‹ Histoire de la psychologie des Grecs (volume 4)Chapitre 42 sur 94 · DU LYCÉE · texte numérisé non relu

DU LYCÉE

1. Abailard Pierre (1079-1142). L'esprit de ses doctrines, ou du moins la tendance de ses idées, le portait plûtot vers les idées de Platon, qu'il loue en ces termes : Non sine causa maximus Plato philosopliorumprx cxteris conimendatur'^. Mais la logique était la seule partie de la philosophie qu'il fut alors permis de pratiquer et de professer ouvertement, et dans cette partie de la science Abailard est universellement désigné et se désigne luimême comme un péripatéticien, comme un disciple d'Aristote. Jean de Salisbury, qui était son élève, l'appelle, dans son Metalogicus 3, Perïimteticiis Palatinus Ahailardus noster^ et le prieur Gautier de Saint- Victor *, dans le traité qu'il écrivit contre Abailard, Pierre Lombard, Gilbert de la Poirée et Pierre de Poitiers les signale tous les quatre comme inspirés d'un même esprit, de l'esprit d'Aristote : Uno spiritii A7istotelico afflati. Mais ces mots étaient sous sa plume encore plus un anathème, une condamnation qu'un jugement critique. Ce qu'il reconnaît et redoute en eux c'est un certain esprit de libre recherche, un goût de la science pour la science elle-même, dont il attribue, non sans raison, le réveil à la lecture de quelques ouvrages de logique

1 C est-à-dire des philosophes qui ont accepté en tout ou en partie les principes essentiels de la philosophie d'Aristote. Les Grecs les nommaient parfois ainsi èx Auxeîoy pour les distinguer des platoniciens désignés quelquefois sous le nom de péripatéticiens 'Axaô i{;-taç. Amraon., 32, h ad V voces, Porphyr.

2 Theol. Christ., I, 1191. Il existait au Xi^ siècle une version latine du Timée, de Ghalcidius (Murator., Antiq. ItaL, t. III, p. I03i2, llOA).

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