‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 236 sur 268 · I. Malmesbury, p. M6; Eadmer, p · texte numérisé non relu

I. Malmesbury, p. M6; Eadmer, p

patience d'Anselme était à bout, et que les foudres du saint-siége allaient tomber sur sa tête. Il craignit que cet anathème ne jetât tous ses évéques dans le parti de Robert, son frère, qui venait lui disputer sa couronne, et il céda tout à coup son droit de conférer l'épiscopat par l'investiture en se réservant l'hommage des évéques pour leurs domaines temporels. Il déchargea les églises du cens que Guillaume le Roux leur avait imposé, et fit remplir les sièges vacants par l'élection. Le pape accepta cette transaction avec joie, et le sage Anselme fut remis en possession de son Église et de ses revenus. Mais les regrets de Henri ne tardèrent point à se manifester. Il se crut plus maltraité que le roi d'Allemagne, et se plaignit de la tolérance de Pascal envers ce prince.

La résistance de Henri le Germanique était en effet plus opiniâtre. Il méprisait les anathèmes, et la fidélité de ses partisans n'en était point ébranlée. L'abus qu'on avait fait de ces armes spirituelles en avait émoussé les coups. La vacance de l'évêché de Bamberg lui fournit une nouvelle occasion de braver le saint-siége. Il donna cette Église à son chapelain Othon, et l'investit immédiatement par la crosse et l'anneau. L'archevêque Brunon de Trêves s'était soumis également â cette prérogative de la couronne, et cet outrage était d'autant plus humiliant pour le pape, que ces évéques acceptaient l'investiture des mains d'un prince excommunié. Ils en avaient rougi plus tard, et ils étaient venus à Rome pour recevoir celle de Pascal. Mais qu'importait à l'empereur? Il n'en avait pas moins triomphé du pontife, et la mort de son fils rebelle semblait assurer son repos. -Ms^is RoiKie

sut lui trouver un rival plus dangereux encore dans sa propre famille. Son autre fils Henri, excité à la rébellion par les lettres du pape S se couvrit du manteau de la religion pour s'emparer du gouvernement de Tempire. Ce jeune prince joignait le cœur d'un ingrat à la souplesse d'un hypocrite. Il feignit de déplorer l'impiété de son père; il jurait de déposer les armes si son père voulait se soumettre à l'Église ; et c'est au nom de la paix publique, de l'intérêt de l'État, que le fourbe allait les troubler l'un et l'autre. Il séduisit le duc de Bavière, les seigneurs de la Saxe^ de la Franconie, du haut Palatinat; et quand l'empereur songeai à le combattre, il se trouva sans défenseurs et sans armée. Content de l'avoir réduit à cette impuissance, le rebelle n'osa point provoquer sa déposition. Il implora son pardon et attira son malheureux père dans un piège abominable. D'artifice en artifice, il l'amena à la diète de Mayence, où les évéques et les légats de Rome lui signifièrent, sous peine de la vie, de quitter le sceptre et le diadème. Quelques historiens parlent d'une protestation énergique de l'empereur, d'un appel à la conscience des prélats, d'une menace des vengeances célestes. D'autres disent que trois évéques eurent l'insolence de lui arracher les insignes de la royauté, que son indigne fils, désapprouvant cette violence, voulut obtenir une démission volontaire, et que Henri FV fut forcé de se déclarer incapable de gouverner. D'autres affirment qu'il fit de lui-même cet humiliant aveu, et que les légats hésitèrent encore à lui donner une

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