INTERVENTION EUROPÉENNE
TAutriche de l'Allemagne. Ainsi les deux ennemis cherchaient à s'attacher Topinion publique en se donnant Tapparence d'hésiter devant la guerre, tandis qu'en somme chacun ne proposait que des voies d'arrangement qu'il savait inacceptables pour Tautre. Au fond, tous deux, je crois, désiraient également la guerre pour en finir avec leur longue rivalité, la Prusse comptant sur l'alliance de lltalie, TAutriche, sur celle des États secondaires de TAllemagne.
Cependant l'intervention de l'Europe faillit ajourner la lutte. A l'instigation de la France, les grandes puissances européennes firent une démarche collective pour engager, le 28 mai 1866, TAutriche, la Prusse, l'Italie et la Confédération germanique à se joindre à la France, à la Russie et à l'Angleterre pour régler pacifiquement les trois questions duSchleswig-Holstein, de la Vénétie et celle de la réforme fédérale demandée par la Prusse. Dès le 29 mai, la Prusse envoya son assentiment sans condition, soit qu'elle voulût ménager les puissances européennes dont il fallait avant tout éviter l'intervention armée, soit qu'elle eût compris que, dans l'état où étaient les choses, un congrès ne pouvait aboutir à rien. L'Autriche au contraire, après six jours de réflexion, fit une réponse qui équivalait à un refus ; elle ne voulait pas admettre qu'il y eût une question vénitienne. D'ailleurs, dès le 1" juin, elle avait solennellement soumis à la diète de Francfort, c'est-à-dire à la décision des alliés dont elle était sûre, la question du Schleswig-Holstein. En môme temps, comme pour accentuer plus nettement sa résolution de pousser à bout la Prusse- "" ^-« au feld-
EUG. yiftoir.
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maréchal Gablenlz de convoquer immédiatement les États du Holstein (t pour recevoir les vœux du pays sur son sort à venir ». Gela pouvait être présenté comme une violation du traité de Gâstein, qui^ en divisant Tadministration des duchés, avait réservé les droits de souveraineté des deux copossesseurs» ce fameux cm" dominium dont on parlait tant alors.
La paix était dès lors impossible. La Prusse déclara qu'elle considérait le traité dô Qastein comme annulé par cette violation, que par conséquent elle rentrait de plein droit dans la situation qui l'avait précédé^ c'est-àdire que l'occupation et Tadministration des deuxduchés redevenaient communes à l'Autriche et à la Prusse. Le général de Manteuifel reçut en conséquence l'ordre de faire rentrer les troupes prussiennes dans le Holstein. Le gouverneur autrichien nô crut pas devoir attendre l'armée prussienne^ bien supérieure aux forces dont il pouvait disposer, et il évacua le Holstein le 11 juin. Ce mémo jour, l'Autriche accusa à son tour devant la diète la Prusse d'avoir violé le traité de Gastein, et proposa de mobiliser le plus tôt possible l'armée de la Confédération, afin de procéder à une exécution fédérale contre la Prusse. La proposition de rAutricbe fut adoptée par 9 voix contre 5, le iU juin. La Prusse déclara qu'elle considérait dès lors le pacte fédéral comme rompu, et qu'elle ne rentrerait que dans une Confédération purement allemande, dont l'Autriche serait exclue et dont la constitution serait arrêtée par un parlement allemand, élu parle suffrage direct.