‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 139 sur 268 · Bayle, Rem. II tur Grèg · texte numérisé non relu

Bayle, Rem. II tur Grèg

contre les éviques d'Occident à Toccasion des trois chapitres venait a peine de finir. La résistance de lëvéque de Salone durait encore. Le pape devait craindre que le patriarche byzantin ne trouvât tôt ou tard des alliés dans des prélats rebelles ou mal affermis dans leur obéissance. S'il eût échoué comme ses prédécesseurs dans cette lutte, le saint-siége aurait été bien ébranlé; et il n'était pas homme à faiblir, lui, qui avait écrit à son légat Anatole qu'il était prêt à mourir plutôt que de voir le siège de saint Pierre abaissé de son temps *. Ce nonce l'avertissait de tout ce qu'on méditait dans la capitale de l'Orient; et c'est par lui sans doute qu'il apprit la convocation d'un nouveau concile. Il craignit avec juste raison que le patriarche Cyriaque n'en profitât pour se faire conférer le titre qu'il avait seulement reçu de son prédécesseur *. Ses messagers partirent de tous les cotés pour les métropoles orientales. Il répéta à vingt évoques ce qu'il avait écrit à l'évéque d'Antioche, que leur épiscopat était perdu s'ils souffraient cet empiétement de Jean le Jeûneur et de Cyriaque. • Ne cédez, leur dit-il, 1 ni aux persuasions, ni aux caresses, ni aux promesses, 1 ni aux menaces. Résistez avec une fermeté pastorale à » celui qui veut diviser rÉglise. » Ces derniers mots révèlent sa préoccupation, il croit déjà que l'Église entière lui est soumise. Il traite d'odieux le titre que son rival veut usurper, et prouve en même temps qu'il Ta usurpé lui-même, en menaçant ces évoques de les retrancher de la communion de saint Pierre, s'ils toléraient

Page 1