‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 135 sur 178 · MOUVEMENTS A BERLIN · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS A BERLIN

Mais ces mesures eurent Teffet qu'elles ont toujours en pareille circonstance. Des comités se formèrent de fous côtés à Berlin ; une adresse fut déposée à la municipalité pour inviter le roi à convoquer les États a afiu qu'il entende la voix de son peuple sans déguisement » . En voici les points principaux :

1» Point de guerre avec la France, à moins qu'elle n'attaque le soi de TÂllemagne.

x> 2^ Liberté légale à l'intérieur, afin que nous puissions fièrement repousser les Français, s'ils veulent nous apporter cette même liberté. Cette liberté nous la trouvons dans l'accomplissement fidèle et sincère des promesses faites à l'Allemagne et au peuple prussien, avant et après les glorieux combats de 1813 et de 1815.

)) 3*^ Représentation de la nation allemande auprès de la confédération germanique. »

Le manifeste du gouvernement provisoire de France vint bientôt dissiper toutes les inquiétudes sur la possibilité d'une guerre, et dèslors la révolution prussienne put marcher sans crainte vers le but qu'elle poursuivait.

Le roi de Prusse, voyant le mouvement se dessiner, et comprenant l'inefficacité de ses premières concessions, se décida à en faire une autre. Il déclara <c qu'il ne ferait pas obstacle à l'introduction en Prusse de la liberté de la presse, s'il n'était retenu par un vif désir d'arriver pour cette question, comme pour beaucoup d'autres également importantes, à une loi fédérale commune à toute l'Allemagne. » En attendant il promettait de supprimer la censure. Mais ce qu'il fallait en ^ ce moment, c'étaient des actes, non des promesses. On

savait trop bien à Berlin ce que valaient les promesses royales. Le 13 mars commença une série de soulèvements qui devaient aboutir à Thumiliation de la royauté. Le sangcouladans les rues. Le l/i, le 15^ le 16^ la lutte se continua presque sans interruption. Le 17 au soir une députation des provinces du Rhin et de la Westphalie, composée d'hommes considérables, MM.de Vincke, Hansemann, deBeckerath, deCamphausen, etc. vint déclarer au roi que, si le programme libéral n'était pas sincèrement adopté, ces provinces se verraient obligées de se séparer du royaume de Prusse.

Alors il comprit la nécessité de plier. Le 18 il fit publier une patente dont voici les articles principaux : a Avant tout^ nous demandons que l'Allemagne soit transformée d'une confédération d'États en un État confédéré.^ Cela ne peut se faire que par l'union des princes avec les peuples ; par conséquent une représentation fédérale préalable doit être formée de tous les États des pays allemands^ et convoquée immédiatement. Il faut en même temps que les États allemands aient des institutions constitutionnelles ; nous demandons également un système militaire uniforme pour toute TAllemagne^ imité du régime prussien. L'armée allemande devra être réunie sous une seule bannière fédérale, avec un général en chef fédéral. Nous demandons un pavillon allemand, et il nous faut une flotte allemande ; un tribunal fédéral allemand doit être institué pour régler tous les différents politiques entre les princes et les États, de môme qu'entre les divers gouvernements. Nous demandons un zollverein généra], avec les mêmes mesures, les mêmes poids, les mêmes

Page 1