‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 250 sur 268 · OiIion do Friss · texte numérisé non relu

OiIion do Friss

formalité. Adrien ne savait trop qu'en penser. Il avait cependant triomphé des rebelles. Ses fiers sénateurs avaient tremblé devant un simple interdit. Arnaud, leur cher, s'était échappé pendant que ses amis s'étaient jetés aux pieds du pape pour demander leur grâce ^. Mais il parait que l'arrivée des Allemands leur avait rendu quelque courage, puisque le pape s'était réfugié dans la forteresse de Citla-di-Castello. C'est de là qu'il envoya trois légats à l'empereur pour connaître les motifs de sa venue ; et ces envoyés furent si bien reçus, qu'ils osèrent le prier de leur livrer le terrible Arnaud de Brescia qui venait de se laisser prendre on ne sait trop comment dans laCampanie. L'empereur le leur fit rendre, et le préfet de Rome le fit brûler vif sur une des places de la ville étemelle, sans que le peuple songeât à le défendre.

Ce ne fut point encore assez pour rassurer Adrien. Frédéric s'était fait couronner roi de Lombardie, et se montrait partout en maître. Le pape nosa s aventurer qu'après lui avoir fait jurer qu'il respecterait sa vie, ses membres, sa liberté et ses biens. 11 vint alors au camp de Viterbe; mais l'empereur fut fort étonné que ce pape si timide exigeât de lui qu'il vînt lui tenir l'étrier pour l'aider à descendre de cheval. Frédéric hésita, et son hésitation suffit pour mettre les cardinaux en fuite. Mais les seigneurs lui ayant dit que l'empereur Lothaire s'était soumis à cette vaine coutume, Frédéric voulut bien y consentir et le fit si gauchement que le pape le lui fit remarquer. Ses excuses furent une impertinence de bon goût.

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