‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 43 sur 178 · MALADRESSES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

MALADRESSES DE NAPOLÉON

justes susceptibilités de ses alliés. Nous avons vu par quelles imprudences il s^était aliéné la Russie dont il avait besoin. Les mêmes raisons entrèrent pour une grande part dans les hésitations de la Prusse. L'invasion du Hanovre par les troupes françaises excita vivement la colère des Prussiens. On ne pouvait croire en Allemagne que la Prusse ne s'opposerait pas à cette violation du territoire allemand. Cette occupation par un corps de 1200 hommes était une humiliation pour la Prusse et une sorte de défi. De plus les Hanovriens n'avaient pas manqué d'envoyer à Berlin pour intéresser le gouvernement en leur faveur, et le premier mouvement du roi avait été d'intervenir. Mais en réfléchissant, il trouva dans la conduite des Anglais à l'égard de la marine prussienne des prétextes pour ne rien faire. Cependant l'armée prussienne exprimait hautement son mécontentement; le commerce et l'industrie, paralysés par la guerre qui avait fermé les bouches de l'Elbe et du Weser, se plaignaient également. Mais, le roi de Prusse eut beau supplier, Napoléon refusa de rien faire pour rétablir la navigation des deux fleuves, et Frédéric-Guillaume put comprendre quel sort lui était réservé s'il se livrait à un allié de ce caractère.

A tout cela se joignait l'influence de la reine Louise qui avait un grand ascendant sur son mari, et qui, depuis l'entrevue des deux souverains à Memel, était complètement gagnée à la cause d'Alexandre. Quant à la noblesse prussienne, elle était tout naturellement Tennemie de la France révolutionnaire et du parvenu qui semblait alors en être la personnification. Au mi-

lieu de tant d'oppositions, Talliance française ne pouvait réussir que par de grands ménagements ; mais les ménagements n'étaient pas dans les habitudes de Napoléon.

Du moment que Napoléon ne pouvait parvenir à entraîner la Prusse à sa suite, il était bien certain qu'une guerre continentale allait éclater. Dès le 11 avril 1805, la Russie avait signé un traité d'alliance avec TAngleterre; TAutriche promettait de se joindre à la coalition. Cependant Tempereur de Russie, après s'être entendu avec la cour de Londres, résolut d'envoyer un chambellan à Paris, et chargea la Prusse de demander des passe-ports français pour son envoyé, à condition toutefois que Napoléon consentirait à ne pas être salué comme empereur. Cette condition fut acceptée. Le 13 mai, un passe-port fut expédié de Milan où se trouvait Napoléon, et parvint le 22 à Berlin. Le chambellan Nowolsitzof arriva lui-mémo dans cette ville dans le courant de juin et en partit bientôt pour se rendre à sa destination. Mais pendant qu'il était en roule, on apprit tout h coup à Pelersbourg que le 26 mai Napoléon s'était fait couronner roi d'Italie, et que le k juin la Ligurie avait été annexée à la France. Celte nouvelle changea toutes les dispositions. Le 10 juillet, Nowolsitzof rendit ses passe-ports en les accompagnant d'une note. L'Autriche, déjà armée, adhéra le 9 août à la ligue formée entre la Russie et l'Angleterre. Na-

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