T. IV
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884 mSTOIRE DE U PSYCHOLOGIE DES GRECS
saires pour rémission de la voix? Prêter, chez tous les êtres animés, une telle intelligence aux muscles et aux nerfs, c'est une hypothèse que nous avons déjà reconnue bien peu vraisemblable, puisqu'il est certain que ces êtres ignorent et la forme que doit prendre la langue pour parler, et quels sont les muscles qui la meuvent à l'acte de la parole ; car il ne faut pas oublier que nous avons plus de trois cents muscles. Gomment se peut-il faire que parmi un si grand nombre de muscles et de nerfs, ceux-là seuls se meuvent ou sont mus qui sont suffisants et nécessaires pour exécuter le mouvement voulu ^? C'est à peine si le médecin, après de longues études anatomiques, parvient à discerner la fonction propre à chacun. Il est vrai que pour expliquer ces mystérieux phénomènes, des philosophes ont imaginé que des deux âmes qu'ils admettent. Tune a construit le corps , et que l'autre le gouverne. Le plus vraisemblable, c'est encore que la même âme qui Ta construit, le dirige ; mais elle le dirige comme si elle en connaissait tout le mécanisme, et elle ne le connaît pas : c'est un fait. Dans cette question douteuse et obscure, une seule chose est certaine et claire : c'est que celui qui a créé et formé notre être possédait une extrême sagesse et une extrême puissance, et que l'admirable création des êtres vivants ne pourra jamais être attribuée, par un esprit libre du joug des systèmes et de la servitudes des écoles, à une force sans raison, au hasard.
Ainsi, quoiqu'il en soit de l'incertitude et des explications qu'on en donne, la vie morale est une vie libre. Cette vie morale n'a, dans Galien, aucun caractère mystique et théologique ; il se renferme dans la morale pratique, et les vertus qu'il recommande sont des vertus tout humaines ^. C'est an