I. Bar., Dam., ann
tention des avocats du siège de Rome; et pour l'attester plus encore, le Père Labbe a consigné en marge de son recueil que le troisième canon, celui qui réglait le rang et les droits des métropoles, n'avait jamais été reconnu par rÉglise romaine.
Je relèverai plus tard Terreur de l'historien Socrate, qui a dès cette époque attaché le titre de patriarche à l'évêque de Constantinople. Je suis la lutte des deux Églises. L'Occident protesta en effet, mais non par la voix de Damase. La protestation partit d'un synode à la tenue duquel Tévéque de Rome fut entièrement étranger, quoiqu'il fût assemblé en Italie, dès cette même année 381, par Tordre immédiat de l'empereur Gratien, et sur la demande d'un autre prélat que Damase, toutes circonstances que j'accumule à dessein pour prouver de plus en plus tout ce qu'il y a de hasardé dans les assertions de Baronius et de Tobscur historien dont il adopte le témoignage. Ce synode fut provoqué par un pontife plus puissant que celui de Rome. Un nouveau Père de TÉglise venait de surgir en Occident, qui allait continuer la tradition des Cyprien, des Athanase et des Basile. C'était Ambroise, évéque de Milan, que Gratien appelait son père, et qui, fort de cette protection respectueuse, se montrait dans cette occasion môme assez indépendant du siège de Rome. Il avait accompagné Tempereur en lUyrie ; et tenant fort peu de compte du vicaire que Damase y avait établi dans la personne d'AschoIe de Thessalonique, Ambroise y avait fait acte de métropolitain en instituant et sacrant un évéque de Sirmium , quand deux autres prélats de cette même province lui' furent signalés
comme suspects d*arianisme. D'autres disent que, pressés par les scrupules de leur conscience, ils étaient venus se dénoncer eux-mêmes à Gratien, en le priant de les faire examiner par un concile; et s'il en était ainsi, la Action du vicariat établi par Damase aurait peine à se soutenir. Quoi qu'il en soit, Ambroîse fit observer à Tempereur que c'était trop d'un concile pour juger ces deux hérétiques, qu'il suffisait de rassembler quelques évéques^ Il se char^ gea de les convoquer lui-même; et Gratien désigna la ville d'Âquilée pour la tenue de ce synode. Il s'ouvrit en effet sous la présidence de Valérien, évêque de cette ville, mais sous la direction d'Âmbroise qui en dirigea les délibérations. Trente-trois évêques s'y rendirent. Il en vint de rillyrie, de la Gaule, de la Dalmatie, de l'Afrique même. L'Italie supérieure en envoya une vingtaine, notamment ceux de Bologne et de Plaisance, mais personne ne vint de l'Italie méridionale, pas même un légat de celui qu'on veut présenter comme étant dès lors l'arbitre suprême de ces assemblées. Les deux coupables, Secondien et Pallade, furent interrogés par Ambroise, convaincus d'arianisme et déposés par le synode, qui enveloppa dans le même anathème un prêtre du nom d'Attale, et un Julius Valens, qui, après avoir été sacré évêque de Petaw, avait abandonné son diocèse pour faire la guerre.
C'est après ce jugement, c'est en rendant compte de ces condamnations à l'empereur Théodose pour qu'il eût à les faire connaître aux Orientaux, que les Pères du
i. Amb., Bfnii, X et ^U.
synode d'Aquilée se plaignirent du peu d'égard qu'avait montré le concile de Constantinople pour les décisions et les vœux de TËglise d'Occident. Ils s'étonnaient que le siège d'Ântioche n'eût pas été rendu à Paulin après la mort de Mélèce, comme ils l'avaient décidé par leur transaction avec Damase; que, sans les consulter ni les entendre, on eût également prononcé sur le schisme d'Alexandrie à la mort du vénérable Pierre, qu'on eût enfin chassé du siège de Constantinople un certain Maxime qui était venu plaider sa cause devant le pontife romain et ses frères d'Occident. Ils finissaient par demander à Théodose la convocation d'un concile oecuménique pour mettre un terme aux différends des deux Églises. Voilà donc trente-trois évéques qui demandent le redressement d'injures faites au siège de Rome, sans la participation de celui qui le possède, qui sollicitent de la puissance impériale la convocation d'un concile, sans se douter du droit exclusif que, douze siècles après, un cardinal aurait attachée à la puissance papale. C'est Ambroise qui dicte cette lettre, c'est l'évéque de Milan qui agit comme chef suprême de l'Église d'Occident; et c'est seulement après la réponse de Théodose qu'il fait intervenir Damase dans la querelle. L'étonnement de l'empereur d'Orient se manifesta par un dédain marqué pour ces étranges prétentions des Occidentaux.il répondit d'abord que.ce Maxime, dont ils prenaient la défense, était un misérable Égyptien que Rome aurait dû envoyer aux carrières au lieu d'écouter ses doléances, il le peignait comme un repris de justice, un digne disciple des philosophes cyniques ; et venant à la demande d'un concile œcu«
ménique pour juger en commun tous ces différends. Théodose déclarait que les affaires d*Orient devaient être uniquement décidées par les Orientaux, et qu'il était inutile de les faire aller en Italie.
C'est à Rome que l'empereur Gratien et Tévéque Ambroise reçurent cette réponse. Celui-ci la communiqua sans doute à Damase; et les deux pontifes prièrent leur empereur de convoquer le concile refusé par son collègue. Ce n'était pas le plus difficile : ce concile fut accordé. Les évéques de la Gaule et de Tltalie s'y rendirent en foule. Us avaient tous intérêt à soutenir le synode d'Âquilée. Il y allait de leur honneur et de leur influence. Damase y appela Tévéque Paulin pour montrer encore une fois ses prétentions à l'égard des Orientaux; et l'illustre vieillard s'empressa de répondre aux vœux de son frère de Rome. Il parut dans cette capitale, escorté du vieil Épiphane, évêque de Salamine, et du prêtre Jérôme qui remplissait déjà le monde de sa juste et éclatante renommée. Mais rinvitation adressée par Damase aux autres évéques d'Orient, ne fut pas plus heureuse que la requête des Pères d'Âquilée. Les Orientaux étaient de nouveau assemblés à Constantinople, et leur réponse ne se fit pas attendre. Après des excuses qui ressemblaient à des défaites, ils dirent, comme Théodose, que ce voyage n'était d'aucune utilité. Seulement, par un esprit de paix et de concorde, trois des leurs furent délégués pour assister au concile de Rome. Mais ils n'y parurent que pour soutenir les décisions de celui de Constantinople ; et les deux partis se séparèrent encore sans avoir pu ni s'éclairer ni se convaincre.
Le dépit de Damase eut peine à se contenir. A peine Paulin d'Antioche l'eut-il quitté, qu'il lui écrivit pour le consoler sans doute de n'avoir pu lui rendre son siège; et dans cette lettre qui n*avait le caractère ni d'un rescrit ni d'une décrétale, il laissa déborder tout le fiel qu'avaient amassé dans son cœur les outrages du concile de Gonstantinople. Il s'en prit à toutes les hérésies dont l'Orient était le foyer. Il lança contre elles de violents anathèmes qu'on n'appelait point encore les foudres de l'Église. Il maudit Photin et Apollinaire, les Sabelliens, leÉbionites et les Ariens qui n'avaient point admis encore la divinité du Saint-Esprit. Il reprend avec une violente acrimonie tous les griefs qu'il peut avoir contre les Orientaux,et blâme avec énergie les translations d'évèques dont ils donnent de fréquents exemples, sans se rappeler que saint Pierre l'avait donné lui-même et que l'opinion de saint Jérôme sur le double épiscopat du Prince des Apôlres venait d'être admise comme un article de foi. Cette lettre virulente, qu'il n'ose ouvertement publier^ n'est qu'un maladroit témoignage de son impuissance et le douloureux ëpanchement d'un orgueil contrarié dans ses prétentions. Il le fait voir seulement en refusant de souscrire, comme l'a dit le Père Labbe, les canons du concile de Constantinople qui donnent à ce siège le premier rang après Rome au préjudice d'Alexandrie et d'Antioche, que le concile de Nicée avait placées avant le siège de la capitale de l'Orient.
La souveraineté spirituelle de Théodose se manifestait au contraire sans la plus légère contradiction. Avant de proscrire les sectes ariennes, il essaya de les convaincre
par de nouvelles conférences sur la Trinité. Mais dès qu'il eût reconnu l'inutilité de ses efforts, il trancha à son tour la question par un édit de 383, qui, proclamant encore une fois le Symbole de Nicée, enjoignait à tous les chrétiens de le reconnaître; et ses proconsuls furent chargés d'en assurer le triomphe par la persécution des récalcitrants. Les assemblées des Ariens furent interdites, leurs églises confisquées, leurs ordinations annulées, leurs docteurs et leurs prêtres renvoyés aux lieux de leur naissance ; et tous les catholiques furent investis du droit de les poursuivre. On ne cite pourtant ni arrêt de mort ni exécutions arbitraires. Les orthodoxes, il faut le dire, n'imitèrent point les violences des hérétiques; et l'histoire en fait honneur à la modération de Théodose. Mais les excommunications ajoutées à l'expulsion des Ariens avaient pris depuis dix ans un caractère de sévérité sous l'inspiration de saint Basile, qui, oubliant dans l'intérêt de l'unité catholique sa mansuétude naturelle et la modération habituelle de son langage, avait attaché la privation de toute vie civile à celle de la communion ecclésiastique. Les malheureux que frappaient les anathèmes des prélats catholiques, ne trouvaient plus nulle part ni sûreté, ni repos, ni moyens d'existence. Un exemple contemporain prouve même que les fanatiques ne s'en tenaient point à ce retranchement delà vie civile. Mais ce n'est point à l'Orient, c'est à l'Espagne qu'appartient cet acte de brutalité.
Un homme considérable sorti d'une famille riche et noble, nommé Priseillien, avait adopté les erreurs de Manès et de Sabellius. Son éloquence naturelle, sa for-
tune, ses vertus privées lui attiraient un grand nombre de partisans; et les évêques d'Espagne et d Aquitaine s'assemblèrent pour mettre un terme à ses prédications. L'évêque Ithace de Sossube, et son collègue Idace de Munda se portèrent pour accusateurs ; et, s'il faut en croire Sulpice Sévère *, ces deux évêques, les plus légers et les plus corrompus de leur temps, cherchaient moins le triomphe de la vérité que la satisfaction d'une haine particulière. Ithace n'est selon lui qu'un audacieux bavard, qu'un impudent parasite. L'accusation d'hérésie ne leur suffit pas. Ils y joignent le crime de magie et reprochent à Priscillien de se vautrer dans les impudicités de certains Gnostiques. Sa vie entière démentait cette calomnie; mais son hérésie justifiait tout aux yeux de ses juges ; et sa condamnation fut prononcée en 381 par un concile de Saragosse. Je passe beaucoup de détails, comme lorigine égyptienne de cette hérésie, la quantité de ses erreurs, la qualité de ses adhérents, je n'en parle que pour faire voir où en était déjà arrivée la répression des hérétiques. La sentence de Saragosse irrita les Priscillianistes; deux évêques, nommés Instantius et Salvien, avaient embrassé leurs doctrines, et pour donner plus de poids aux prédications de leur chef, ils lui avaient conféré Tévêché d'Avila. Le nombre de ses prosélytes s'en accrut. Mais la rage d'Ithaceen fut aggravée. Il obtint de l'empereur Gratien un édit qui bannissait les hérétiques non-seulement des villes, mais de toutes les terres de l'Empire. Priscillien et ses deux amis coururent
i. UiiL Sac., liv. II, ch. l.
à Rome pour implorer Tassistanoe de Damase, et ils ne l'eussent point osé s'ils avaient été coupables de toutes les horreurs dont on les accusait. Mais Diamase refusa de les voir, et Tévèque de Milan leur ayant montré le même dédain, ils achetèrent, dit-on, la faveur de deux courtisans qui firent révoquer le décret. Ce ne fut qu'un moment de répit. Gratien fut assassiné, et l'usurpateur Maxime, cédant aux instances, aux artifices d'Ithace^ renvoya Priscillien devant un nouveau concile qui fut assemblé à Bordeaux et qui eût ratifié la sentence de Saragosse, si l'hérésiarque n'eût prévenu le jugement par un appel à l'empereur ^ Mais Ithace et Idacele suivirent à la cour de Trêves; et pressé par leurs intrigues, l'assassin couronné livra Priscillien et dix ou douze de ses adhérents au bras séculier du préfet Évodius. Saint Martin, qui était alors à Trêves, prit en vain le parti des accusés. Il blâma la cruauté d'Ithace, il tenta de fléchir le barbare Maxime ; il le supplia de ne pas faire juger des evêques par un laïque, de ne pas faire couler leur sang. Tout fut inutile. Une sentence de mort fut rendue, le glaive trancha les jours de Priscillien, de deux autres évoques, de deux diacres, d'une femme nommée Euchrocia ; et cinq à six autres d'un sang plus vil, dit Thistorien, furent bannis de leur pays. C'était une atroce nouveauté. On avait vu jusque-là des catholiques persécuter, assassiner même des hérétiques, mais c'était la première fois qu'on les faisait condamner et exécuter juridiquement, et ce premier exemple était le crime de deux évéques espagnols,
i. Sulp. Sev., ch. L, p. 289.
qui ouvraient ainsi Tère deces aftocités du fanatisme, de ces auto-da-fés dont l'Espagne a donné longtemps au monde chrétien Fabominable spectacle. Mais il y a dans* cet épisode de l'histoire de l'Église d'autres témoignages que je ne saurais négliger. Voilà encore un empereur qui convoque des conciles, qui livre des évêques à la justice séculière, tandis que son prédécesseur, en révoquant son édit de bannissement, avait, de son autorité privée, renvoyé ces mêmes évêques à leurs églises, malgré le décret du synode qui les avait condamnés. Que faut-il en conclure ? Que l'autorité spirituelle de l'empereur était encore exercée dans toute sa plénitude, que le caractère, la vie même des évêques dépendaient encore de la juridiction impériale : et c'est une chose avouée par rÉglise elle-même, puisque les évêques, assemblés à Bordeaux pour juger Priscillien, s'arrêtent dès l'instant que l'accusé en appelle à l'empereur.
Au milieu de ce bruit et de ce mouvement du monde chrétien, on est étonné d'entendre encore la voix des païens, dont les dieux semblaient engloutis depuis vingtquatre ans dans la tombe de Julien. Ils se réveillent ce- * pendant. Ils prendront part aux révolutions dont l'Occident sera le théâtre et que terminera l'épée de Théodose. Symmaque le fils leur sert d'interprète ; et sa voix a osé demander au nom de quelques sénateurs romains la restauration de Mars et de Jupiter. Damase, affaibli par l'âge et les infirmités, laisse à saint Ambroise le soin de combattre cette résurrection de l'idolâtrie, qui, repoussée d'abord parGratien, est reprise après sa mort par le même Symmaque. Les idolâtres croyaient trouver un accès
plus fiidie auprès de Valentinien le Jeune ou plutôt de l'Arienne Justine qui gouvernait et disputait à Maxime Pempire d'Occident pendant la minorité de son fils... mais Ambroise les fit échouer encore; et les derniers jours de Damase ne furent point troublés par le spectacle des cérémonies païennes.
La mort le délivra enfin de ses agitations, le 11 décembre 384, après dix-huit ans d'un pontificat, qui, malgré tant d'essais et de prétentions, n'avait rien ajouté aux prérogatives de son siège. Il n'avait pu entamer le pouvoir spirituel des Césars qui restèrent en fait et en droit chefs de TÉglise. Il avait même laissé altérer dans ses mains l'autorité que lui avaient transmise le pape Jules et le concile de Sardique. Les actes de Gratien et de Maxime en sont le témoignage; et Théodose avait affranchi les Églises d'Orient du droit d'appel que prétendait l'évéque de Rome. Dans l'Occident même ce privilège était pour ainsi dire annulé toutes les fois qu'il paraissait un évêque assez éminent par son mérite pour attirer comme saint Ambroise tous les respects du monde catholique et pour élever en fait une juridiction rivale, comme nous l'avons vu dans la condamnation des deux évéques d'illyrie. Cependant lefabricateurdes fausses décrétales, prenant l'ambition de Damase pour une possession d'état, a cru pouvoir lui prêter des empiétements et des conquêtes. Mais les prétendus décrets qui les contiennent offrent de telles fautes de chronologie, de tels plagiats d'écrits dont les auteurs n'existaient pas encore, que la critique a eu peu de peine à en démontrer la fausseté. Ces conquêtes de Damase se réduisent à un mot, qui est à la vérité 1 12
(l*une fTTQnde portée, car il résume à lui seul toutes les prétentions de la papauté. C*est le nom de fils qu'il vout lut donner aux autres évéques. Mais cette témérité, qui profita plus tard à ses successeurs, ne fut jamais acceptée de son vivant. Les Occidentaux lui montrèrent d une manière assez rude qu'ils étaient loin de le reconnaîtra pour père ; et les Orientaux affectèrent constamment de lui donner le titre de frère que voulait répudier son or-» gueil.
Le plus beau fleuron de sa couronne fut l'amitié de saint Jérôme qui était resté auprès de lui comme secrétaire après le départ de Paulin d'Antioche. Cet illustre enfant de la Pannonie avait déjà visité dans sa jeunesse la capitale des Césars. Il y avait étudié les lettres sous le grammairien Donat et l'éloquence sous le professeur Victorin. C'est là qu'il avait passé subitement d'une vie voluptueuse et turbulente aux austérités d'un néophite en adoptant la religion dont il devait être le plus éloquent défenseur. Cette conversion était d'autant plus méritoire qu'il vivait au milieu de toutes les séductions du faste et de l'opulence, et il avait eu le courage de s'y dérober, pour en arracher plus tard ceux-là même dont il avait suivi les exemples. Mais il ne s'était point senti la force d'entreprendre tout à coup cette réformation difficile. Il s'était réfugié pendant dix ans dans les solitudes de la Chalcide syrienne pour se fortifier contre le démon du siècle; et après avoir passé dix autres années à visiter toutes les capitales du monde, à s'entretenir avec tous les saints docteurs de son temps, il était revenu à Rome pour eommenr^r le cours de ses prédications. La société
romaine s'attacha mirac^Ieusem^nt a çé ppptrfi qui expliquait les dopnnes dans un s|yle étir}pe]an( ^p \ef\fi pi d*élégance^ qui dirigeait toutes ses pensées vers V^ipé)|pr ration des mœurs et le perfectipnnefnent de l'espèce l||}-f maine. Les femmes surtout s'empressèrent à }'ei)ten4fV- Avides de choses nouvelles, suivant l'expressiop de Sulpipf) Sévère, elles lentourèrent de leur admiration, |ui ie^^^^'. dèrent des règles de conduite. II leur epseig^^i^ la pr^^T que de toutes les vjertus et }e sage praplpi de leurs ric)^^ ses au profit des pauvres et des n^alades. L'pnvi^ le ifq^ bia souvent dans cette mission divine. I^p clergé Ifii-f^éiR^ avait pris une trop large part dans la dégradation publÎT que, pour pe pas voir s^vec peine les succès de ç^ apôtre de l'humilité chrétienne. JUslïs cette hafne, po^^ftr nue par la faveur de Damase qui secondait ouyert^rp^pt la mission du nouvel apôtre, n^éclfit^ que sous le ponti^cat de son successeur. On attaqua dès Iqj^ par d'îpfâqM? calomnies ce censeur perpétuel des mioeups et 4e l'av^rli^p des clercs, qu'il comparait pour le faste à de jeupes fi^pces. lueurs impostures trouvèrent une créance ^vepgfp dans l'esprit du peuple, qu'il est toujours plps f^ci)e|i'PP* traîner au mal que de ramener au b^en. Lp nopve^ pape Syrice ne soutint pas comme Damase le docteur qui proclamait cependant la prééminence du siège ^0 Rome, et Jérôme quitta la ville éternelle, comme avait fait Jugurtha, en l'apostrophant du nom de ]3.abylone.
Remarquons en passant que )e poptifipat de Syrice commença par un actp de soumission à l'autorité impériale. L'antipape Ursin, qui ayait troublé la yie de I)^niasot ^yait cru qpe le sct^ii^içp ^ys^ii fiplF i^v^P ç^ PQu-
tife et que le siSge de Rome appartenait au survivant, comme l'avaient décidé les Occidentaux pour le siège d'Antioche à la mort de Mélèce. Mais le peuple et le clergé rejetèrent cette prétention d'Ursin, leurs acclamations y appelèrent le Romain Syrice, et dans l'espoir de mettre un terme aux désordres que fomentaient sans cesse les partisans de Tantipape, le nouvel évéque fit confirmer son élection par un édit du 23 février 385, que l'impératrice Justine adressa au préfet de Rome au nom de son fils Valentinien le Jeune. Cette confirmation, consacrée déjà par un fréquent usage, ne sera quatre siècles plus tard qu'un argument stérile en faveur de l'autorité laïque. Mais elle était dans ce cas d'autant plus remarquable, que Justine et son fils professaient ouvertement l'arianisme. Il se passait au reste dans la conscience de ces grands personnages des capitulations, qui témoignaient de la faiblesse de leurs principes et de la flexibilité de leurs caractères en présence de nécessités impérieuses. Damase et Syrice, qui poursuivaient partout les hérétiques, pliaient devant une impératrice arienne, et Justine, retenue longtemps par la crainte du catholique Gratien, n'osait pas troubler la paix des orthodoxes. Le meurtre de ce collègue de son fils rompit le frein de sa haine. Elle demanda tout à coup à Févêque de Milan une basilique où les Ariens pussent prier sous la direction d'un évéque de leur secte. La réponse d'Ambroise était facile à prévoir. Son respect pour Tes Césars ne pouvait aller jusqu'au sacrifice de ce qui appartenait à Dieu ; et sa résistance à la volonté de Justine fut d'autant plus opiniâtre que l'impératrice avait pris pour évéque un second Auxence,
Scythe de nation, qui se faisait appeler Mercurien, pour ne pas porter un nom que la ville de Milan avait droit de détester.
t Prenez mon patrimoine, dit saint Ambroise, prenez » ma vie. Je ne les défendrai pas contre vous. Mais je ne > livrerai point le temple de Dieu à ses ennemis. > Justine ne sarréta point devant cette opposition. Elle oublia même qu'à la mort de Gratien et dans la frayeur que lui inspirait l'heureux assassin de ce prince, elle avait prié le saint évéque de détourner le bras qui menaçait le trône et les jours de son fils, et qu'Ambroise s était rendu à la cour de Trêves pour fléchir et conjurer l'ambition de l'usurpateur. Le souvenir d'un si grand service fut moins puissant sur l'esprit de Justine que l'intérêt de sa secte. Ses soldats s'emparèrent par son ordre de la basilique Porcienne, et marchèrent sur la basilique neuve où saint Ambroise officiait. Mais ils se souvinrent tout à coup qu'ils étaient catholiques et s'arrêtèrent à la voix du prélat qui prêchait alors sur le livre de Job, pour donner à son peuple des leçons de patience.
Syrice ne pouvait ignorer ce qui se passait à Milan. Ambroise en faisait ipart u sa sœur Marcellinequi habitait la ville de Rome. Mais le chef prétendu de l'Église chrétienne, absorbé par les intrigues de l'antipape, n'osa braver la puissance qui avait confirmé son élection; et parut indifférent à une persécution qui ne l'atteignait pas lui-même. Ambroise, dont les sermons et les lettres nous en ont transmis l'histoire, en supporta tout le poids avec la constance des premiers martyrs. Il sut résister aux ordres de sa souveraine et contenir en même temps un peuple qui
Tbiilait t>otidséi* là i*ëstetâtibë Jusqu'à la révolte, t Je ne
> pelix livrer la basilique, dit-il, mais je ne dois pas corn-
> battre, » paroles sublimes, commentaire admirable des paroles de Jésus-Christ, qu'oublieront dans l'avenir les successeurs du saint évêque! Il y a une haute vertu dans cette modération d'un prêtre qui, placé entre deux devoirs contraires, est assez maître de sa colère pour se maihteilir entre l'accomplissement de l'un et le respect de l'autre. L'opposition populaire fut cependant entretenue ))ar ses prédications. Il y ajouta même des miracles. Ces nioyens peuvent être diversement appréciés. Hais ce qui doit être admiré de tous, c'est cette fermeté, que n'ébranlèrent hi les menacés de la tyrannie ni les clameurs de ses sicaires. Quand une bande de Goths, substituée par Justine aux soldats romains, se précipite vers la basilique, Ambroisé est &uf la porte. Il la défend par des anathèmes, et les barbares s'arrêtent encore à la voix d*un prélat c)ue soutient et grandit la vénération du monde entier. C'était quelque chose de plus qu'Athanase, car l'évêque d'Alexandrie avait fui devant les soldats de Constance et de Valenâ.
Cette lutte dura deux ans; et c'est aux vertus^ à l'élo-. ttuettfee de celui qui la soutenait avec tant de dignité^ que l'Église dut la précieuse conquête de saint Augustin. Jèlitte enicoré, il aVait fui sa mère t)0ur vivre dans la dt^bàUbhe là ))lUs efirénée; et Monique avait eu dé plus là douleur de lé Voit embrasser l'hérétsie des Manithéiéns. Alf^rte avoir ph)fbssé la rhétoriquie à Tagaste sa ^atbié, à GàHhagtd tet à Rome, il s'était rendu à Milan; et Il bUHt9»it» d'^IMdre un ofatéur célèbre Tavait poussé
dans la basilique où prêchait l'ëvôque dont il admirait déjà le caractère» Les discours d'Ambroise achevèrent œ qu'avaient commencé l'étude de saint Paul et un examen plus approfondi des erreurs de Manès. Monique fut heu-^ reuse de retrouver son fils, et la conversion de cet illustre néôphite fUt pour Ambroise une consolation nouvelle. Une lettre de l'empereur Maxime était venue en même temps rappeler à l'impératrice^Justine que même en Occident la foi catholique n'était pas dénuée do protection. Justine isavait sans doute ce que pouvait être la piété d'un pareil homme. L'intérêt de la religion n'était qil'Un p^étexte : mais les menaces de cet usurpateur sanguinaire n'en étaient que plus dangereuses; et la flère impératrice en fut avisez épouvantée pour dégrader son caractère ou plutdt pour en manifester la faiblesse, en implorant l'assistance de ce même prélat qui l'avait déjà sauvée, et qu'elle avait payé de la plus noire ingratitude. Ambtt>ise aurait mieux fait de ne pas accepter cette nouvelle ambassade^ Dès fôs premiers mots de Maxime il eh pressentit l'inutilité. Mais on eût attribué son refus au ressentiment de ses injures, et cette obéissance aUx Vœux dé !^ souveraine était la conséquence de «es principes. Lfe César, dont il aVâil une première fois contenu l'ambition, débuta par se plaindre de ta faiblesse qu'il avait eue de l'écouter. Il lui reprocha d'avoir sauvé la famille qu'il était impatient de détrôner^ et mit tant d*aigreur et de brutalité dans ses paroles, qu' Ambroise en oublia son caractère d'ambassadeur. Il ne répondit plus qu'en évêque, en apôtre qui s'arrogeait la mission de punir les puissances de la terre des crimes que les lois
humaines ne pouvaient atteindre. II reprocha à Maxime le meurtre de Gratîen, le rapt de sa couronne. Il rejeta de sa communion les prélats qui communiquaient avec lui. Il ne fit qu'irriter un ambitieux qu'il s'était chargé de calmer, et se fit chasser enfin comme un séditieux d'une cour où il était venu comme médiateur.
Cet outrage à la majesté de l'Empire, si de tels mots peuvent s'appliquer au farouche Maxime, ne tarda point à retomber sur la famille qu'il s'était chargé dé défendre ; et il fallut tout le respect que son caractère imposait au monde, pour détourner de lui la supposition d'une vengeance préméditée contre ses persécuteurs. Mais l'histoire a dit avec raison que la résolution de Maxime était arrêtée d'avance. Il passa en efiet les Alpes vers la fin de 387, il envahit l'Italie, s'empara de Milan et de Rome; et Justine et son fils, chassés de ville en ville, allèrent chercher un refuge à la cour de Théodose. Un César dévot et superstitieux ne vit d'abord qu'un châtiment du ciel dans la chute d'une princesse et d'une cour infectées d'arianisme, et il hésita à venger une famille à laquelle il avait dû son élévation. Mais la dévotion ne fut jamais antipathique à l'amour. S'il faut en croire Zosime *, les charmes de Galla, sœur du jeune Vaientinien, firent plus que la reconnaissance, et après avoir fait consulter un moine égyptien qui lui prédit la victoire, Théodose ramena sa jeune épouse et sa famille en Italie à la tête d'une armée. Maxime et Victor son fils furent vaincus et massacrés. Valentinien II remonta sur