‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 251 sur 268 · Olhon de Friss · texte numérisé non relu

Olhon de Friss

était alors assez cavalièrement traitée par ce même Jean de Sarysbéry dans un entretien familier avec son ancien ami. Mais je ne fais point la satire du saint-siége, et ceux qui seront tentés de connaître ce curieux dialogue pourront le prendre dans Tabbé Fleury lui-même^ Je reviens à Henri II qui, dix-huit mois après avoir reçu la bulle dont il ne profitait pas encore, prit envers TÉglise une attitude bien différente de ce début. L'évêque Hilaire de Chichester exigeait le serment de Gautier, abbé de Saint-Martin-de-Bel; et cet abbé refusait de s'en rendre le vassal et le tributaire, en vertu d*un édit de Guillaume le Conquérant qui avait affranchi cette abbaye de toute juridiction épiscopale. Le roi Henri se fit juge de ce différend dont aucun historien ne nous donne la conclusion. Mais l'évêque de Chichester ayant dit insolemment au roi qu'aucun évêque ne pouvait être déposé sans la permission du pape, en vertu de la puissance spirituelle qu'il mettait au-dessus de l'autorité temporelle, le roi lui répondit en riant, que s'il ne pouvait être déposé, il pouvait être chassé. L'évêque n'en soutint pas moins qu'aucun laïque n'avait la faculté d'imposer un dignitaire à une église sans l'aveu de Rome; et la colère du roi fut alors à son comble, t Vous vous appuyez en vain, lui dit-il, sur 1 l'autorité que le pape a reçue des hommes contre celle 1 que j'ai reçue de Dieu, et vous me ferez satisfaction à

> Tinstant d'un langage aussi présomptueux et aussi

> contraire à ma dignité, i Ce ton d'autorité imposa tellement aux évêques présents qu'ils blâmèrent leur col-

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