AVANTAGES DE LA PRUSSE
sidéré comme une défaite, pouvait devenir une résurrection au point de vue allemand. Étendant ses ramifications dans d'autres États allemands^ coupée et entourée par eux, comme elle Ta été depuis ce temps, débarrassée d'une grande partie de son territoire polonais et des soucis qu'il lui avait causés, de puissance slave qu'elle était, la Prusse devenait un État entièrement allemand, en même temps que TA utricfae perdait ses possessions dans la Souabe, son empire allemand et son influence sur la noblesse séculière et ecclésiastique de TAllemagne. En consentant à se dédommager sur le Rhin, la Prusse déclara expressément à Vienne que « c'était seulement pour la défense de TAllema- )) gne » qu'elle se chargeait de ces pays, que déjà Pitt avait désiré voir entre les mains de la Prusse , comme une barrière solide contre les empiétements de la France. Dès cette époque, les patriotes comprirent que la Prusse se plaçait à la tête de l'Allemagne, et ils saluèrent cette tournure des affaires avec une conviction énergique, telle qu'elle se manifesta encore plus tard avec le même enthousiasme en 18(i8. Il s'agissait dès lors uniquement pour la Prusse de répondre à ces espérances en montrant une sollicitude dévouée pour les intérêts de l'Allemagne. Dans ce cas, elle se serait assuré pour l'avenir des titres bien plus considérables et fondés sur la nécessité, ainsi que sur sa position insuffisante; elle aurait concentré les membres épars et hétérogènes de son État pour en faire un ensemble beaucoup plus uni qu'elle n'aurait jamais pu l'obtenir avec la Pologne, sur un territoire bien cohérent et arrondi. »
Quant à la question de la constitution de la confédération germanique^ on s'empressa également de la résoudre. La Prusse et TAutriche se concertèrent pour présenter un projet qui pût servir immédiatement de base aux délibérations. Les conférences commencées le 23 mai aboutirent le 8 juin à la signature de Facte fondamental de la confédération. Personne^ du reste^ ne se faisait illusion sur ses défauts ; quelques uns des signataires, notamment la Prusse et le Hanovre, déclarèrent qu'ils ne signaient que parce qu'ils aimaient encore mieux avoir une confédération imparfaite que de n'en pas avoir du tout, et ils exprimèrent Tespoir que la diète germanique^ qui devait être prochainement constituée, en corrigerait les imperfections et en remplirait les lacunes.
Il serait trop long d'en transcrire ici toutes les dispositions ; il suffira de résumer les articles principaux.
Art. 1". — c( Les princes souverains et les villes libres d'Allemagne, en comprenant dans cette transaction LL. MM. l'empereur d'Autriche, les rois de Prusse, de Danemark et des Pays-Bas, et nommément l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse pour toutes celles de leurs possessions qui ont anciennement appartenu à l'Empire germanique, le roi de Danemark pour le duché de Holstein et le roi des Pays-Bas pour le grandduché de Luxembourg, établissent entre eux une confédération perpétuelle qui portera le nom de Confédération germanique.
Art. 2. — Le but de cette confédération est le maintien de la sécurité intérieure et extérieure de l'Aile-