‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 66 sur 268 · Innocent, Ep, XYIII · texte numérisé non relu

Innocent, Ep, XYIII

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dans ce peu de mots Tintérêt qu'avaient les évèques de Rome à se rattacher à saint Pierre. Le titre de la ville éternelle n'est que secondaire aux yeux dlnnocent. Enfin son respect pour l'autorité des conciles et sa subordination à l'autorité impériale n'admettent ni le doute ni la contradiction, du moins jusqu'à cette époque.

Il y eut cependant une entreprise sur la puissance civile de la part d'un évéque; et je dois la citer, car elle sera imitée plus tard et servira d'argument à ceux qui voudront soumettre l'Empire au Sacerdoce et qui érigeront en privilèges toutes les tentatives de la puissance épiscopale. La ville de Bérénice, dans le Pentapole, était en 411 gouvernée par un certain Andronic qui, à l'aide d'un ancien geôlier nommé Thoas, en opprimait et ruinait les citoyens. Ce peuple désolé implore le secours de Synésius, évéque de Ptolémaïde dans le diocèse duquel se trouvait la ville opprimée. Les malheureux n'avaient point alors d'autre recours contre la tyrannie, et si le sacerdoce abusa plus tard de ce respect des populations chrétiennes, il est juste de reconnaître qu'à l'époque où nous sommes arrivés, son entremise leur fut souvent utile. Synésius, dont la trente-huitième lettre nous raconte cet événement, adressa d'abord quelques reproches à Andronic, mais celui-ci n'ayant répondu que par des injures et des menaces contre les prêtres, l'évéque lança l'excommunication. Il y enveloppa le geôlier Thoas et tous les parents ou domestiques du tyran. Il leur ferma les églises. Il exhorta les magistrats eux-mêmes à les chasser de leurs tables, à les retrancher de la société. Il défendit aux prêtres de les secourir au lit de mort, d'as-

sister à leurs funérailles. Il fit part à tous les évêques voisins de cet anatheme. et déclara d*avance qu il cesserait de cainmunier avec ceux qui ne rejeteraient point les coupables. Tel était déjà l'ascendant du prêtre et Teffet de ses excommunications, que le terrible Andronic fléchit sous le poids de cette sentence, et qu'il sollicita le pardon de Févéque. C'était plus que n'avait fait saint Ambroise à l'égard de Théodose, qu'il s'était borné à repousser de son église. Mais l'excommunication d* Andronic avait dtjà toutes les conséquences que saint Basile avait attachées à ces arrêts du sacerdoce. La superstition les avait acceptées; et tout philosophe qu'il était, Synésius fit faire un pas de plus à la puissance pontificale.

L'évéque de Rome n'était jamais allé jusque-là. Le pape Innocent condamne même sans le vouloir, sans le savoir peut-être- cet empiétement de Tévêque de Ptolémaïde, en proclamant dans une de ses décrétales ^ que la puissance publique a été établie et armée par Dieu pour la répression des crimes; et ces mots renferment la réprobation anticipée des Papes du moyen âge, qui s'armeront eux-mêmes du glaive, pour châtier des résistances qu'ils éri^'eront en attentats, au nom d'un Dieu qui a si hautement séparé les deux puissances. Mais au temps d'Honorius la puissance civile se montra partout absolue, incontestée; et ce n'est pas à un prince aussi faible qu'il faut en faire honneur, c'est aux ministres qui le dominent lui-même. A l'exemple de tous les Césars,

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