Tom. VI, p
ces mots par Raoul Glaber : t II est juste et convenable^ * dit-il, il est nécessaire à la conservation de la paix » qu'aucun prince n'ose saisir le sceptre de Tempire ro- » main, ne puisse usurper le tire et le pouvoir d'enipe- » reur, si le pape de T Église romaine ne Ta choisi d'avance i comme digne de commander à la république et ne lui t a remis entre les mains les insignes de l'empire ^ > Qu'aurait dit Constantin si quelqu'un lui eût prédit ce résultat de ses bienfaits ? Glaber raconte alors que le pape présenta à Henri II un globe surmonté d'une croix et entouré de pierres précieuses. Ce globe n'était pas chose nouvelle. On en voyait de pareils sur quelques médailles des Césars. Mais Glaber voit dans ces pierres les vertus dont le pouvoir suprême doit être orné, et dans la croix le symbole de la protection divine.
Tout le pontificat de Benoît VIII fut conforme à ce début. Si Ton peut douter encore de la puissance royale de ce pape, on ne peut plus mettre en doute son indépendance de toute autorité séculière. 11 fît même acte de roi guerrier en repoussant les Sarrasins des bords de la Magra à la tête des évêques et seigneurs d'Italie. Il appela les chevaliers normands à chasser les Grecs de la province de Naples. Il alla chercher lui-même son empereur pour les y aider, mais il combattit avec moins de succès les vices de son clergé. Le concile qu'il tint à Pavie est le centième témoignage de l'incontinence, de la vie fastueuse et licencieuse de ses prêtres et de ses diacres. II prononça contre eux des peines sévères qui ne les corrigèrent pas. Les laïques y étaient mêlés comme