Sur la théorie de la connaissance de Platon
8. Tableau synoptique des Dialogues. Des commentaires sur Théophrastc, Chrysippe, bon nombre de traités de morale : izepX àXuutaç, uept 7rapa(i.u6;a(;, Titp\ yj'iwv Trepi yjSovyjÇ xa\ Tiovou.
Outre ces 113 ouvrages de pliilolosophie, Galien en avait écrit 12 d'un contenu général, également perdus; 243 de médecine, dont 49 sont perdus, 50 existent en manuscrit dans les bibliothèques, 100 sont conservés et réputés authentiques ; enfin, 44 sont reconnus apocryphes. On possède, en outre, 18 fragments plus ou moins suspects tirés de 19 autres ouvrages.
3 En ce qui concerne la physique de Platon, il déclare qu'il y a des opinions ou 'il accepte sans réserves, d'autres qu'il trouve probables et qu'il admet comme telles, d'autres sur lesquelles il ne peut s'empêcher de douter très fort. T. IV, p. 760. èii'èvtwv àTropw uavxàirafftv, n'inclinant dans aucun sens, oùSeixîav ïyMy poTcr)v.
pourvu qu'elles se prêtent à sfes doctrines médicales et concordent avec ses idées psychologiques , plus fermes et plus personnelles qu'on ne le croit généralement. Sauf Épicure, qu'il- méprise profondément et attaque dans de nombreux ouvrages et avec lequel il a cependant plus d'affinité intellectuelle qu'il ne le suppose, il adopte partiellement les opinions des philosophes les plus différents, de Platon, d'Aristote, de Théophraste, des Stoïciens, avec un penchant visible pour le péripatétisme, dont la méthode expérimentale et les études profondes dans le domaine physiologique devaient plus particulièrement attirer son esprit et plaire à un médecin 2. Il s'accuse même d'avoir un instant penché à admettre le scepticisme absolu de Pyrrhon ; mais c'était pour avoir, au commencement de ses études philosophiques, cru à la possibilité de la connaissance absolue et démonstrativement prouvée^. Il la demanda vainement aux philosophes, et les Péripatéticiens et les Stoïciens ne purent même pas lui communiquer une théorie de la démonstration pratiquement et sincèrement utile La contradiction des systèmes avec euxmêmes et les uns avec les autres, même sur les questions de physique , lui aurait fait désespérer de la possibilité de la connaissance , même probable s, s'il n'avait pas rencontré dans les propositions de l'arithmétique, de la géométrie , de l'astronomie, sciences que lui avait enseignées son père, et qui étaient comme le patrimoine de la famille s, une certitude
* T. XIX, 48 11 en indique lui-même huit, De Propr. hhr., c. 17.
2 II avait étudié avec une préférence bien naturelle chez un médecin, et commenté les écrits d'Aristole et de Théophraste T. XIX, p. 47. De Propr. lïbris., c. 15 et 16.
3 T. XIX, p. 39. où§èv ouTw; èffuouôacra (;.a6etv auavxwv irptotov wç tvjv aTtoSeixTtXY^v Oswpt'av.
^ Id,, id. oXîyt(TTa ^D'O^^'V'^î'
5 T. IV, p. 700 et 701, de Fœt. Form., oùSeixtav £Ûpt<Txtùv So^av àitoSeSetYjxéviQv ÈTttffTyjjjLovixwç... 6{i.oXoy(o oùS'axpi toO •ntOavoO upoeXôeîv ôuvajjievoç àitopeïv.
6 T. XIX, p 40. elç Ty)v -cwv nuppwvet'wv aTioptav èveueTTTioxscv av xai aùtb;, et {lYi xai za xatà Yewfxetptav àptèpiY)TcxTQV re xai XoYtdxtxYiv xare^wv, ev a'ç ÈTc\ itX£"t,<yTOv ÛTtb Tw Tcaxp'i ua'.SeuofjLsvoc è| ocpx^C, TîposX-^XuÔstv, cuno TrcxTTTiou te xa\ TtpOTtaTiTcoy StaSeôsyfJLevtov TYjV ôetopîav.
et une évidence devant lesquelles son doute dût s'incliner. Mais il lui resta de ces hésitations de la pensée, de ce tourment du doute, qui est un moment nécessaire, mais nécessairement passager, du véritable instinct philosophique, il lui resta toujours dans toutes les questions philosophiques, une tempérance, une mesure, une modestie d'affirmation, par laquelle il se rapproche, quoiqu'il fasse, d'Épicure. Il n'a aucune prétention à une science universelle et à un savoir absolu. Il ne blâme pas ceux qui poursuivent cet idéal de la science, vont de conséquence en conséquence jusqu'aux extrémités du raisonnement ; mais en ce qui le concerne, il fait observer qu'il ne touche à ces sujets ardus que par occasion, accidentellement, amené là par un but tout autre, et qu'il lui suffit de ce qui est accessible à la sensation et admis par le sentiment général ^
Élève des platoniciens Gajus^ et Albinus^, et des péripatéticiens Aspasius* et Eudème, Galien appartient au même siècle. Il est né à Pergame en 135 ap. J.-Ch., sous Adrien^, et est mort sous Septime-Sévère 6, puisqu'on 193 il était encore à Rome et écrivait le De Antidotis'^ dans l'année 200, s'il faut en croire Suidas s. Fils d'un architecte et d'un géomètre
' T, IV, p. 517. oxav |jiàv àxpiêéairepôv tiç eTie^épxviTat uav to àxoXoviOov ÇY]TOvi(ji£va> «XP' Tyjç k<jy^(xxy\i; ÈTCKTTrifxr)?, oxav 6è irspc Tivcç àXXou TtpotyixaTOç. CTxonoOfjLevoç èv uapépyw Trep't toutwv to Tipbç tyjv Ttpôxetpov at'(r8-/j(jtv... )£ywv àpxeiTai.
2 Vers 150, du moins d'un de ses disciples, à l'âge de 14 ans. Gai., t. V, p. 41
3 Vers 150 ap. J.-Ch.
4 Vers 110 à 130 ap. J.-Ch.
5 Qui règne de 117 à 138.
6 Qui règne de 193 à -211.
' T. XIV, p. 65, de Antid., 1. I, c. 13 toffte xoO vOv ovtoç yijjl&v aùxoxpâxopoç Se6yjpou. Ackermann, d'après Fabricius (fii6. Gr., t. V, p. 377), rapporte qu'on a contesté les conclusions tirées de ce document, sous le prétexte que le nom de Sévère s'applique habituellement aussi, chez les auteurs, à Vérus, et que les mots lui tûv vOv [Leyio'ztùy ayxoxpaTÔptov, t. XIV, p. 217, désignent, non pas Sévère et son filsCaracalla, mais M.-Aurèle et Vérus. Si le livre même où ce renseignement est puisé. De Theriaca ad Pisonem, paraît d'une authenticité douteuse, il n'en est pas de même du livre de Antidotis, qui prouve que Galien a réellement vécu jusque sous Sévère.
8 Voc.
savant, Nicon, qui lui donna lui-même une éducation grecque libérale, qui comprenait l'étude des sciences et des lettres *, il entreprit d'abord, vers l'âge de 14 ans, l'étude de la philosophie 2, et à 17 ans celle de la médecine, tour à tour sous Pélops et Satyrus, commentateurs d'Hippocrate, et Numisianus^, célèbre médecin de Corinthe. Il se livra avec une telle ardeur qu'il en tomba malade , à ces sciences qui furent l'une et l'autre l'objet passionné de tous ses travaux et l'emploi de toute sa vie*. Après la mort de son père, il visita dans l'intérêt de son éducation philosophique et médicale, Smyrne, Corinthe, Alexandrie ^, puis il revint à Pergame, son pays natal, où il fut, pendant cinq ou six ans, médecin des gladiateurs. Après un court séjour à Rome et en Campanie, il fut rappelé par M.-Aurèle et se rendit à Aquilée, où se rassemblaient les troupes pour la guerre de Germanie, mais il se refusa à le suivre dans cette campagne et resta en Italie, à Rome même, où l'incendie du temple de la Paix brûla une grande partie de ses ouvrages. On sait par lui-même qu'il y était encore sous Pertinax, en présence duquel il fit plusieurs leçons publiques 6.
Son savoir est prodigieux et son labeur immense^. On se demande même comment il a pu concilier avec les exigences de la pratique et de l'enseignement de son art le nombre énorme de ses productions écrites, qui s'élèvent à près de 400 ouvrages.
• GaL, t. VII^p. 855; VIII, 587. izaxr^p yiv l\io\ àxpi6wv tyjv twv 'EXXt^vwv ôiàXexTov xat ôiSàaxaXoç xai ■jracôdcYwyoç "EXXtqv.
2 T. X, 699, eùôùç èx jjietpaxtoy çtXoaocpîaç èpacrôévTeç èu'èxetvyîv rjÇaiJLSv irptôTOv.
3 T. V, p. 112 ; t. II, p. 224; XVI, 434; XIX, 57.
4 T. X, 609. ufftepov... è%\ TYjV tî;; laTptxYjç a^x-z^aiv àcptxoixeôa xa\ âi'oXou ToO pîou xàç iTcKTTrifJiaç èxaxépaç epyoïç p-aXXov iq Xôyoïç è(77îou3â(Ta|xev. Par epya que faut-il entendre? Ses œuvres d'écrivain ou sa pratique médicale?
5 Plus tard et à des époques diverses, il fit des voyages scientifiques à Chypre, en Cœlésyrie, à Lemnos, dans presque toute l'Asie, en Thrace, en Macédoine, en Cilicie, à Scyros, en Crète.
6 En 193.
' Simplic, in Phys.y IV. Ôayfxâaxov xai 7ioXu(JLaeéaTaTov avSpa.
Bien qu'il leur accorde une importance et une valeur très inégales, Galien n'a négligé aucune des parties de la philosophie. Pour fonder ce jugement de leur valeur relative, ce qui sert de mesure et de règle à Galien, comme à tous les philosophes de son temps, c'est leur utilité pratique; mais il n'entend pas cette utilité dans le sens des Platoniciens et des Pythagoriciens, c'est-à-dire qu'il ne trouve pas cette utilité dans le rapport des sciences diverses à la perfection de la vie religieuse de l'âme, dans leur contribution à la connaissance mystique et supranaturelle des choses divines et de Dieu ; on ne trouve pas dans ses écrits la moindre trace de mysticisme , d'illumination extatique, démonologique ^ et de superstitions théurgiques et magiques ; il est , comme Épicure , sobre dans sa sagesse et mesuré dans ses aspirations scientifiques. Il ne demande pas à la philosophie de chercher à pénétrer l'essence intime de Dieu, pour conformer la vie humaine à cet idéal inaccessible, par des procédés que la raison ne connaît ni ne conçoit. La spéculation, la connaissance, ne lui paraît pas, sans doute, être une fin en soi, et devoir être recherchée pour ellemême 2; la curiosité scientifique doit avoir une fin en dehors d'elle-même 3, et cette fin, c'est d'une part la médecine, qui a pour objet de rétablir ou de conserver la santé dans le corps
4 Je ne trouve mentionné le nom des démons que dans le lil« 1. des Remèdes faciles, t. XIV, p. 561, où est indiqué un remède qui chasse les démons, xaTiviÇô- (jieva ôactxovaç ôttoxei. Mais, de cet ouvrage, le l®"" livre seul peut être attribué à Galien, quoique la plupart des critiques le déclarent apocryphe ; le 11" et le 111» surtout sont manifestement supposés. Le dernier, où se trouve la citation des remèdes contre les démons, atteste une ignorance (irofonde tt une superstition ridicule. L'auteur est certainement un chrétien qut attribue une puissar.ce miraculeuse à la chandelle allumée au feu de la chapelle de Saint-Paul : il a vécu aux temps des empereurs byzantins.
2 C'est ainsi, par exemple, que la question du siège de l'âme n'a aucune importance pour le philosophe, si elle en a une pour le médecin, tandis que la question de sa nature substantielle, d'un ordre purement spéculatif, n'intéresse ni la morale, ni la médecine, t. IV, p. 764; t V, p 779,
3 On s'aperçoit cependant bieu vile que la passion de savoir pour savoir anime et vivifie son esprit et soutient son ardeur et son courage, dans un effort qui a duré, comme il le dit lui-même, toute sa vie. La conscience des fins pratiques de la recherche scientifique n'a pas manifestement accompagné toute son activité intellectuelle, ni présidé à ses travaux.
de rhomme, de l'autre la morale qui a pour objet de rétablir ou de conserver la santé dans son âme, c'est-à-dire la vertu. L'homme seul est donc éminemment Tobjet et la fin de la science humaine, et la valeur de toute science se mesure à ses rapports plus ou moins étroits, plus ou moins nombreux à FAnthropologie.
Il n'est pas nécessaire que VHistoire des philosophes.^ qui figure parmi ses ouvrages, soit authentique pour pouvoir dire qu'il avait accepté la division traditionnelle de la philosophie en trois parties , mentionnée dans cet ouvrage : la logique, la physique et la morale. Il s'y conforme dans tous ses écrits ; mais il faut se rappeler que, par le sens que les anciens attachaient au mot physique, il comprend ce que nous appelons la métaphysique et la psychologie. Pour Galien, la psychologie est sinon la partie la plus haute de cette science, du moins celle qui intéresse le plus l'homme, et qui par là même a le plus intéressé Galien, avec la physiologie qui, à ses yeux, se confondait en partie avec elle.
Nous rangerons donc l'analyse de ses opinions, qui malheureusement pour nous se présentent, dans les ouvrages conservés , sous une forme fragmentaire , et sont introduites à l'occasion de questions spéciales, sous les trois chefs : psychologie métaphysique, psychologie de la connaissance, psychologie des émotions, des passions et de la volonté; mais avant de procéder à cette analyse, nous donnerons une idée générale sommaire de ses conceptions métaphysiques pures.
Pour répondre à toutes les questions que soulève la science et l'art de la médecine, Galien, convaincu de la vérité du principe de causalité, croit nécessaire, mais suffisant, d'établir cinq causes, quoiqu'on avouant qu'il peut y en avoir un plus grand nombre 2.
* Elle est certainement apocryphe : ce n'est guère que le livre de Placilis philosophorum, qui paraît lui-même faussement attribué à Plutarque. Diels, et avant lui Jul. Martian. Rota, pensent que l'auteur est Âëtius.
2 T. 111, p. 465. (juyxwpT^cravTe; yi\ri iiXeiw twv aiTtiov ÛTtdtpxstv.
Ce sont :
1. La cause 8i '8 Y^yverai xt ; c'est pour lui la providence du Démiurge, ou la cause finale, la première et la principale, TrpwTov [xàv xat [ji.àXi<7Ta. 2. La cause ucp 'ou OU efficiente. 3. La cause il ou ou matérielle, le genre le plus bas des causes, et qu'un véritable dialecticien n'appellerait même pas cause, et qui n'est qu'une cause accidentelle ou concomitante K 4. La cause 8t 'ou ou la cause instrumentale, le moyen dont la cause efficiente se sert pour réaliser avec la matière la fin qu'elle se propose. 5. Enfin la cause xa6 'o ou exemplaire, formelle.
De ces causes, celle qu'il nomme la providence ou la sagesse du Démiurge, est plus utile à connaître au philosophe qui a l'ambition d'acquérir la connaissance de la nature entière 2, qu'au médecin. Elle est manifeste et s'impose à tout esprit qui ne s'est pas asservi à une doctrine préconçue et téméraire, et juge librement des choses 3. Qui donc, voyant dans le corps de l'homme, ce chaos de chairs et d'humeurs** résider une raison, considérant la structure de n'importe quel animal, où tout proclame et démontre l'action d'un sage Démiurge, qui donc ne reconnaîtra une Raison excellente et parfaite dans le ciel? Dans l'air même qui enveloppe la terre, il paraît résider une raison puissante; car l'air, par son essence propre, n'est pas apte à participer à la lumière du soleil ni à ses propriétés 5. Qui donc serait assez insensé, assez ennemi des œuvres de la nature, pour ne pas comprendre, à la seule vue de la peau même d'un animal, qu'il y a une Raison possédant une puissance merveilleuse qui
* T. III, p. 466. ô [1,^,3 'aTtXw; alrtav et'uot Tt? àv, oTjxat, ôiaXexttxbç (ivY)p, àXX'T^TOi xaxà (TUtiêeêyjxbç, i\ àxoXou9caç a'iTcav.
T. IV, p. 360. (fcXoaocpo) Tr|ç oXy)ç cpucrso); èTîtaxiQfXYiv XTv^ffacTÔai dTceuSovTt. 3 T. IV, 360. 7T:Xr,v el... àvTéueaé Ttç 66^a Tcspi ffTotxs'wv toO uavxbç y^v eôevTO
7ip07t£TU)Ç.
^ T. IV, p. 360. èv TOCTOUTO) popêopw aapxiov Te xa\ x^(Ji-ûv ofxtoç èvocxoOvta voOv. . Tcàvxa yàp '^vôet^tv e^et o-oçoO ÔY](xtoupYoO tyiv, ûuepoxriv èvvo7)(y£iToO xatà Tov oùpavbv voO.
^ T. IV, 358. voOv Ttva ôuvatxtv ^x^^'^* Oau^^aarriv eTiiêàvTa ty)? ^y\c, èx- Téxaoôac xaxà Ttocvra xà (JLopia.
Chaignet. — Psychologie. 22
est descendue sur la terre et s'y est tendue dans toutes ses parties K Et cependant la terre n'est que la plus petite et la plus vile partie du monde.
Si la Raison parfaite et toute-puissante y est venue exercer son action bienfaisante, il est clair qu'elle y est venue des corps célestes -, dont la contemplation remplit l'âme d'une admiration immédiate pour la beauté de leur essence ; il est donc conforme au bon sens (elxdç) de croire que dans le soleil, dans la lune, dans les astres, dont les corps ont une substance plus pure que la terre, réside une Raison de beaucoup plus parfaite, de beaucoup plus intelligente que celle dont nous ne pouvons méconnaître la présence et Faction dans les corps terrestres 3. Cette connaissance de l'ordre admirable qui règne dans le ciel et sur la terre, et sur la terre dans le rapport des organes des êtres vivants à leurs fonctions et à leurs fins est le vrai principe de la vraie connaissance de Dieu, connaissance bien supérieure et bien plus noble que toute la médecine^. Mais en quoi consiste cette véritable et utile théologie ? A reconnaître l'existence des Dieux et leur providence ; car c'est la seule théologie qui intéresse la vie morale, individuelle et sociale. La philosophie spéculative et théorétique peut s'inquiéter de savoir comment et sous quelle forme cette Raison est présente au monde ^ et y exerce son activité divine; si au delà de ce monde il y a quelque autre chose et qu'est-ce que cela peut être ; si ce monde est renfermé en lui-même ou s'il y en a plusieurs ou
' T. IV, p. 360. ôt'aiJTOu Tzepiixo^xoc; rwiaç àépoç oCx oXtyoç Ttç èxTetàcrôai ôoxeî NoOç .
2 Le Nouç vient donc dans l'âme du dehors ; mais comment?
3 T. IV, p. 358.
* T. IV, p. 360. ï) -jTspi XP^'°'? jAoptwv Trpayfxaxeta ôeoXoyia; ocxpiêoO; àXy)6tbç àp^Yj v.oLxa<JTriaexoLi, TioXÙ {xstÇovoç xe xai Tiolh xtfjitioTépou 7ipâY[i.aToç oX/jç tyjç taxptxYiç.
^ T. IV, p. 358. èvotxeîv. Les mots èxTSTaaQac et èTiiêavxa (Not., 6, p. 291) semblent annoncer que Galien concevait ce mode d'activité comme une immanence de l'esprit tendu, suivant les Stoïciens, à travers tout l'univers, y circulant dans toutes ses parties et le pénétrant de sa substance et de son essence.
un nombre infini; si le monde est créé ou incréé ; si, dans Fhypothèse où il est créé, il y a quelque Dieu qui l'a créé, ou si, sans l'intervention divine, il a été produit par une cause dépourvue de raison et d'art, par le hasard, qui Taurait fait aussi beau que si un Dieu à la fois tout puissant et tout sage avait présidé à sa formation : la recherche de toutes ces choses ne fait pas de ceux qui s'y livrent ni de bons citoyens, ni de bons parents, ni de bons amis, ni de bons pères de famille, ni des hommes justes et des hôtes hospitaliers. Mais s'il est indifférent à la vie morale de savoir si le monde a été créé ou s'il est éternel, il n'en est pas de même de savoir s'il y a des Dieux et s'ils ont une providence. Cela, il faut le savoir et n'en pas douter, en vertu des principes de la causalité et de la finalité auxquels Galien adhère fermement.
Tout en paraissant admettre le principe des Stoïciens que Dieu est immanent au monde et y est présent et agissant, non seulement par sa puissance, mais par sa substance même, Galien n'est pas matérialiste. Il n'accepte pas leur doctrine de l'origine du monde par un développement autogène d'une.force ou substance unique d'une matière primitive ; il partage l'opinion d'Hippocrate et d'Aristote sur l'existence de quatre substances élémentaires, primitives et irréductibles S toujours identiques à elles-mêmes et gardant toujours la même place^.Ilse fonde sur le mot profond d'Hippocrate: si l'homme était véritablement un, il ne souffrirait pas : et
Yjv àvGpwTToç, oùSé Tcox'àv rilyee. Il souffre : donc il est composé; donc il y a dans le monde plusieurs éléments 3 et il y en a quatre dont le monde est composé et qui s'alimentent les uns les autres*. Ce sont l'air, le feu, l'eau et la terre 5. Ni le corps de l'homme ni aucun corps n'est composé d'un seul
3 Id., t. XIX.
* T. XV, 95. Ta ToO xôdfjiou CTTor/eîa tyiv Tpo<pyiv ôtXXrîXwv ï^o^'^i èdTC. 5 T. I, p. 415.
élément*. L'élément axoi^sriov, est la substance première et la plus simple dont toutes choses sont formées, et la dernière à laquelle l'analyse et la division les ramène 2.
Galien réfute, dans un traité spécial l'opinion des Stoïciens, que les qualités des corps soient corporelles ^ , si du moins on veut conserver à la notion de corps l'essence que lui donne la définition générale et commune : à savoir une substance capable de résistance, oùcyiav àvTtTovov limitée dans les trois dimensions ; car si Ton veut se contenter de la dernière partie de la définition, le nom de corps s'appliquera tout aussi bien au vide et à l'espace qu'au corps réel lui-même.
Ces éléments, pour former les corps particuliers dont se compose le monde, se combinent entre eux, se font uns, Ivouvxai, (juviaxavrai 5 : mais quelle est la force qui les rassemble ainsi dans l'unité et les individualise ? En ce qui concerne les corps vivants, nous verrons que cette force organisatrice est ou une âme ou une nature; mais sur l'espèce d'unité qui constitue les minéraux, nous ne trouvons dans Galien aucune réponse, et même en ce qui concerne les végétaux, sa pensée est hésitante, et la question de l'unité semble se confondre à ses yeux avec celle delà vie, dentelle est un caractère essentiel, qu'il ne fait d'ailleurs nullement ressortir, comme si la chose s'entendait d'elle-même. Il a certainement, dans sa théorie du Pneuma, admis beaucoup d'opinions des Stoïciens; mais en a-t-il faitcomme eux un principe organisateur donnant à tout, en se divisant et se distribuant, même aux minéraux, la forme qui les individualise en les contenant dans l'unité, (juvsxTtxT) 8uva(j.iç 6 9 Malgré la vraisemblance, il serait
' T. XIV, p. 356. c7Tot)(eî6v kazi i\ ovi ixçiliXOM xa\ aTïXovKTTaxou itâvxa Ysyove xai slç o aTîXouffxaxov xà itavta àvaXuOvîaeTat ôv ^a^axov.
2 T. XIX, p. 486. xà {Jièv axoi/eta xà aùxà tîcxvxwç s'ktî- xai eui xw aùxô) êxaaxou jxévei tôuo).
3 T. XIX. p. 463.
* T. XIX, p. 415.