Athanasc, p. 259; Fleury, Ut. V[[, ch. liv
dans le style apocalyptique si familier à ce saint homme. Les évêques d'Italie y virent l'approbation de leur doctrine, la justification fut complote, et les deux Églises n'en furent point divisées. Si l'on voulait tirer quelque conséquence du voyage des prêtres égyptiens a Rome et de cette délibération d'un synode romain, je répondrais que dans le temps même de cet appel prétendu, un évêque du nom de Basilide s'adressait à ce même évêque d'Alexandrie, pour le prier de régler quelques points de discipline; et l'abbé Fleury observe que la réponse de ce métropolitain a été toujours considérée comme une décision canonique *. La réputation de Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocesarée, lui attirait aussi de la part de ses collègues des appels de la même nature; et aucun de ces docteurs ne s'en prévalait pour élever son siège au-dessus des autres. Ces appels fréquents à l'autorité du plus habile servaient au contraire, suivant ce même Denys d'Alexandrie, a entretenir la concorde entre les Églises.
En examinant sans parti pris ce qui se passait alors à l'occasion de Paul de Samosate, on ne trouvera dans la conduite des [prélats orientaux à l'égard de l'évêque Romain aucun témoignage de subordination que celui-ci j)uisse ériger en droit. Ce Paul, évêque d'Antioche, soutenait que Jésus-Christ n'avait point existé avant d'avoir été conçu par la Vierge, et qu'il n'était devenu Dieu qu'après avoir été homme. La vie fastueuse de cet hérésiarque donnait un grand crédit à sa doctrine , qui
!. Fleury, liv. VII, ch. lvi.
mettait ainsi le législateur des chrétiens sur la même ligne que tous les Césars déifiés. La reine de Palmyre Tavait appelé dans sa capitale, elle l'avait prié de Tinitier aux mystères du christianisme; et en adoptant son opinion sur le Fils de Dieu, Zénobie avait ajouté au retentissement de cette hérésie. Tous les évéques d'Orient s'en émurent. Un concile fut spontanément assemblé dans Antioche, résidence de l'hérésiarque. Denys d'Alexandrie, trop vieux pour s'y rendre, et près de descendre au tombeau, écrivit une dernière épître à l'Église d' Antioche contre l'évêque, et saint Jérôme a fait remarquer la beauté de cette œuvre du saint vieillard. Les éveques de Cilicie, de Pont, de Cappadoce, de Palestine, métropolitains et autres, se rendirent à ce concile que présida l'évêque Firmilien de Gésarée. Paul de Samosate y fut condamné; et sa soumission apparente suttisant à ses juges, ils ne crurent pas devoir communiquer leur décision aux autres Églises de la chrétienté, attendu qu'il n'y avait encore ni excommunication ni déposition. Mais quand l'hérésianiue eut manqué à sa promesse, quand, suivant Athanase, il eut démenti sa résignation par sa scandaleuse conduite, un nouveau concile, plus nombreux que le premier, fit comparaître encore le rel)elle. Le prêtre Malcliion, dont saint Jérôme à loué aussi le savoir et rélo^jucnce, accabla l'hérésianiue de sa puissante diaiectique *. l:]t il fut cette fois déposé et remplacé dans sa chaire par le vertueux Domnus. Il devenait dès lors nécessaire que, sui-
i. Eusèbc, lif. Vil, ch. xxvii.
vant Tusage constant de l'Église, le monde catholique fut averti de cette déposition et de la nomination d'un nouvel évéque d'Antioche. Malchion fut donc chargé de rédiger une lettre synodale qui fut adressée nommément à Maxime d'Alexandrie, successeur du vieux Dcnys, comme au Denys de Rome et autres coévéques, prêtres, diacres de Église de Dieu, et à la suite de cette suscription se trouve la formule commune à tous : t à notre frère en Jésus-Christ *. •
Certes il faut être possédé du démon de l'ullramontanisme pour voir dans cette nomination de Févêque de Rome après celui d'Alexandrie une preuve de subordination envers le premier. C'est cependant ce qu*on a voulu établir, parce que l'empereur Aurélien étant intervenu pour contraindre Paul de Samosate à quitter son palais épiscopal, avait adjugé ce palais ou cette maison à ceux avec qui les évéqucs d'Italie et l'évéque Romain étaient en correspondance. Mais d'après le dire même de César , il n'y avait rien là de particulier a l'évéque de Rome. La condition était commune à tout le clergé d'Italie, comme la lettre synodale l'avait été a toutes le.; É^^^lises existant sous le soleil; et en définitive cette correspondance avec le nouvel évéque d'Antioche était la consi'quence naturelle de l'élection qu'en avaient faite les Orientaux sans la participation du pape romain. N'importe, on part de là pour soutenir que ceux là-seuls étaient évéques que le pape reconnaissait pour tels ^
i. LiLIjC, Recne'd det Concile^. Kiisè!)0, Uv. Vil, cli. xxx 2. Linu nnîiis. Tmtlit. tle rK>ji;s,\ t. ï, p. 80.