PREMIERS COMBATS. A
Toute négociation ultérieure eût été inutile» On ne songea plus qu'à se préparer h la guerre. En quatorze jours^ la Prusse eut achevé d^organiser et de mobiliser son armée^ ce qui prouve bien avec quel soin elle avait d'avance pris ses mesures en vue de la guerre qui allait éclater. Quatre jours lui suffirent pour occuper à la rois la Saxc^ le Hanovre et la Hesse électorale^ pendant que Tarmée autrichienne^ massée dans la Bohême et sur les frontières de la Saxe, restait inactive, au lieu de s'emparer des défilés de rErzgebirge, C'est cette inaction, jointe aux paroles hautaines et pleines de jactance du maréchal Benedeck^ qui avait fait supposer ce fameux plan secret dont on attendait tant de merveilles, et qui cependant n'existait que dans l'imagination des journalistes. On était si bien persuadé de la supériorité des Autrichiens^ qu'on ne voulait pas croire qu'ils pussent commettre une aussi lourde faute. Il est probable que c'est cette même conviction qui a perdu le général autrichien. Se croyant certain de battre les Prussiens, il aura jugé inutile ^e leur disputer l'entrée (lu pays, afin d'avoir l'occasion de les écraser d'un seul coup dans une grande bataille. Cette erreur devait lui router cher.
Après une série de combats partiels, qui furent tous heureux pour la Prusse, à Podol, pendant U nuit du
26 au 27 juin, à Nachod le 27, à Trentenau, à'feugersdorf, à Skalitz, à Munchengraetz le 28, à Jaromirz, à Gitschin le 29, les deux armées se trouvèrent tout entières en présence, le 3 juillet, sur le champ de bataille de Sadowa. C'est là que devait se dénouer la longue lutte des deux peuples rivaux. L'armée autrichienne, composée de vieilles troupes, croyait pouvoir compter sur la supériorité de sa cavalerie, de son artillerie et de sa position stratégique ; Tarmée prussienne, composée en partie de soldats de la landwehr, nécessairement moins exercés et moins aguerris, obligée d'attaquer avec une artillerie inférieure un ennemi posté sur des hauteurs et protégé par de nombreuses batteries, semblait avoir contre elle bien des chances. Mais son élan, son patriotisme exalté, ses longues rancunes contre l'Autriche, la supériorité d'instruction des hommes qui la composaient, l'homogénéité de ses éléments, le fusil à aiguille et Thabileté de ses généraux triomphèrent de tous les obstacles. L'armée autrichienne, vivement attaquée, rompue sur tous les points, chassée de ses positions, poursuivie sans relâche jusqu'à la nuit, ne trouva de refuge que sous la protection des canons de Kœnigsgrsetz et de Tautre côté de l'Elbe, après avoir perdu 40 000 hommes, ilU canons, 18 000 prisonniers et 11 drapeaux. La perte des Prussiens était de moins de 12 000 morts ou blessés.
Cet éclatant succès assurait le triomphe définitif de la Prusse. Malgré le courage et quelques succès partiels des troupes fédérales qui opéraient sur le Mein, il était impossible d'arracher à la Prusse sa victoire. En un mois la campagne du Mein fut achevée, et les États
PRÉLIMINAIRES DE NIKOLSBOURG. 425
secondaires renoncèrent à une lutte reconnue inutile. Cependant Vienne se trouvait exposée à tomber entre les mains de Tarmée prussienne. Dans Tespérance de désarmer l'Italie et peut-être d'obtenir Tintervention de la France, Tempereur d'Autriche se décida, dans la nuit du k juillet, à rémettre la Vénétie à l'empereur Napoléon. Mais son espoir fut trompé des deux côtés. L'Italie continua la lutte, et l'empereur Napoléon n'accepta la cession de la Vénétie qu'en se réservant de proposer sa médiation pour le réUblissement de la paix, non-seulement entre l'Autriche et ritalie, mais aussi entre TAutriche et la Prusse, et il s'adressa aussitôt aux rois Guillaume et Victor- Emmanuel, pour les décider à conclure un armistice avec leur ennemi vaincu. Cependant le gouvernement autrichien sembla un moment disposé à organiser un armement général de toute la population contre l'invasion prussienne. Mais il renonça bientôt à cette idée qui eût pu sauver un autre État, mais qui, dans la situation où se trouvait TAutriche, présentait des difficultés considérables, et des dangers non moins graves pour le pouvoir central.
Le 18 juillet le roi de Prusse transporta son quartier général à Nikolsbourg, tout près de la frontière de Moravie, à dix milles de Vienne. Les avant-postes dp l'aile droite de son armée furent poussés le lendemain jusqu'à Stockerau^ à trois milles de la capitale. L'armée autrichienne, désorganisée par sa défaite, n'était guère en état de livrer une seconde bataille. Dans cette situation, l'empereur François-Joseph se décida à accepter les propositions de la Prusse, et le 26 juillet les préli-
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minaires de la paix furent signés. £n voici les points principaux.
a Art. 1. Les possessions territoriales de la monar chie autrichienne restent intactes^ à Texception du royaume lombard-vénitien ; en conséquence, la Prusse s'engage à évacuer après la conclusion de la paix tous les territoires autrichiens qu'elle occupe.
)) Art. 2. — L'empereur d'Autriche reconnaît la dissolution de la Confédération germanique, telle qu^elle a existé juflqu'ici^ et donne son adhésion à une nouvelle organisation de l'Allemagne^ sans la participation de l'empire d'Autriche ; il promet également de reconnaître la Confédération restreinte que le roi de Prusse fondera au nord de la ligne du Mein^ et déclare consentir à ce que les Ëtals allemands, situés au sud de cette ligne^ forment une union dont les liens nationaux avec la Confédération de l'Allemagne du Nord feront l'objet d'une entente ultérieure des deux parties.
» Art. â. — Cession au roi de Prusse des droits sur les duchés de l'Elbe, acquis à l'empereur d'Autriche par le traité de Vienne; cependant les districts du nord du Schlesvvig seront de nouveau réunis au Danemark, s'ils en témoignent le désir par un vote librement exprimé.
» Art. 4. — L'Autriche paye à la Prusse 20 millions de Ihalers comptant pour les frais de la guerre, et d'autre part, elle renonce à réclamer les 15 millions de thalers qui lui restent dus par le Schleswig-Holstein, pour frais de guerre.
» Art. 5. — La Prusse se déclare prête à accéder au vœu de l'Autriche et à laisser à la Saxe l'intégrité de son territoire actuel, mais elle se réserve de régler les