Egiiihard, ann. 7Si
au mépris de ceux qu'alléguait l'empereur d'Orient, à la face même de ses ambassadeurs. Copronyme avait connu la première expédition et les sentiments de Pépin; et c'est sous les murs de Pavie qu'un de ses envoyés était venu le trouver pour réclamer ces provinces au nom de leur maître légitime. Il y comprenait évidemment la ville et le duché de Rome, en disant que le pape était son sujet, et qu'il ne pouvait sans trahison accepter les États de son souverain. De pareilles prétentions ne pouvaient être justifiées que par une armée et par une victoire. Pépin ne leur opposa qu'un froid mépris. « Rome et Texar- » chat, dit-il, m'appartiennent par droit de conquête, je • ne vous les rendrai pas, parce que vous êtes un héréti- > que et que vous les souilleriez des abominables erreurs » des Grecs. Il me convient de les donner au pape; et je t verserai la dernière goutte de mon sang pour les lui conserver. » L'acte de donation fut dressé sur-le-champ, signé par Pépin, par ses deux fils, par des évêques et des barons de France.
Ces faits, racontés par Anastase le Bibliothécaire *, ont été contredits pour la plupart, comme tous les récits de ce temps. On a contesté même la donation de Pépin. On a dit qu'elle n'était pas plus vraie que celle de Constantin, et il est temps peut-être de démontrer quelle était la différence des deux; d'examiner enfin la première. Remarquons d'abord qu'aucun des Papes dont nous venons de raconter l'histoire ne s'est appuyé sur cette donation de Constantin, qu'ils ne l'ont jamais mentionnée dans les empiétements successifs qui les ont élevés à une si haute