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que Severin mourut sans avoir fait connaître sa pensée. Je me borne ù remarquer que c'est la première fois qu'on parle d'une élection de pape soumise à l'approbation d'un exarque, d'un simple officier de l'empire, que saint Grégoire avait considéré comme lui étant inférieur en dignité. Mais l'historien Platine a reconnu que ce privilège appartenait aux délégués de la puissance impériale; et il est probable que Texarque Isaciusen fit usage. On dit même qu'il profita de 1^ vacance du saintsiége ou des hésitations de Severin pour piller le trésor du pape; et s'il est vrai qu'il ait assisté à cette spoliation de son palais de Latran, l'histoire ecclésiastique a raison d'en remarquer la douceur extrême. Mais les actions qu'on lui prête sont aussi incertaines que la durée de son pontificat. On sait seulement qu'il fut enterré dans réglise de Saint-Pierre le 2 août 640, et que, peu de jours après, Jean IV lui fut donné pour successeur. Ce prêtre dalmate ouvrit sur-le-champ la nouvelle guerre des évêques de Rome contre les patriarches et l'empereur d'Orient. Il fit condamner par un concile YEcthè^e et les Monothélites, et signifia cette sentence à l'évêque Pyrrhus, nouveau patriarche de Gonstantinople. On veut qu'à la lecture de cette lettre Héraclius ait renié son Ecthèse, en déclarant qu'elle était l'œuvre de Sergius et qu'il l'avait signée par complaisance * : ce serait un grand honneur pour le siège de Rome et un puissant encouragement pour ses pontifes que cet abaissement de la puissance impériale. Mais cela n'est pas soutenable.