Bar., ann. 51ttS, parag. S
Théodoric ne se contenta pas même de celle victime. L'ingratitude des Romains, qui ne lui tenaient aticun compte de sa modération, avait aigri son caractère. Il fit périr le vieux Symmaque, le beau-père de Boêce, qui n'avait d'autre tort que d'avoir donné des regrets trop bruyants à son gendre, et la captivité du pape n'eut peutêtre d'autre motif que le ressentiment de cette ingratitude. Théodoric pouvait sans peine soupçonner ce que Baronius a supposé, ce que le père Maimboui^ a affirmé plus tard ^, mais le pape Jean n'eut pas le temps de se justifier. Il mourut dans sa prison le 27 mai 826; el quoique le roi des Goths eût ainsi manifesté son ombra^ geuse intolérance, le saint-siége n'en fût pas moind disputé par plusieurs candidats. Théodoric coupa court à des brigues qui pouvaient ensanglanter encore la jirille de Rome el servir de prétexte aux révoltes des câlho* liques. U mit sa volonté à la place des lois de leurËgUse, choisit lui-même le successeur de Jean, et son choix tomba sur le Sarmate Félix, qui fut le troisième ouquA*» trième pontife de ce nom. Ce nouveau chef de TÉgllsè romaine justifia pleinement la confiance de Théodofic par la nullité de son pontificat. 11 ne fit dans ses quatre années aucun acte de suprématie. Saint Benoît fonda son monastère de Mont-Cassin, sans lui soumettre les règlements de son ordre. Saint Césaire d'Arles convoqua et présida un grand nombre de conciles provinciaux dans les Gaules, sans lui en demander rautorisation; et les deux souverains de l'Orient et de fltalie, reprenant