TERRITOIRES PRUSSIENS
de l'ancienne province de la Netze jusqu'à Grand Opoezko ; puis prenant de là par Chwiska^ Chelma et Orschowo, elles s'étendaient jusqu'à la ville dePowiedz, au confluent de la Prosna et de la Wartfaa; enfin, laissant Kalisch de côté, elles se terminaient au village de Gola, vis-à-vis de celui de Pitchen, situé en Silésie. Les pays renfermés entre ces lignes composèrent le 'grand duché de Posen^ ayant 530 000 milles carrés de superficie et 760 000 habitants.
« C'est ainsi, dit M. Gervinus^ que la Prusse expia la politique incertaine de son roi et de ses hommes d'État. Jetée, comme la plus grande puissance de l'Europe centrale^ entre les quatre grandes puissances^ qui, suivant leur politique traditionnelle s'étaient tendu la main par-dessus cet État du centre en s'alliant, la Russie avec la France, et l'Angleterre avec TAutriche, la Prusse s'était trouvée dans une position désavanta* geuse vis-à-vis de chacune d'elles. Du côté de la Russie, elle se trouvait exposée à toutes les attaques à cause de ses frontières ouvertes, traversant un pays plat. La Pologne, cette nouvelle acquisition du czar, s'était enfoncée comme un coin jusqu'à la Prosna, entre l'Autriche et la Prusse, et ce territoire offrait de rares avantages militaires, qui avaient excité l'admiration de Napoléon, et dont la Russie venait tout récemment de profiter merveilleusement. Au Sud, les intentions hostiles de la Prusse avaient jeté la Saxe dans les bras de l'Autriche. La Bavière restait également attachée à cette dernière puissance et renonçait à ses anciens rapports avec la Prusse. A l'ouest, celle-ci devait avec une seule partie de son territoire former une barrière con-
tre la France^ qui dépassait de plus de moitié par sa population ses deux parties réunies. En outre ces deux parties s'étendaient depuis Memel jusqu'à Sarrebruck, avec un développement de frontières tel que, dans des conjonctures semblables, TAutriche, deux fois plus puissante que la Prusse, n'avait pu les défendre à une époque antérieure. De plus enfin cette ligne immense était coupée au milieu parle Hanovre, jaloux de la Prusse et uni à l'Angleterre. Et c'était en faveur de ce même royaume de Hanovre que la Prusse avait renoncé à ses communications avec la mer du Nord et qu'elle avait abandonné la Frise orientale, ce joyau du grand électeur, dont la possession eût été du plus grand prix pour elle après Torganisatioa^ du ZoUverein ! Et c'était à cette même Bavière qu'elle avait cédé les principautés de la Franconie, qui montraient un attachement si invariable à la maison de Prusse ! En échange, elle avait obtenu une population qui, par sa confession religieuse, par les institutions françaises qu'y avait laissées la longue domination de la France, ainsi que par les liens qui avaient autrefois existé entre elle et ses princes ecclésiastiques, contenait des éléments aussi hétérogènes et aussi inconciliables que possible, qui devaient offrir les plus grandes difficultés à l'administration prussienne.
» Mais si la formation du territoire prussien était une œuvre diplomatique fort mal réussie, cependant un destin favorable a veillé sur cet État, en lui permettant de trouver dans ces défauts mêmes un moyen d'atteindre à une fortune d'autant plus grande. Ce qui, au point de vue du vieux parti prussien, pouvait être con-