RÉFORMES ADMINISTRATIVES
Magdebourg^ la réduction de la dette de 600 millions de thalers à 170 millions^ rétablissemenide nombreuses manufactures favorisé par le gouvernement et la transformation en terres fertiles d'une grande partie des sables arides du Brandebourg. Le ministère prussien^ bien décidé à ne rien céder en politique^ s'efTorçait de faire oublier les préoccupations libérales en couvrant le territoire de routes et de canaux et en faisant défricher les landes. Une ordonnance de 1839 introduisait les considérations d'humanité dans la réglementation du travail des enfants dans les manufactures; une autre de la même époque autorisait les communes qui voudraient fonder des caisses d'épargne à en faire la demande à l'autorité, après avoir pris Tavis du conseil municipal. L'année suivante une réforme pénitentiaire fut décrétée. Les détenus furent distingués en différentes classes, qui ne devaient jamais être confondues ensemble. Une des plus importantesdispositions ordonnait de diviser avant tout les condamnés en deux catégories, ceux qui avaient été entraînés au crime par une passion momentanée^ et ceux que leur longue perversité rendait incurables.
Nous avons vu que Frédéric-Guillaume avait été fort effrayé de la révolution de 1830, et qu'il avait été un moment près de se laisser entraîner à intervenir en Belgique. Mais il ne tarda pas à se rassurer quand il vit que Louis-Philippe^ porté sur le trône par la révolution, ne songeait qu'à faire oublier son origine. Il comprit que le repos de l'Europe n'avait rien à craindre d'un homme dont les instincts n'avaient rien de violent, et qui d'ailleurs n'avait aucun intérêt à réveiller contre la France
les souvenirs du premier empire. Au fond, il y avait plus d'une ressemblance entre la situation et le caractère des deux souverains; c'est par là qu^ils s'entendirent et se rapprochèrent. Aussi Frédéric-Guillaume s'appliqua-t-il à dissiper les défiances et les préventions des empereurs de Russie et d'Acutriche, d'abord fort mal disposés à l'égard de la famille d'Orléans. Son intervention, jointe à l'attitude presque constamment pacifique du roi Louis-Philippe, finit par triompher des inquiétudes des deux empereurs, qui connaissaient trop bien le vieux roi de Prusse, pour s.upposer qu'il pût prendre sous son patronage un prince disposé aux aventures de la politique ou de la guerre. Cette union de Frédéric-Guillaume avec Louis-Philippe finit même par prendre quelque ôhose d'intime. Quand en 1836, les ducs d'Orléans et de Nemours vinrent le visiter à Berlin, il mit de côté pour eux les règles de l'étiquette ordinaire. Il les combla, lui et toute sa famille, d'attentions et presque de tendresses si significatives qu'il était impossible de ne pas y voir un dessein arrêté d'être agréable à la France. La population de Berlin se joignit au roi et fit à ses hôtes une réception enthousiaste. Il est vrai que c'était pour elle un moyen de protester contre l'entêtement du roi à lui refuser les institutions représentatives qu'on lui avait promises. Applaudir les représentants de la révolution de Juillet, c'était s'y associer et rappeler au gouvernement que le peuple prussien ne renonçait pas à la pensée de l'imiter un jour ou l'autre. Le roi fit semblant de ne pas comprendre. Cependant il n'était pas sans inquiétude pour l'avenir. Il redoutait les instincts militaires du duc d'Orléans, et
craignait qu'un jour, s'il devenait maître de ses actions, il ne songeât à rendre à la France les frontières que lui avaient enlevées les traités de 1815. Aussi disaitil souvent : « Il faut marier ce jeune homme de bonne heure. » Louis-Philippe ne demandait pas mieux, et il consentit à accepter de sa main une épouse pour son fils.
Frédéric-Guillaume HT mourut le 7 juin 1840, à Tâge de soixante-dix ans et après un règne de près de quarante-trois ans.