‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 166 sur 277 · SAINT-CASIMIR DE RIPON · texte numérisé non relu

SAINT-CASIMIR DE RIPON

Le Rév. M. Jacob Gay, curé de Ripon, après avoir terminé et restauré son presbytère, en 1881, continua chaque année à faire quelques améliorations aux édifices paroissiaux. En 1882, il fit agrandir et clôturer le cimetière. L'année suivante, son conseil de fabrique se détermina à demander des plans pour la décoration et l'achèvement de l'église (11 février 1883). Ces plans, dressés par le Rév. Père Michaud, de l'ordre des Viateurs, de Mile-End, furent soumis à monseigneur, qui les approuva, et présentés à l'entrepreneur Fauteux, lequel se chargea de les exécuter intégralement

pour la somme de $5,500 (avril 1883). Le contrat fut donné à ces conditions, et lorsque, en 1886, l'église tut complètement terminée, elle excita l'admiration universelle. Il est vraiment à regretter que les murs soient en bois et qu'elle se trouve déjà trop étroite pour le nombre croissant des habitants.

Le 24 mars 1887, furent érigées dans l'église ainsi transformée, de belles station du chemin de la croix, cadeaux de plusieurs personnes généreuses. En i8go on mit à l'église et à la sacristie des châssis doubles, et l'on fit diverses réparations aux dépendances du presbytère.

En 1891, le presbytère fut lambrissé à neuf et peinturé à l'extérieur, tandis qu'une nouvelle couverture en ferblanc remplaça le vieux bardeau qui faisait eau de toutes parts.

C'est ainsi que la paroisse de Saint-Casimir de Ripon, autrefois si pauvre, est devenue peu à peu, grâce au zèle de son curé, une des meilleures et des mieux organisées du diocèse.

Aussi lorsque, au printemps de 1895, les paroissiens voulurent fêter les noces d'argent de leur pasteur, Mgr. l'archevêque et un grand nombre de prêtres se firent-ils un devoir de rehausser cette cérémonie de leur présence.

Plusieurs congrégations et confréries ont été établies dans la paroisse, e'ntre autres, les Enfants-de-Marie, les dames de Sainte- Anne et la ligue du Sacré-Cœur, cette dernière fondée en juin

Plusieurs retraites ont été prêchées dans la paroisse :

Les deux dernières, en septembre 1893, par le Rév. Père Alexis, capucin ; en juin 1894, par les RR. PP. Pichon et Duguay, jésuites.

On compte à Ripon un grand nombre d'écoles : les trois dernières, celles du Petit-Hartwell, de Mulgrave et du Lac, furent fondées en 1892.

La population de la paroisse s'élève à 295 familles, dont 2 seulement sont irlandaises.

SAINT-FÉLIX DE VALOIS DE CHÉNEVILLE, CANTON d'hARTWELL.

Le passage de M. Dacier à Hartvvell fut fort court, du ler octobre 1882 au 2 octobre 1883. Il s'occupa d'améliorer l'église

en faisant faire, par M. Octave Chartrand, une fausse voûte et ui jubé. Son successeur, le Rév, J. L. Francoeur arriva à Hartvvell, le k octobre ]88, et quitta cette paroisse le i6 mai 1886. 11 fut remplacé par un français, le Rév. L. A. Mangin, qui s'installa à Hartwell le 23 du même mois. On doit à ce prêtre l'achèvement du presbytère, la construction d'une g-alerie et de deux remises, pour les voiture et pour le bois, ainsi que la réfection des clôtures des terrains paroissiaux et du cimetière.

Cependant la paroisse augmentait tous les jours et les deux missions de Suffolk et de Preston commençaient à prendre de l'importance. Dans ces conjonctures, M. Mangin crut de son devoir de demander un vicaire à monseigneur qui lui envoya le Rév. M. Charles Proulx (15 juin 1889).

L'année suivante (lerjuin 1890) M. Proulx fut nommé curé résident à SuflFolk. M. Mangin, de son côté, fut appelé à fonder la nouvelle paroisse de Notre-Dame des Neiges de Masson (20 août). Son successeur, le Rév. M. .Adrien Casimir Guillaume, alors vicaire à Buckingham, prit (24 août 1890) possession delà cure d'Hartvvell, poste qu'il occupe encore aujourd'hui.

Le 15 juin 1891, le nouveau curé fit bénir par monseigneur, alors en tournée pastorale, une cloche de six cents livres.

Cette même année, il accompli ce que ses prédécesseurs avaient vainement tenté de faire : nous voulons parler de l'achèvement de l'église. Elle présentait jusque là un aspect des plus misérable. Les paroissiens se décidèrent enfin à faire un effort. Le contrat fut donné à William Pambrun qui réussit, non sans doute à en faire un monument, mais à la transformer en un édifice propre et convenable pour le moment. Un joli clocher fut élevé ; l'ancienne sacristie fut remplacé par une neuve fort vaste et fort belle. Cette nouvelle sacristie mesure en effet 50 pieds sur 30 et a toute l'apparence d'une église d'hiver avec sa voûte, ses colonnes et son chœur le tout bien terminé.

En 1892, furent érigés deux chemins de croix : l'un dans l'église (17 janvier) par le Rév. M. Bélanger, le Rév. Père Ladislas, capucin, taisant le sermon de circonstance ; l'autre dans la sacristie (7 février) par M. Guillaume.

Cette même année, une belle statue de sainte Anne fut placée dans l'église.

Le 17 juin 1894, un bel org-ue, de la manufacture des frères Casavant, de Saint-Hyacinthe, fut acheté et bénit.

La paroisse de Saint-Félix de Valois de Chéneville, car tel est son nouveau nom, possède plusieurs congrégations ou confréries :

Le Très-Saint-Rosaire, érigé le 24 octobre 1880. Le scapulaire du Mont-Carmel, érigé le 23 mars i8go. Les dames de Sainte-Anne, érigée le 6 août 1892, La Sainte-Famille, érigée le 29 mai 1893. La ligue du Sacré-Cœur, érigée le 29 novembre 1894. Plusieurs retraites y furent prêchées dans l'ordre suivant ; En juillet 1890 par le Rév. Père Brunet, oblat. En juillet 1892 pour les fenlmes, par le Rév. Père Pacifique, capucin.

En juin 1894 par les RR. PP. Pichon et Duguay, jésuites.

Voici maintenant la liste des écoles paroissiales avec la date de leur fondation :

Ecole chez M. J.-B. Périer, de 1864 à 1868.

Ecole du Grand-Lac, de 1866 à 1870.

Ecole du village, fondée en 1870.

Ecole du rang Saint-Jean-Baptiste de Ripon, fondée en 1875.

Ecole du rang Saint-Joseph, fondée en 1890.

Ecole du rang Saint-Michel, fondée en 1890.

Ecole du rang Saint-Paul, fondée en 1890.

Ecole du rang Sainte-Magdeleine, fondée en 1891.

Ecole du rang Saint-Henri, fondée en 1891.

L'école située chez M. Périer a été remplacée, en 1870, par celle du village. Celle du Grand-Lac a été également abolie.

La paroisse d'Hartwell a pris, dans ces dernières années, de grands accroissements. Elle compte environ 330 familles, toutes canadiennes. Le curé d'Hartwell dessert la petite mission de Preston.

MISSION DE NOTRE-DAME DU MONT CARMEL DE PRESTON.* (aujourd'hui DUHAMEL.)

La mission de Preston, à treize milles au nord d'Hartwell, comprend, jusqu'à nouvel ordre, les immenses territoires déserts qui la relient à la mission du Nomining'ue, c'est-à-dire les trois cantons de Preston, de Gagnon et de Lesage. Rien n'égale la beauté de ses montagnes et des lacs qu'on y trouve en grand nombre, et dont quelques-uns sont considérables, tels que les lacs Long, du Poisson-Blanc, des Sables.

Le canton de Preston n'est ouvert que depuis quelques années à la colonisation. Longtemps on ne connut dans le pays que la ferme de chantiers de la compagnie Edwards sur le grand lac.

En 1880, le Rév. M. Thérien, chapelain de l'école de réforme de Montréal, commença la fondation d'une espèce de ferme-école sur laquelle il plaça quelques jeunes gens de la ville, mais ses louables efforts ne furent point couronnés de succès, car ces jeunes colons, dégoûtés des travaux rustiques, ne tardèrent point à l'abandonner.

En 1881, quelques habitants d'Hartwell, colons plus sérieux, commencèrent à monter à Preston : c'étaient Augustin Mercier, Grégoire Carrière et Joseph Nault. L'année suivante, Henry Gallagher, Félix Deguire dit Larose et Alexandre Tremblay, de Saint-André-Avellin, vinrent s'établir à côté des premiers. En 1883, ce fut le tour de Zotique Thérien et de Paul Desjardins, de Terrebonne. Le premier construisit une scierie sur le rapide des Pins.

Les familles Paul Filliatreault, Eloi Champagne, J. Mousseau, J. Eymard, Antoine Désormeaux, arrivèrent successivement dans les années qui suivirent.

Au mois de juillet 1887, Mgr. Duhamel, en cours de visite à Hartwell, se rendit jusqu'à Preston pour visiter et bénir les courageux colons et aussi pour choisir le site d'une chapelle. Trois emplacements lui furent proposés : l'un par M. Zothique Thérien qui avait même commencé quelques travaux sur la Chute des

* Extrait des notes du Rév. M. Guillaume.

Pins ; l'autre par MM, F. Larose et Alexandre Tremblay sur les Nos. 27 ou 28 du 3e ou 4e rang ; le dernier par le Rév. M. Thérien au bas du lac Long.

Après mûre délibération, le choix de monseigneur se fixa sur le lot 27 du 3e rang comme étant le site plus central. Trois généreux colons donnèrent à l'église un terrain considérable : M. Félix Larose céda 25 arpents sur le lot No. 27 ; M. Alexandre Tremblay en ajouta 25 autres sur le lot No. 28 du 3e rang, tandis que en face, sur le 4e rang, lot No. 28, M. Alexandre Morleau donnait encore 50 arpents.

Aussitôt la décision de monseigneur connue, le Rév. M. Mangin, curé d'Hartwell, commença la construction de la chapelle. Il reçut de la société de colonisation d'Ottawa la somme considérable de $300 qui l'aida grandement à mener à bien cette œuvre. L'église tut bâtie par Félix Larose ; elle comptait 36 pieds de long sur 24 de large. On parvint à la lever et à la garnir de quelques bancs (1888). La cloche, qui est fort belle et qui fut bénite par le fameux curé Labelle, fut également donnée par la société de Colonisation.

Le premier colon du canton voisin de Gagnon s'établit à cette époque (1889). Il s'appelle Maxime Dumoulin. Parti du Nominingue avec sa famille, composée de huit garçons et d'une fille, il vint se fixer auprès du ruisseau ou Creek-Cimon.

L'année suivante (2 novembre 1890) le Rév. M. Guillaume, curé d'Hartwell, érigea dans la chapelle les stations du chemin de la croix ; c'étaient les anciennes stations de Ripon, données à Preston par M. Jacob *Gay.

Les bons colons travaillèrent ensuite à finir l'intérieur de la chapelle. En 1892, ils réussirent à faire les enduits, le plafond, un double plancher, et à peinturer l'autel, le vestiaire, la table de communion, les portes et les fenêtres. Cette même année, au mois de juillet, le Rév. Père Pacifique, capucin, vdnt prêcher une retraite qui fut suivie assidûment, et qui produisit le plus grand bien. Il manquait encore à l'église ces statues si chères à la dévotion des catholiques. Les femmes de la mission prirent l'initiative de leur achat, et, grâces à leurs sacrifices, grâce aussi à la gêné-

rosité de leur curé, elles acquirent les trois statues du Sacré-Cœur, de la sainte Vierge et de saint Joseph que M. le curé bénit le premier mardi du mois de mai 1893.

Au mois de juillet de cette même année, monseigneur fit sa seconde visite à Preston, la première k la nouvelle chapelle. Dans cette visite, il bénit la croix du nouveau cimetière.

Tel est le résumé de l'histoire de Notre-Dame du Mont-Carmel de Preston. Cette mission ne possède encore qu'une société pieuse, celle de la Sainte-Famille, fondée le premier mardi de juin

Il n'y a non plus qu'une école, ouverte près de la chapelle, dans la maison de M. F. Lefebvre ) elle fut fermée au bout d'une année, faute de ressources. Ouverte de nouveau en 1893, la chapelle servit temporairement de salle de classe, jusqu'à ce que, en 1894, une maison fut construite spécialement à cet effet, en face de la chapelle, par l'entrepreneur Adélard Lamontagne, au prix de $225.

La population de la mission s'élève à trente-huit familles, toutes canadiennes, dont une seule est établie dans le canton Gagnon. Cette mission a toujours été desservie, depuis son origine, par le curé d'Hartwell.

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