RETOUR DE I/ILE D'ELBE
réunion de tous les États allemands des vœux qui ne furent pas entendus.
Voilà où en était le congrès de Vienne quand Napoléon, échappé de YWe d^Elbe, aborda dans le golfe de Juan, le l"niars 1815. Cette nouvelle, connue à Paris le 5, arriva le 7 à Vienne, où elle tomba comme un coup de tonnerre au milieu des négociateurs, qu'elle rappelait durement à la réalité. Tous les petits calculs des puissances durent céder la place à la préoccupation du danger commun. Les dissentiments s'effacèrent; les alliances se renouèrent. Dès le 13 mars parut une proclamation des puissances qui proscrivait Napoléon comme perturbateur de la paix générale, le déclarait indigne de tout ménagement, le vouait à la vindicte publique et annonçait l'intention de le poursuivre sans paix ni trêve. Celte déclaration fut suivie, douze jours après, d'un traité solennel confirmant le traité de Paris du 30 mars 1814, ainsi que toutes les décisions prises au congrès de Vienne. Il portait en substance que les trois grandes puissances du continent, TAutriche, la Prusse et la Russie, fourniraient chacune 150 000 hommes; l'Angleterre en promettait autant, ou s'engageait à payer 30 livres sterling pour chaque homme manquant. On s'engageait à observer strictement les dispositions de la convention de Chaumont, à la garantir contre les projets de Napoléon, et à mettre celui-ci hors d'état de susciter à l'avenir de nouveaux troubles et de rien entreprendre contre la France. Louis XVIII devait être invité à adhérer à ce traité. La plupart des États de second et de troisième ordre et les villes libres de l'Allemagne en-
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trèrent également dans la coalition contre Napoléon.
Cependant, tout en hâtant les armements et les préparatifs militaires, on s^empressa d'un commun accord de résoudre les difficultés qui avaient jusque-là tenu en suspens les décisions du congrès. Chacun comprit la nécessité de faire des concessions. On régla sommairement les questions territoriales. La Pologne fut partagée pour la quatrième fois entre les complices du premier partage. Le roi de Saxe garda son titre et un peu plus de la moitié de ses États. Le reste fut donné à la Prusse avec de nouveaux territoires en Westphalie et la plus grande partie des pays allemands situés sur la rive gauche du Rhin. Ces acquisitions, jointes à celles du traité de Lunéville, dans lesquelles la Prusse rentrait de plein droit, en firent un État nouveau, une fois plus riche et plus peuplé que ne Tavait été la monarchie du grand Frédéric. En effet, on lui rendit tout ce qu'elle possédait en 1806, à Texception de la principauté de Hildesheim, de la ville de Goslar, de la principauté d*Est-Frise, du bas comté de Lingcn et de la portion du territoire de Munster située entre ce comté et Rheina-Wolbeck, lesquels furent annexés au nouveau royaume de Hanovre. On en excepta aussi, pouragrandir le duché de Weîmar, quelques cantons que la Prusse avait possédés ou qui lui étaient destinés, ayant environ une population de 50 000 âmes ; les principautés d'Ânspach et de Bayreuth furent également cédées à la Bavière, malgré les vives protestations de leurs habitants. Enfin, en dehors du territoire allemand, la plus grande partie de la Prusse méridionale