CESSION DU HANOVRE
poléon, par un nouveau coup de tête au moins intempestify avait paralysé les bonnes dispositions des alliés^ et rendu la guerre inévitable.
Avant de partir pour aller combattre les Autrichiens sur le Danube, il tenta un dernier effort pour entraîner Frédéric-Guillaume. Il lui proposa avec son alliance la cession définitive du Hanovre.
Le baron de Hardenberg, ministre du roi de Prusse, accueillit ce projet qui lui paraissait compléter heureusement Torganisation territoriale de la Prusse ; mais le roi, qui désirait ardemment le Hanovre, n'osait cependant y porter la main. Il craignait à la fois les reproches de Topinion publique et le danger d'une rupture avec TAngleterre et la Russie. « Puis-je, demanda-t-il au baron de Hardenberg, sans manquer aux règles de la morale, sans perdre en Europe Testime des gens de bien, sans être noté dans l'histoire comme un prince sans foi, me départir, pour avoir le Hanovre, du caractère que j'ai maintenu jusqu'ici?» Le pauvre roi se peint tout entier dans ces paroles; placé entre sa conscience hésitante et sa passion, il aurait bien voulu faire endosser à un autre la responsabilité du vol qui le tentait. Le ministre ne manqua pas de lui répondre, suivant l'adage connu, que la morale d'un souverain n'est pas celle d'un particulier, qu'entre la grande et la petite morale un roi ne doit pas hésiter, et que de petits esprits et de petites gens seuls pourraient voir un vol dans l'acceptation d'une province dont l'accession serait si utile à la grandeur de la Prusse. Le roi, qui ne demandait qu'à être convaincu, se laissa convaincre par ce beau raisonnement.
et consentit à traiter à ces conditions. Cette fois Tempereur croyait bien Tavoir enfin engagé sans retour, et il lui avait envoyé Duroc pour signer le traité (3 septembre). C'était encore une illusion. Au moment de s'engager, le roi eut peur et recula, déclarant que sa résolution était de demeurer neutre. Il avait pris celte décision dans une conférence qu'il avait tenue à Halberstadt avec le duc de Brunswick, le comte de Schulenbourg et le baron de Hardenberg. Pour faire respecter sa neutralité, il ordonna, le 7 septembre, qu'une armée de 80 000 hommes se tînt prête à marcher.
Cependant les difficultés du système de neutralité qu'il prétendait maintenir ne tardèrent pas à se manifester. La Russie et l'Angleterre avaient fait, comme Napoléon, de vaines tentatives pour entraîner Frédéric -Guillaume dans leur alliance. N'y ayant pas réussi, elles cherchaient à atteindre partout leur ennemi, et songèrent tout d'abord à le chasser du Hanovre. Cette entreprise mettait la Prusse dans un grand embarras. En effet, lorsque Napoléon s'était emparé de ce pays, Frédéric -Guillaume lui avait demandé, comme une faveur, de réduire autant que possible les troupes d'occupation, ce qui lui avait été accordé sous condition qu'il ne permettrait à aucune puissance d'entrer en Hanovre, du côté des frontières prussiennes. Il en avait pris volontiers l'engagement, croyant à peine possible ce qui arriva plus tard, et ne songeant alors qu'à la sécurité de la Marche et de sa capitale. Mais le czar était peu disposé à favo« riser ce qu'il considérait comme une complicité de la Prusse avec la France, d'autant plus qu'il n'avait pas