‹ Histoire de la psychologie des Grecs (volume 4)Chapitre 58 sur 94 · Avempace (Abu Behr Mohammed ben Jahja Ibn Badja · texte numérisé non relu

Avempace (Abu Behr Mohammed ben Jahja Ibn Badja

ayant acheté une esclave égyptienne, en fit sa maîtresse. Soit de lui, soit d'un autre, cette femme mit au monde un enfant auquel elle donna le nom de son maître, Athénien. Ce jeune homme, qui s'adonna à l'étude, s'emjDara, à l'aide de sa mère, de l'esprit de son maître devenu vieux, hérita de lui après sa mort, et devint frauduleusement citoyen athénien. Il épousa une belle fille, après cela se livra à l'enseignement, attira dans son école beaucoup de jeunes gens. Après avoir enseigné à Messène et à Larisse de Thessalie, et avoir beaucoup gagné d'argent, il revint à Athènes Là, élu ambassadeur d'Athènes auprès de Mithridate, dont la puissance s'étendait et se fortifiait, il s'insinua dans les bonnes grâces de ce roi, qui lui accorda sa faveur et beaucoup d'honneurs. 11 profita de celte situation pour faire espérer aux Athéniens d'être délivrés du joug des Romains et de recouvrer leur gouvernement libre et démocratique. A son retour à Athènes, il y fut acclamé et placé à la tête du gouvernement. Son règne ne fut pas de longue durée; il se montra cruel, imprudent et rapace. Il voulut s'emparer du trésor de Délos. A cet effet, il envoya dans l'île Apellicon de Téos, devenu citoyen d'Athènes, et qui menait une vie fort agitée et d'un riche dégoûté, a^Uopo;. 11 lui arrivait même de philosopher et de se vouer à la philosophie péripatéticienne. Il avait acheté la bibliothèque d'Arislote et beaucoup d'autres encore, car il était fort riche. Il déroba du Métroiîm en sa possession les décrets autographes des anciens, et acquit dans d'autres villes toutes les pièces anciennes et rares, il était recherché pour ces actes à Athènes, et courait des dangers s'il n'avait pris la fuite. Il revint plus trrd, et sut gagner le peuple. Il se fit inscrire, avec Athénien, sur la liste des philosophes de la même secte. Apellicon partit donc pour Délos avec une force armée, qu'il sut mal répartir pour la défense. Orobius, général des Romains, surprit la garnison et la massacra. Apellicon put se sauver de Délos. »

t Plut., Syll, 12, U, 23.

2 m, 3, et V, 36.

3 De Giv. D., VIII, 17.

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né vers la fin du xi" siècle à Saragosse, mort en Afrique en 1138. Auteur de mémoires de peu d'étendue, en partie perdus, dont M. Munk * a donné les titres : entr'autres des traités de VAme, sur V Union de Vintellcct avec Vhomme, des commentaires sur la Physique^ la Météorologie, et les autres écrits de physiologie psychologique d'Aristote, et enfin un ouvrage original intitulé : le Guide du Solitaire.

74. Averroës (Abul Walid Mohammed Ibn Ahmed, Ibn Mohammed, Ibn Rosch), né en 1126 à Gordoue, mort en 1198. Peu de temps après sa mort était détruite la domination des Maures en Espagne, et s'éteignait la philosophie arabe, pour livrer tout le monde oriental à l'oppression absolue et mortelle pour l'intelligence des doctrines du Koran. Plus encore qu'Avicenne, et pour ainsi dire sans aucune réserve, il est un disciple d'Aristote, qu'il considère comme le fondateur de la connaissance scientifique qu'il a poussée à sa dernière perfection. L'interprétation donnée par Averroës de la théorie du Nouç, combattue par saint Thomas, s'accorde, au moins pour le fond, avec celle d'Alexandre d'Aphrodisée, mais ce n'est peut être pas à tort néanmoins qi;e Marsile Ficin ^ estime que plus d'une fois tous les deux « videntur a siio etiam Aristotele defecisse

72. Avicebron ou Avencebrol, nom sous lequel les scolastiques désignent le juif espagnol Salomon ben Jehuda ben Gebirol, né à Malaga vers 1020, cultiva à Saragosse, de l'an 1035 à 1069, la poésie et la philosophie. Il est l'auteur d'un Uvre intitulé Fons vitoBy cité par Albert le Grand 3 et S. Thomas dont le contenu est un produit des dogmes juifs avec des idées philosophiques empruntées à Aristote et encore plus aux néoplatoniciens 5.

72. Avicenne (Abu Ali Al Hosain, Ibn Abdallah, Ibn Sina), né à Afsenna, en Boukharie, vers 980 ap. J.-Ch., enseigna la

< Mélang., p. 386.

2 Prxf., ad Plot.

3 Suntm., I, 4, 22.

* De Anim., art. VL

5 Munk., Mélang. de phil., 1857.

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médecine et la philosophie à Ispahan, et mourut à Hamadan en 1038. Sa logique et sa métaphysique sont toutespéripatéticiennes, et Albert le Grand, qui emprunte à Al Farabi une preuve de l'existence de Dieu, cite très souvent en l'adoptant le principe psychologique d'Aristote formulé comme il suit par Avicenne : « Intellectus informis agit iiniversitatem ».

73. Bessarion, né à Trébizonde en 1389, archevêque de Nicée en 1436, plus tard patriarche de Gonstantinople, promu cardinal par le pape Eugène IV, mort en 1472, élève de Gémistus Pléthon : il a traduit dans un latin souvent incorrect et par suite obscur la Métaphysique d'Aristote et celle de Théophraste.

74. Bien du Borysthène, disciple de Théophraste ^ Après avoir fréquenté l'Académie d'abord, et ensuite l'école de Cratès, il enseigna la philosophie à Athènes et ailleurs, vers la fm du iv^ et les premières années du iii'' siècle avant J.-Gh.

75. Boethius, Anicius Manlius Torquatus Severinus, de 470 à 525 ap. J.-Gh , traducteur et commentateur d'Aristote. Néanmoins la tendance propre de son esprit serait plutôt platonicienne, comme le remarque Laurent Valla ^ : « Magis mihi Platoniciis videtur Boethius quam A^nstotelicus ». On a de lui, outre son célèbre ouvrage : de Consolatione philosophiae, les traductions des Analytiques premiers et seconds^ des Topiques, des Réfutations des sopfiismes, du. de Interpretatione avec un commentaire, des Catégories également accompagnées d'un commentaire ; de plus un commentaire sur la traduction latine de V Introduction de Porphyre, faite par Victorinus, sa propre traduction de ce même ouvrage avec un commentaire ; en outre les traités suivants : Introductio ad categoricos syllogismos, de syllogismo categorico, de sgllogismo hypothetico, de divisione, de defînitione, de differentiis topicis. Son commentaire sur la Topique de Gicéron ne nous est pas parvenu.

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