Sigeb. deGemb.; Maimb., liv. m
absolution qu'il avait achetée par cette bassesse^. Quoi qu'il en soit, Tempereur Henri IV fut déposé le 7 août 1106, après un règne de plus de cinquante ans;* et il se trouva peu de jours après dans un tel besoin, que, s'il faut en croire Othon de Frissingen, il fut réduit à solliciter pour vivre un canonicat dans Téglise de Spire. Ajoutons que ce canonicat lui fut refusé par le prélat qui gouvernait cette église, et qui l'avait reçue de ce même prince que repoussait son ingratitude.
Pascal II louait tous ces rebelles de leurs actes de violence, et frappait d'anathème les prélats qui osaient les blâmer. Le clergé de Liège fut puni par lui de la fidélité qu'il voulait garder à son maître, et de l'audace qu'il avait eue de dénier au saint-siége le droit d'excommunier et de déposer les rois. La protestation était tardive : les rois n'avaient plus que la liberté de s'en défendre et ils n'en usaient pas toujours. Mais Pascal ne tarda point à être puni lui-même par l'ingrat dont il s'était fait le complice. Henri V ne se révéla point sur-le-champ. Il manquait à son usurpation le titre d'empereur, et nul n'osait^ le prendre encore de lui-même. Le plus fier ne se croyait pas maître de l'empire avant d'avoir reçu cette couronne de la main de l'évêque de Rome. Pascal s'achemina vers l'Allemagne pour la lui donner; mais la défiance l'arrêta tout à coup à Guastalla, et après avoir renouvelé publiquement les décrets qui défendaient aux laïques de conférer l'investiture, il prit subitement le chemin de la France. Philippe et son fils Louis le Gros