‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 59 sur 178 · BATAILLE D'IENA · texte numérisé non relu

BATAILLE D'IENA

livrées le même jour (\U octobre) par Napoléon et par le maréchal Davout, mirent la Prusse entière aux mains des Français. Les débris de Tarmée, activement poursuivis, ne purent se rallier nulle part, et la puissance militaire de la Prusse se trouva du coup réduite à rien. Napoléon, après avoir enlevé de Postdam Tépée du grand Frédéric, fit son entrée à Berlin le 28 octobre. Quelques jours après, les corps du prince de Hohenlohe et de Blûcher furent obligés de capituler ; les garnisons de Lubeck, de Custrin, de Magdebourg sur TElbe, se rendirent, et il ne resta de la monarchie prussienne que la Silésie et la Prusse orientale. Le reste fut soumis à l'administration française. Les Russes, qui venaient au secours de la Prusse, et que la précipitation du roi et la présomption 'des généraux prussiens n'avaient pas permis d'attendre, étaient arrivés sur la Vistule. Mais il était trop tard, la Prusse n'existait plus, et les sanglantes batailles de Pulsluck, d*Eylau et de Friedland, décidèrent les deux empereurs à conclure le traité de Tiisitt, le 9 juillet 1807.

Pendant que les souverains, sur leur radeau au milieu du Niémen, discutaient les conditions de cette paix si fatale à la Prusse, les bruits les plus contradictoires s'étaient répandus et avaient été accueillis parles vaincus avec une anxiété facile à concevoir. Quelques-uns disaient que la franchise chevaleresque d'Alexandre avait prévenu l'empereur des Français en sa faveur, autant que les manières froides et réservées de Frédéric-Guillaume lui avaient inspiré d'éloignement. D'autres prétendaient que la reine, par le charme de ses paroles et de sa beauté, avait su adoucir la sévérité du vain-

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queur, tandis qu'on assurait d'un autre côté que Topinion de Napoléon n'était rien moins que favorable à cette princesse^ qu'il accusait d'avoir toujours été Tennemie de la France, depuis que l'entrevue de Memel l'avait gagnée à la cause d'Alexandre. On citait même un mot brutal, comme les aimait ce génie soldatesque, et qui résumait crûment son opinion sur les rapports de la reine avec le czar. On s'attendait généralement à ce que la Prusse dût perdre la Westphalie et le Hanovre. On pensait que la Prusse méridionale, accrue de la Pologne russe, formerait un royaume particulier qui serait donné au grand-duc Constantin. Les opinions étaient partagées sur les autres possessions prussiennes. Les uns annexaient la Silésie à la Saxe, d'autres supposaient que les instances de la Russie la conserveraient à Frédéric-Guillaume. Mais personne n'avait deviné juste.

La vérité était que le roi de Prusse cédait à Napoléon tous les pays compris entre le Rhin et l'Elbe; il reconnaissait Jérôme-Napoléon comme souverain légitime du nouveau royaume de Westphalie, qui devait être formé de ces pays, ajoutés à quelques autres territoires. 11 renonçait également à toute la Prusse méridionale, à la nouvelle Prusse orientale et à la partie méridionale de la Prusse occidentale. Tous ces pays, sous le nom de duché de Varsovie, passaient au cidevant électeur de Saxe, à l'exception des districts de Bialystock, de Bielks et de Drokyczin, situés entre le Bug, la Lossasna et la Bobra, lesquels étaient réunis à la Russie. Le roi de Saxe devenait maître du cercle de Gotbus, dans la basse Lasace. La ville deDantzickrecou-

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