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sanctuaire pour les transporter dans la nef et les placer à une hauteur qui ne permit pas à leurs adorateurs de se prosterner devant elles.
Le patriarche Germain s'indigna de cette profanation. II soutint que la primitive Église avait admis les images, et qu'il mourrait, s'il le fallait, pour les défendre. Le pape Grégoire ILs'empressa de le féliciter de son courage. Il rejeta l'analogie qu'on voulait établir entre la représentation de fausses divinités qui n'avaient jamais existé, et les portraits de l'Homme-Dieu, de sa Mère et de ses Apôtres. Il excita le patriarche à la résistance, et plusieurs évéques orientaux obéirent aux prescriptions de l'évêque de Rome. Léon III s'irrita de cette opposition. Ses conseillers l'engagèrent à ne pas faiblir et lui rappelèrent le verset du Deuléronome, où Moïse commanda aux Israélites de briser les sculptures des Armorrhéens et des Chananéens, ainsi que la destruction du serpent d'airain par Ezéchias. L'empereur somma le patriarche d'abjurer le culte des images, et punit de la déportation le refus de ce vieillard. Il fit détruire une statue de Jésus- Christ que Constantin le Grand avait fait placer dans le vestibule de son palais; on brisa par son ordre toutes celles qui décoraient les églises. On couvrit toutes les peintures d'une couche de plâtre. Léon Tlsaurien ne s'en tint pas a ces dévastations. Il fit partir des assassins pour l'Italie. Mais j'anticii)e peut-être sur le départ de ces misérables. Les quatre ou cinq historiens que j'ai sous les yeux m'offrent des narrations si contradictoires qu'il est difficile de les concilier. J'adopte la version des auteurs anglais de Y Histoire universelle^ connue
la plus claire et la plus vraisemblable ^ Scholastique, exarque de Ravenne, ayant exécuté les ordres de Tempereur, et détruit les images de ses églises, le peuple fut indigné de cette profanation et parla hautement de se soustraire à l'obéissance de Constantinople. Les Lombards furent avertis de cette révoltp, et saisirent cette occasion d'étendre et d'affermir leur empire. Après trois ou quatre règnes éphémères, ils avaient rencontré un roi législateur dont l'ambition répondait à leurs instincts de rapacité. Luitprand les conduisit à Ravenne et s'empara de cette ville. L'exarchat fut envahi, dévasté, dépouillé de ses monuments, et l'exarque obligé de se réfugier à Venise. Grégoire II, effrayé de ces ravages et tremblant pour la ville de Rome, écrivit au doge de Venise comme au plus proche de ses voisins, et le supplia de rétablir l'exarque. Urse ne demandait pas mieux. Il arma une flotte et trompa les Lombards sur sa destination, pendant que le patrice Seholastique ralliait quelques troupes dans les environs d'Imola. Les Vénitiens le rejoignirent sous les murs de Ravenne. La ville fut reconquise, rendue à l'empire; et le pape Grégoire II, croyant qu'un tel service engagerait l'empereur à lui céder sur la question des images, le supplia de rapporter son édit de destruction. Mais Léon III n'eut aucun égard à cette prière. Fatigué de l'opiniâtreté de l'évéque de Rome, il chargea trois assassins de s'y rendre, de tuer le pape ou de l'amener à Constantinople; et le patrice Paul vint remplacer Seholastique, dont la reconnaissance envers Grégoire pouvait
i. Bitt, i9ê «^m6ard|. lir. IV, cb. XYII,
contrarier la mission de ces bandits. Mais avant que les troupes du nouvel exarque ne fussent prêtes, le complot avait été découvert et puni par la mort des assassins. I^e patrice Paul connaissait trop bien son maître pour être retenu p^r cet échec. Il se disposa à marcher sur Rome, après avoir envoyé sans doute au pape une lettre de Tempereur qui lui promettait sa protection s*il obéissait à 9pn édit, et le menaçait en même temps de déchéance s'il persistait dans sa rébellion.
Grégoire II ne répondit que par Texcommunication de l'exarque, et ses messagers allèrent de tous les cdtés implorer des secours *. La révolte fut générale. Les citoyens de Rome, les peuples de la province d*Ancdne abattirent les statues des empereurs d'Orient et proclamèrent feur indépendance. Le peuple de Ravenne prit part à cette rébellion, combattit les troupes Impériales, massacra les briseurs d'images, l'exarque lui-même, et ne se distingua des autres rebelles qu'en restant fidèle à l'empire. Il craignait que sa ville ne perdît son titre de capitale, pour n'être plus qu'une dépendance de Rome. Naples suivit l'exemple de Ravenne. Lç peuple massacra le gouverneur et son (ils qu'on accusait d'avoir aussi envoyé des assassins pour se défaire du pape, mais il resta également sous la domination de l'empereur. Le roi des Lombards Luitprand voulut profiter de ces désordres. Il oublia que Grégoire II avait armé les Vénitiens contre lui, et feignit d'embrasser sa querelle; mais la mort de l'exarque et la défaite des troupes impériales encourageant