‹ Histoire de la psychologie des Grecs (volume 4)Chapitre 43 sur 94 · MI · texte numérisé non relu

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* HisL Univ. Pans., Boulé, I, 404.

PÉHIPATÉTICIENS DU LYCÉK 37 ô

d'Aristote : Dialedici, dit-il, un peu plus haut, quorum A7*istotetes princeps est, soient argumentationum vitia tendere, et vagam rhetoricx libertatem et syllogismorum spineta concludere C'est en effet l'honneur de ces grands esprits que l'on ne peut avoir quelque commerce avec eux, même dans la pai'tie purement formelle de leur œuvre philosophique, sans que le sens elle goût de la science ne s'allument dans l'intelligence et que la raison ne reprenne possession d'elle-même.

Abailard reconnaît Aristole pour son maître et le maître par excellence dans l'art du raisonnement : « Si Aristotelem peripateticorum principem culpare prœsumamus, quem ampliusin hac arte recipiemus'^ ». Il ne ne le suit pas cependant, comme on vient de s'en assurer, les yeux tout à fait fermés, et on le voit même jeterà ses adversaires le mot assez méprisant : « Aristoteles vester 3 ». Il a composé des Gloses surV Introduction de Porphyre^ les Catégories et le De Interpretatione, et il cite un petit nombre de passages des Réfutations des Sophismes et des Topiques : toutes ses citations sont empruntées aux traductions de Boèce. Il dit lui-même dans sa Dialectique ^ : « Aristotelis enim duos tantum Prœdicamenta scilicet et Perihermeneias libros, usus adhuc latinorum cognovit », et il avoue qu'il n'a pu lire ni la Physique ni la Métaphysique parce qu'elles n'avaient pas encore été traduites : Qux quidem opéra ipsius nullus adhuc translata latinx lingux aptavit, ideoque minus natura eorum nobis est cognita^.

Au xii« siècle la domination d'Aristote, au moins dans la logique, est déjà universelle : jusqu'au xvi<^ siècle elle ne fera que s'étendre à toutes les branches des connaissances humaines. Marsile Ficin constate, en s'efforcant de réagir contre elle, cette invasion aussi profonde qu'étendue du péripatétisme : Totus

< /rf., t. I, p. 402. V. Ch. Jourdain, p. 25.

« Opp Ab., t II, p. 142.

3 Theol. Clirist., 111, 1275-1282.

^ Opp. Ab., ed. Cous., p 228.

s Ouvr. Ined. d'Ab , p. 200.

fere terrarum orbis a peripateticis occupatus C'est seulement à la Uenaissance que les humanistes, surtout au point de vue d3 la forme et du style, combattent l'aristotélisme scolastiquo comme une barbarie. Les philosophes reviennent au texte el aux commentateurs grecs, et particulièrement à Alexandre d'Aphrodisée. Malgré le mot irrité de Luther : Aristoteles aO Theotogiam est tenehra ad Lucem 2, Mélanchlon, poussé par une nécessité pratique, n'hésite pas à conserver ses livres dans le régime nouveau des études des réformés : Carere monumentis Arîstotelis non possumas ; ego plane ita sentio magnan doctrinarumconfusionem secuturam esse, si Aristoteles neglectua fuerit, qui unus ac solus est methodi artifex 3.

2. Abraham Ben David, juif de Tolède, écrit en 1160, en arabe, un ouvrage intitulé : La Foi sublime, dans lequel il expose, en en démontrant la vérité, les doctrines philosophiques d'Aristote.

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