Tillcm., t. IV, p
— Gala Galliu Christiana ottre ici une lacune de soixante* ans dans la nomenclature des évcques d'Arles; et elle commence précisément à cet épisode de l'épiscopat de Martien, dont la mort même n'est pas racontée. Il faut donc sen tenir à la lettre de saint Cyprien ; et l'autorité de révêque de Rome sur la province de Gaule y est en quelque sorte établie, mais avec toutes les restrictions qui découlent de l'opinion de ce même prélat sur l'unité de l'Église et sur l'indépendance des évéquos! Nous rencontrerons en effet des témoignages assez vifs de cette indépendance dans l'histoire même de l'Occident, quand nous en serons au concile d'Arles assemblé en 314 par l'empereur Constantin, au schisme d'Antioche, à l'excommunication lan^e eu 358 contre le pape Libère par un simple évêque de Poitiers, et enfin à l'épiscopat de saint Ambroise. Mais malgré ces exemples du réveil de l'égalité épiscopale, il faut convenir que, vers la fin du troisième siècle, il y avait une déférence marquée pour le pape de Rome de la part des évéques de la Gaule et de l'Italie, soit que les paroles prêtées à saint Irénée eussent fait reconnaître sa prééminence, soit que le titre de siège apostolique, dont Rome seule jouissait en Occident, lui ait attiré les respects des évéques. Cette déférence se changea naturellement et sans efl'ort en obédience; mais nous distinguerons l'Église d'Espa^^ne, que nous avons vu résister aux protestations d'Etienne, et qui, cinquante ans plus tard, régla la première un grand nombre de points de discipline, sans que le clei'gé de Rome, pendant une vacance du siège., songeât à lui en contester la faculté.