‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 134 sur 178 · RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION DE

maintenant à vous donner, en témoignage de la confiance que j'ai placée en vous, nobles seigneurs et féaux États, ma parole de roi que je ne vous aurais pas convoqués^ si j'avais eu le moindre doute que vous puissiez songer à jouer le rôle de soi-disant représentants du peuple. »

Il était en effet impossible d'être plus franc^ et en même temps plus maladroit II le vit bientôt, mais cependant trop tard.

La diète germanique elle-même, ce palladium de la résistance à tous les progrès libéraux^ comprit ^ à la nouvelle de la Révolution française, qu'il fallait absolument donner quelque satisfaction à l'esprit public. Le 2 mars 1868, elle publia une proclamation, où elle faisait appel à la concorde, au progrès légal, au développement unitaire des nations allemandes. Le 3 mars, elle déclara que: a Chaque État aurait la faculté d'abolir la censure et d'accorder la liberté de la presse. »

Malgré cela^ la nouvelle de la révolution de Paris souleva d'un même mouvement toutes les populations germaniques^ depuis longtemps fatiguées des gouvernements gothiques qui les comprimaient. A Francfort, à Hambourg, à Lubeck, à Brême^ à Brunswick, àWiesbaden,à Weimar, à Darmstadt^ à Hanau,àGarlsruhe, à Stuttgard^ àGœttingue^ à Oldenbourg, à Munich^ à Leipzig^ à Vienne^ à Prague^ à Pesth, partout éclatèrent des mouvements révolutionnaires plus ou moins graves, suivant que les populations étaient plus ou moins mécontentes de leurs princes. A mesure qu'arrivait la grande nouvelle^ les esprits s'enflammaient comme une tvàU

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née de poudre. En Prusse, Teffet fut moins prompt^ non que les esprits y fussent moins disposés à profiter de Foccasion pour arracher des concessions à la royauté^ mais parce que le libéralisme y était tenu en échec par la crainte patriotique de voir la France disputer à la Prusse la possession des provinces rhénanes. Cette préoccupation jeta d'abord quelque incertitude dans les mouvements, et le roi put croire qu'il écarterait tout danger en caressant leshaines^ en opposant au désir de la liberté le sentiment de Torgueil national et en faisant quelques concessions de détail Le 6 mars, en prononçant la clôture du comité des États^ il accorda à la diète générale la périodicité^ que la patente du 3 février 18^7 n'avait donnée qu'au comité des États, en ajoutant, pour n'avoir pas Tair de céder à la pression des circonstances, que cette mesure était depuis longtemps arrêtée dans son esprit. Puis il rappela les souvenirs de 1813 et 1815 : « Loin de moi la pensée d'intervenir dans les affaires intérieures des peuples

étrangers Mais si les traités sur lesquels repose

l'édifice politique étaient brisés^ si un ennemi osait attaquer mon territoire ou celui de mes alliés de la confédération germanique... alors j'appellerais aux armes mon peuple belliqueux?.*. Il se grouperait autour de moi, comme il s'est groupé, il y a trentecinq ans, autour des drapeaux de mon père, de glo* rieuse mémoire, qui était aussi le père de son peuple» Voilà ma confiance I »

En même temps, par une prudence contradictoire, il ajourna la convocation de la diète, interdit les réunions, et surveilla la presse de plus près que jamais*

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