour une somme de cinq à six mille piastres. L'entrepreneur de la maçonnerie fut M. [os. Richard ; les travaux de charpente et de menuiserie furent confiées à MM. Ouellet et F. Marceau. L'édifice, un des plus beaux du diocèse, fut terminé dans les derniers jours de 1888, et bénit, le 2 janvier 1889. par le Père Adélard Langevin, supérieur du séminaire d'Ottawa, lequel se fit accompagner pour la circonstance, d'un certain nombre de jeunes ecclésiastiques.
Les œuvres paroissiales à l'Ange-Gardien se trouvèrent alors complétées et en bon ordre. Nous n'avons plus à noter que la bénédiction du chemin de croix de la sacristie, le 6 mars 1892 ; l'érection de la magnifique croix du cimetière, par le Père Ladislas, capucin, le 10 octobre 1892, et la pose d'une couverture neuve en zinc sur la toiture de l'église (octobre 1896).
Plusieurs mission ou retraites ont été prêchées à l'Ange-Gardien : la première, à l'occasion du jubilé de 1876, par les RR. MM. Michel, Dusserre et Champagne ; la seconde, en septembre 1881, par le Rév. Père Jutteau, dominicain ; la troisième, en novembre 1S89, par les RR. PP. Laçasse et Marsan, oblats.
Plusieurs sociétés et confréries ont été établies dans la paroisse :
Enfants-de-Marie, le 4 décembre li
Union de Prières, le 3 novembre 1887.
Scapulaire du Mont-Carmel, le 20 octobre iJ
Les trois écoles paroissiales datent toutes de la même époque (septembre 1863).
La paroisse de l'Ange-Gardien a grandi lentement, car son territoire est peu étendu, mais aujourd'hui elle compte parmi les plus pieuses et les mieux établies du diocèse. Les familles suisses qui l'habitent persévèrent dans leur erreur, mais elles ont, grâce à Dieu perdu toute influence. M. Langlais a eu un vicaire ou plutôt un desservant, le Rév. M. A. Arnauld, qui le remplaça pendant un voyage qu'il fit en France, à Rome et en Terre-Sainte, du 21 mars au 3 août 1893.
On compte actuellement à l'Ange-Gardien environ cent soixante-huit familles catholiques toutes canadiennes-françaises, sauf six qui sont irlandaises. • ^'1