‹ Histoire de la Prusse depuis la mort de Frédéric II jusqu'à la bataille de SadowaChapitre 97 sur 178 · ORGANISATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

ORGANISATION MILITAIRE

seurs el les tirailleurs, et se retirer après une année de service,

La milice du premier ban^ destinée à renforcer Tarraée de ligne en cas de guerre, comprend tous les hommes de vingt à vingt-cinq ans qui ne servent pas dans Tarmée permanente, ceux qui ont fait leur apprentissage de chasseurs ou de tirailleurs et les hommes de vint-cinq à trente-deux ans. Les exercices auxquels cette milice est soumise sont de deux sortes : 1° manœuvres partielles et par petites troupes, composées des miliciens de la même commune, et à des intervalles assez rapprochés ; 2° manœuvres générales, une fois par an, en corps plus nombreux et mêlés à la troupe de ligne.

La milice du second ban est destinée, en temps de guerre, à renforcer les garnisons ou à faire par elle seule le service des forteresses, et même, s'il en est besoin, à renforcer Tarmée. Elle se compose de tous les soldais de l'armée de ligne ou des miliciens du premier ban qui ont reçu leur congé, ainsi que de tous les hommes au-dessous de trente-neuf ans, en état de porter les armes. Comme elle doit être composée en grande partie d'hommes déjà exercés au maniement des armes et aux manœuvres, elle est dispensée de s'exercer ailleurs qu'à la commune.

L'arrière-ban ou la levée en masse n'entre en activité, en temps de guerre, que lorsque l'ennemi menace le territoire, et, en temps de paix, que dans le cas où il est appelé par le roi à concourir au maintien de la tranquillité publique. II comprend tous les hommes qui ne font pas partie de l'armée de ligne ou de la milice.

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jusqu'à Tàge de cinquante ans; ceux qui sont sortis de la milice, et tous les jeunes gens capables de porter les armes à partir de dix-sept ans. L'arrière-ban se divise en compagnies urbaines qui sont formées dans les grandes villes, et en compagnies rurales^ que Ton tire des petites villes, bourgs et villages.

Malgré l'intérêt que cette question pouvait avoir pour la Prusse, on se croyait alors si bien en possession de la paix définitive, que l'attention se portait presque tout entière vers le congrès qui devait prochainement s'ouvrir à Vienne. C'est de lui qu'on attendait la restauration de l'État, le remède à tous les maux. C'était là. d'après le traité de Paris, qu'on devait s'occuper des besoins de la patrie, et Ton concevait Tespoir que, grâce à lui, une vie nouvelle allait bientôt se répandre dans l'Allemagne entière. De tous côtés, les princes de l'Europe, accompagnés de leurs ministres, s'acheminaient vers la capitale de l'empire d'Autriche. Chaque courrier annonçait l'arrivée de quelque personnage à la cour de François IL Le 25 septembre, on apprit enfin la réception solennelle d'Alexandre et de Frédéric-Guillaume. A la joie de voir la guerre finie s'ajoutait l'espoir d'un brillant avenir, car les promesses des princes et le sentiment qu'avaient les peuples des sacrifices qu'ils avaient faits dans les dernières guerres éveillaient dans tous les esprits des idées d'anuUioration pour l'avenir.

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C'est en Prusse surtout que ces espérances étaient exaltées. C^était elle qui avait le plus souffert de Tambition de Napoléon ; c'était d'elle qu'était parfe le signal et Texemple du soulèvement contre la donriination française. Elle croyait par là s'être créé des titres à la reconnaissance de toute l'Europe, et le peuple rêvait déjà l'annexion d'une grande partie des territoires de la Confédération du Rhin. Il se disait que si des considérations politiques avait empêché le démembrement de la France, il n'en saurait être de même pour les princes allemands qui, par leur servilité à l'égard du tyran de la patrie, avaient trahi la cause de l'Allemagne. L'ambition et la vengeance s'unissaient pour exciter dans tous les cœurs les espérances les plus chimériques. Elles devaient être bientôt déçues.

L'objet principal du congrès de Vienne était d'organiser l'Europe et en particulier l'Allemagne, de manière à ce qu'elles n'eussent plus rien à craindre de la France. C'est dans cette intention qu'on réunit la Belgique avec sa ceinture de forteresses à la Hollande, sous le nom de royaume des Pays-Bas, qu'on établit la Prusse sur la rive gauche du Rhin, l'Autriche en Italie, et qu'on abandonna à l'Angleterre une grande quantité de positions maritimes importantes. Mais sur un grand nombre de points, il fut impossible de s'entendre, parce que les ambitions particulières firent perdre de vue l'objet principal. De là, une foule d'intrigues croisées en tous sens, chaque État cherchant à gagner aux dépens du voisin. Leczar, auquel sa puissance et le rôle qu'il avait joué dans la dernière guerre donnaient voix prépondérante dans le congrès, réclamait presque tout

le territoire polonais^ et même les parties qui avaient autrefois appartenu à la Prusse. Son intention était alors d'en wre un royaume séparé, avec ses institutions particulières, qui eût été placé sous le protectorat de la Russie. La Prusse, se voyant dépouillée de cecôlé, demandait en compensation la Saxe tout entière. La situation géographique de ce territoire en rendait en effet la possession très- désirable à la Prusse, à laquelle elle ouvrait une porte sur le midi de TAllemagne et au milieu des provinces autrichiennes, tandis que les provinces polonaises ne faisaient qu'allonger démesurément cette ligne irrégulière déjà trop longue, suivant laquelle la Prusse se trouvait projetée au nord de TAllemagne. Mais c'était précisément une raison pour que l'Autriche s'y opposât. De là des négociations et des luttes sans fin, dans lesquelles la Russie et la Prusse étaient d'un côté contre TAutriche, TAngleterre et la France. La querelle alla même si loin que ces trois dernières puissances signèrent, le 6 janvier 1815, un traité secret d'alliance contre les deux premières.

On ne s'entendait guère mieux sur l'organisation de la Confédération germanique. Le traité de Paris avait dit simplement : « Les Etats de l'Allemagne seront indépendants et unis par un lien fédéral. » Ces termes vagues ouvraient la porte à bien des difficultés. Si les souverains n'avaient eu réellement en vue que de garantir la sécurité de l'Allemagne, il eût été facile d'arriver à un arrangement. Stein, qui accompagnait le czar, ainsi que Hardenberg et Humboldt, les négociateurs prussiens, demandaient un pouvoir militaire vigoureux, des garanties pour les constitutions des dif-

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férents pays allemands et Tinstitution d'une cour de justice fédérale. Mais T Autriche voulait ou bien avoir une suprématie directe sur la confédération, ou ne lui donner qu^une organisation assez lâche pour que cette suprématie de TAutriche pût s^y établir indirectement. Hardenberg, qui peut-être faisait le même calcul dans rintérôt de la Prusse, ne sut pas ou ne voulut pas défendre son projet avec assez d^énergie, et sa faiblesse à cet égard lui valut de la part de Stein des reproches très-durs. Celui-ci, toujours ardent patriote, unitaire fougueux, ne songeait qu'àJa puissance deTAUemagnc et ne comprenait rien aux petits calculs des ambitions particulières, qui entravaient tout.

Mais à côté de cet objet capital du congrès^^y en avait un autre qui, pour être secondaire aux yéàx des souverains, n'en avait pas moins une grande importance aux yeux des sujets. C'était de savoir si les constitutions promises par la plupart des souverains dans les années précédentes, et dont le traité de Paris avait admis en principe rétablissement, seraient délibérées et imposées par le congrès, ou si Ton abandonnerait aux souverains le droit de les faire et de les octroyer à leur gré. L'es ministres des rois de Prusse, de Bavière, de Wurtemberg, de Hanovre et de Tempereur d'Autriche se réunirent pour discuter cette question. L'Autriche manifesta à cet égard des sentiments plus libéraux qu'on ne l'attendait d'elle; la Prusse, encore animée du mouvement que lui avaient imprimé Stein, Hardenberg et les émotions populaires de 1813, se prononçait hautement pour les réformes libérales. Le Hanovre demandait que le congrès assurât au moins

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à tous les citoyens le droit de voter les impôts, les loisf de contrôler les actes du gouvernement et des fonctionnaires publics : « Le gouvernement représentatif disait dans une note du 21 octobre le ministre du prince régent d^Angleterre, a été de droit comnrun en Allemagne dès les temps les plus reculés. Dans beaucoup d'États, ses principales dispositions reposaient sur un traité entre le souverain et les sujets^ et même dans les pays où les constitutions d'États n'ont pas été conservées, les sujets ont eu certains droits importants que reconnaissaient et protégeaient les lois de TEmpire germanique.... L'idée de souveraineté n'implique nullement celle de despotisme. Le roi de la Grande- ^ Bvei^fOj^ est incontestablement aussi souverain qu'au- ^ cun attire prince en Europe, et les libertés de son peupile fortifient son trône au lieu d'affaiblir son pouvoir. »

Mais les plénipotentiaires des rois de Bavière et de Wurtemberg déclarèrent qu'ils ne souffriraient pas que leurs sujets pussent en appeler de leur volonté à celle de la diète fédérale, et qu'une pareille prétention ne pouvait s'accorder avec le droit absolu de souveraineté qui leur avait été conféré par le traité de Presbourg, par l'acte de la confédération du Rhin, et qui leur avait été garanti par les traités particuliers qu'ils avaient conclus en 1813 avec les princes coalisés. A partir du 16 novembre 1814, le comité des cinq puissances cessa de s'assembler. Seuls, les ministres des princes de second ordre et des villes libres continuèrent leurs délibérations; mais n'ayant pas qualité pour rien décider, ils ne purent qu'émettre en faveur de la

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