‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 58 sur 178 · IMMINENCE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

IMMINENCE DE LA GUERRE

de la royauté de Sardaigne, trouvera sans peine dans ce9 faits si lumineux la justification des plus sinistres pressentiments. »

11 était évident que Frédéric-Guillaume partageait jusqu^à un certain point l'impression générale. L'espèce de diffamation que subissait publiquement l'un des premiers fonctionnaires de TËlat demeurait impunie ; les écrits injurieux pour la France circulaient sans obstacle; les scènes tumultueuses se multipliaient dans les théâtres, sans que personne, si ce n'est l'ambassadeur français, en témoignât du mécontentement. Ce qui contribuait surtout à encourager ces manifestations de Tesprit public^ c'est qu'on savait partout que la reine Louise était animée des mêmes sentiments^ et l'on comptait sur son influence auprès du roi pour le décider à délivrer la Prusse du poids d'ignominie qui pesait sur elle.

Les dernières offenses de Napoléon finirent par avoir raison de la patience de Frédéric-Guillaume (1). Dès

(i) Cependant on craignait encore qu'il ne revint sur sa résolution annoncée de faire la guerre. La reine, les princes Henri cl Guillaume, frères du roi, le prince Louis-Ferdinand, le prince d'Orange, les généraux Huclicl et Bliicher, des hommes même d*un caractère plus modéré, Jean de Millier par exemple, le grand historien, travaillaient de concert avec le baron de Steîn pour l'arracher aux influences de son conseil. Le 2 septembre 1806, ils flrent remettre à Frédéric-Guillaume un nouveau mémoire, qui reproduisait avec moins de violence, mais avec une vivacité au moins égale toutes les idées exprimées au mois d'avril dans le factum du baron de Steiu. Le comte d'Haugwiti^ les conseillers

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lors, il s'abandonna au parti de la guerre^ et Texpression de la haine du peuple contre la France prit des proportions épiques. La reine monta à cheval et passa des revues ; de tous côtés les troupes furent levées et armées avec activité. Frédéric-Guillaume sembla sortir de son inertie habituelle, et une fois décidé à agir, il y mit une ardeur de bon augure. Mais cette ardeur devait être aussi funeste à la Prusse que les indécisions d^autrefois. Gomme tous les esprits faibles, Frédéric- Guillaume ne savait rien faire à propos ni avec mesure. Après avoir porté la patience jusqu^à la lâcheté, il poussait maintenant l'empressement jusqu'à la témérité. Lui, qui naguère n'avait pas osé tenter la lutte contre Napoléon, quand il avait avec lui la Russie, TAutriche et TAngleterre, le voilà maintenant qui se lance en avant, seul, sans attendre que ses alliés soient prêts à lui tendre la main et à le soutenir, comme un autre Achille, dont la seule présence devait renverser les armées. Le 9 septembre 4806 il prit Tinitiative des hostilités et se jeta dans cette lutte inégale avec Timprévoyance de la présomption. Au premier choc il fut brisé, anéanti. Les deux batailles d'Iéna et d'Auerstaedt,

Beymc et Lombard y étaient signalés comme les plus dangereux ennemis de la patrie. « Sont-ils aux gages de Napoléon? demandaient les signataires? La voix publique l'affirme ; nous, nous ne saurions le dirc^ car l'argent n'est pas le seul mobile qui puisse pousser au mal. Ce qui est certain^ c'est qu'ils sont de connivence avec lui pour perdre la Prusse ; c'est qu'ils sont disposés à acheter la paix par des concessions déshonorantes ; c'est que, la guerre une fois déclarée, ils prendront les mesures les plus maladroites et les plus molles pour en finir plus tôt, et si vous près • crivez vous-même des préparatifs sérieux, si vous confiei Tarmée à des généraux résolus, votre action sera paralysée, vos génér&u)( seront trahis infailliblement, n

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